La césarienne est peu pratiquée au Mali. Selon les estimations de 2017 la pratique représente 8 % de cas d’accouchement contrairement aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé qui table sur 15 %. Certains patients jugent la pratique inopportune dans certains cas.
« Avant, il n’y avait pas de césarienne et les femmes accouchaient normalement sans problème. Mais depuis l’arrivée de cette pratique, les femmes refusent de souffrir et les médecins veulent gagner en temps et en argent », dénonce Ténin Mariko.
De nombreuses personnes n’ont toujours pas compris pourquoi la césarienne est pratiquée sur une femme et n’hésitent pas à blâmer ces dernières. C’est le cas de Mme Sanogo, une mère au foyer.
« J’ai subi deux césariennes. Ça fait vraiment mal et met du temps à se cicatriser, mais avec tout ça ma belle-sœur ne manque pas d’occasion pour me traiter de femme incapable, car selon elle, une femme qui ne peut donner naissance par voie basse n’est pas une femme », confie-t-elle.
Pratique justifiée
Selon les spécialistes, la pratique de la césarienne est due à de nombreuses raisons et est précédée d’un diagnostic. Pour Mme Diarra, une sage-femme exerçant au CSREF de Lafiabougou,
« la pratique d’une césarienne est toujours justifiée. À la fin de la grossesse, entre 35-36 semaines le pronostic d’accouchement de chaque femme est évalué », explique cette professionnelle qui ajoute que les sages-femmes ne font recours à la césarienne que lorsque cela est nécessaire et dans plusieurs cas le diagnostic est fait avant.
Les agents sanitaires pratiquent la césarienne dans des cas où, le bassin est trop étroit ou la maman est hypertendue. Souvent l’intervention chirurgicale vise à sauver le bébé quand la vie de celui-ci est en jeu, affirme Mme Diarra et d’expliciter que la césarienne n’est pas pratiquée par négligence ou abus de pouvoir de la part du médecin.
Adam DIALLO
Source: Bamakonews