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CMA: la logique de rupture

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Les récentes attaques menées simultanément sur plusieurs fronts, par les éléments de la CMA, contre les positions du GATIA marquent indubitablement un tournant majeur dans la résolution de la crise au nord de notre pays. Il est clair que la CMA a décidé de passer à la vitesse supérieure dans son projet sécessionniste, au mépris flagrant de tous les engagements souscrits. À commencer par la Déclaration de cessation des hostilités du 24 juillet 2014 d’Alger qui stipule de régler tous les différends par la voie du dialogue.
L’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger stipule également en son article 1er : ‘’les Parties, dans l’esprit de la Feuille de route, réitèrent leur attachement aux principes ci‐après :
Respect de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de l’État du Mali, ainsi que de sa forme républicaine et son caractère laïc ;
(…) Rejet de la violence comme moyen d’expression politique et recours au dialogue et à la concertation pour le règlement des différends’’.
Pourquoi la CMA passe-t-elle alors outre ces engagements pris devant la Communauté internationale ? Parce qu’ils ont été pris sous la contrainte de ce qu’il est convenu d’appeler la Communauté internationale et qu’en conséquence elle n’y accorde que très peu de crédit. Mieux, elle sent l’étau se resserrer autour d’elle et qu’il est impérieux de se dégager.
Pour ce qui est des motifs immédiats de la flambée de violences, il y a la stratégie d’encerclement du GATIA qui avait des postes à quelques kilomètres seulement de Kidal. Ce qui représente une épée de Damoclès sur la tête de la CMA.
En plus, il y a la Force en gestation du G5 Sahel avec laquelle il va falloir cohabiter. Ce qui réduirait considérablement la marge de manœuvre de Iyad Ag Ghaly dont l’influence est certaine sur les responsables de la CMA.
On se rappelle que c’est lui qui avait instruit à la délégation de la Coordination de rejeter le principe de la laïcité de l’État malien, lors des pourparlers d’Alger. Ce qui a été vainement tenté.
On se rappelle également les déclarations d’il y a quelques jours d’un responsable du GATIA qui affirmait que le chef d’Ansar Eddine a une base à Kidal.
Avec la nouvelle donne qui se profile à l’horizon, la création d’une ‘’zone de sécurité’’ autour de Kidal et dans Kidal devient un impératif pour la Coordination des mouvements armés. D’où, le démantèlement vaille que vaille des bases du GATIA avec la bienveillante complicité de Barkhane qui a délesté celui-ci de ses armes lourdes.
Dans sa logique, la CMA bloque l’opérationnalisation du MOC à Kidal ; le retour de l’administration.
Elle rejette les combattants de la Plateforme, comme signifié au président de la Commission de bons offices et probablement bientôt les FAMAS qui pourraient ne pas pouvoir mettre les pieds à Kidal.
Où est alors passé l’Accord qui prévoit que les trois parties signataires (Gouvernement, CMA, Plateforme) fournissent chacune 200 éléments pour la constitution du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC) ? La CMA n’en a que dalle.
Pour les motifs sur le long terme, le dessein sécessionniste est très présent. En posant les actes de rupture par rapport à l’Accord pour la paix et la réconciliation ; la CMA remet au goût du jour le projet de son ‘’Azawad’’ qui semble n’avoir jamais été enterré. L’occupation successive de plusieurs localités du Nord témoigne de la velléité expansionniste de la CMA qui ne rencontre plus de véritable résistance sur le terrain depuis que Barkhane a désarmé le GATIA.
Le changement de fusil d’épaule d’une puissance qui déclare que les Touareg sont ses amis n’est pas pour rien dans ces offensives tous azimuts de la CMA qui reprend du poil de la bête. Ainsi, la CMA devient l’épouvantail par lequel le Mali sera tenu, notamment par rapport à certains engagements qu’il refuse de prendre, à l’instar de la réadmission de nos compatriotes en situation irrégulière.
Kidal est-il en train d’être perdu par le Mali ? En tout cas, le cas Kidal devient très préoccupant au regard des dernières évolutions qui ne sont que la remise en cause de l’Accord qui est le seul garant de la paix. Et cela, dans une quasi-indifférence généralisée.
À Bamako, les hommes politiques s’écharpent dans la perspective de la conquête du pouvoir en 2018, prenant prétexte d’une révision constitutionnelle. Ceux qui sont les garants de la mise en œuvre de l’Accord constatent la dérive du processus de paix et de réconciliation.
C’est seulement à Gao qu’on voit une jeunesse qui montre ses muscles. Dans la Déclaration du conseil communal de la jeunesse, il est clairement dit, après les condamnations et les recommandations : ‘’ Nous nous réservons le droit d’exprimer de vive voix que notre ville, Gao, ne subira plus jamais les méfaits et l’humiliation de 2012’’. La jeunesse du Mali lui emboîtera-t-elle le pas dans ce combat qui vaut la peine d’être mené ? Une chose est certaine : l’heure n’est plus aux querelles d’arrière-cour. C’est l’avenir de l’unité et de l’intégrité du Mali qui se joue maintenant.

Par Bertin DAKOUO

 

Source: info-matin

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