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Chimères matérielles : QUAND ELLES DéTOURNENT DES PRESCRIPTIONS DIVINES

Chacun de nous a souvenance de l’histoire, parmi tant d’autres, relatée par le fabuliste versificateur à propos de la métamorphose vécue par le savetier qu’un financier avait «mis sur le trône», en lui allouant une certaine somme d’argent. Cet homme, dans sa simplicité, connu jusque là pour sa joie de vivre, dont on disait que «c’était merveilles de l’ouïr» tant il chantait du matin au soir, en vint brusquement à perdre le sommeil, tout comme son voisin financier.

Car il avait pour hôtes désormais, avec la fortune, les soucis, les soupçons, les alarmes vaines… Le savetier qui n’entassait guère auparavant de revenus un jour sur l’autre, mais à qui chaque jour amenait son pain, avait cru voir en cette manne providentielle tout l’argent que la terre avait produit pour l’usage des hommes.
Mais cet artisan saura retrouver sa personnalité et son âme en restituant au financier ce qui lui avait causé tant de tracas. En sa démarche, le théologien réfère au Livre sacré de l’islam :«Il n’y a point de bête sur terre dont la subsistance n’incombe à Allah qui connaît son gîte et son dépôt; tout est dans un Livre explicite.» (11:6) Contrairement à cette attitude, la course effrénée aux biens de ce monde conduit l’être humain à bien des travers. C’est ainsi que le croyant est amené à se détourner de l’accomplissement des prescriptions divines, lorsqu’il en arrive à être obnubilé par ces préoccupations matérielles. L’homme de par sa nature, se trouve constamment confronté à ces soucis à travers les âges. Quand ils évoquent les dits du Messager (PSL) relatifs à ces questions, les exégètes indiquent que «toutes les facultés du fils d’Adam déclinent avec l’âge à l’exception de l’avidité et de l’espoir».
Ils relatent ainsi que celui qui se livre exclusivement aux biens de ce monde, les convoite et s’en montre avare, «devrait s’attendre à une indigence qui ne sera jamais suivie de fortune, une besogne qui ne le relâchera jamais et des tourments qui ne seront jamais suivis de soulagement». Rappelant un jour à leur devoir de solidarité un aréopage de négociants fortunés, réputés pour leur esprit d’accaparement, un Compagnon du Messager (PSL) leur dira : «Vous bâtissez des maisons que vous n’habiterez pas, vous poursuivez des chimères que vous ne pourrez jamais atteindre et vous amassez des biens que vous ne pourrez consommer. Ceux qui vous ont précédé avaient construit des palais, beaucoup gagné et s’étaient bercés d’espoirs inaccessibles. Et voici que leurs demeures ne sont que les tombes, leurs espoirs illusions, leurs richesses dissipées».
Dans son commentaire, le sage indique que la perdition de l’homme réside en lui, liée à l’envie, à l’avidité et à l’orgueil. Pour lui, l’orgueil provient de Satan qui, enflé par ce sentiment, refusa de se prosterner et en récolta la malédiction. Quant à l’avidité, elle a été léguée par Adam à ses fils. Ayant eu à sa portée tout ce que recelait le paradis à l’exception du fruit d’un arbre, la convoitise le poussa à en consommer. L’envie, pour ce qui la concerne, remonte à Caïn qu’elle a dominé, le conduisant à mettre son frère à mort.
En exhortant les croyants à se purifier de l’avarice, de l’avidité et de la convoitise, les oulémas font ce rappel : «Croyant, sur les biens que vous possédez et sur les fruits du sol suscités par Nous à votre usage, réservez le meilleur aux aumônes» (2:267).

A. K. CISSé

 

Source: Essor

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