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ATT innocenté par l’Assemblée nationale : Haro sur le ministre Mohamed Bathily !

Que mérite aujourd’hui Mohamed Ali Bathily, supposé être en même temps le commanditaire, l’auteur et le rédacteur de la plainte contre l’ancien président Amadou Toumani Touré pour haute trahison ? Dans sa croisade contre l’ancien chef de l’Etat, Bathily fait preuve d’une indicible ingratitude parce que c’est grâce à ATT, son ami de longue date, qu’il est ce qu’il est devenu aujourd’hui. C’est pourquoi, comme une justice divine, l’Assemblée nationale a décidé qu’il n’y a pas lieu de poursuivre ATT, adhérant en bloc aux conclusions de la Commission ad hoc chargée de l’examen de la mise en accusation de l’ancien Président Amadou Toumani Touré devant la Haute cour de justice. Que sera Bathily demain ? Tout le monde attend de voir, chacun étant convaincu qu’il paiera pour ses mauvaises intentions.

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Le vendredi 16 décembre 2016, l’Assemblée nationale du Mali, dans son écrasante majorité, a suivi la Commission ad hoc chargée de l’examen de la mise en accusation de l’ancien président de la République, Amadou Toumani Touré devant la Haute cour de justice dans ses conclusions. Au total 104 députés (sur 115 votants) ont voté en faveur de la résolution pour l’abandon des poursuites pour des faits qualifiés de haute trahison.

Ce vote éteint du coup une affaire qui a défrayé la chronique et tenu en haleine l’opinion nationale et internationale quand, au cours du journal télévisé de 20h, le gouvernement malien se fend d’un communiqué qui révèle que le Procureur général près la Cour suprême a transmis ce jour-là même au président de l’Assemblée nationale, une correspondance dans laquelle il énumérait les faits susceptibles d’être retenus contre l’ancien Président Amadou Toumani Touré pour haute trahison.

ATT était accusé de :

– avoir facilité la pénétration et l’installation des forces étrangères sur le territoire national, notamment en ne leur opposant aucune résistance

– avoir détruit ou détérioré volontairement un outil de défense nationale

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– avoir participé à une entreprise de démoralisation de l’armée caractérisée par les nominations de complaisance d’officiers et de soldats incompétents et au patriotisme douteux à des postes de responsabilité au détriment des plus méritants entraînant une frustration qui nuit à la défense nationale,

– s’être opposé à la circulation du matériel de guerre

– avoir participé à une entreprise de démoralisation de l’armée, malgré la grogne de la troupe et des officiers rapportée et décriée par la presse nationale

– avoir laissé détruire, soustraire ou enlever, en tout ou partie, des objets, matériels, documents ou renseignements qui lui étaient confiés, et dont la connaissance pourrait conduire à la découverte d’un secret de la défense nationale.

Comme on le voit, à la place des faits de haute trahison, on note juste une énumération d’infractions pénales faisant totalement fi du fait qu’on se trouve dans un contexte de répréhension d’actes liés à l’exercice de fonctions présidentielles s’inscrivant dans une logique politique et non judiciaire.

C’est pourquoi, faute de preuves de la responsabilité de l’ancien président dans ses investigations, la Commission ad hoc, mise en place le 1er juillet 2014 et qui a travaillé de septembre 2014 à février 2015, a conclu qu’il n’y a pas lieu de poursuivre ATT pour haute trahison. Avis partagé à la quasi-unanimité par les autres députés.

L’abandon des poursuites contre l’ancien président, exilé à Dakar, consacre à la fois la victoire de la démocratie malienne, mais aussi un grand pas dans le processus de réconciliation, une dynamique déjà engagée par le Président Ibrahim Boubacar Kéïta au détour de cérémonies officielles présidées par lui comme lors de l’inauguration de l’hôpital de Mopti et des journées paysannes 2015 et 2016. A chacune de ces occasions, IBK a fait un clin d’œil à son frère ATT, des actes positivement appréciés par les Maliens.

Le triomphe de la vérité en faveur d’ATT est donc une bonne nouvelle pour tout le monde. Ou presque. Presque, parce que cet acquis majeur du processus de réconciliation sonne comme un cinglant désaveu pour une personne, une personnalité influente du gouvernement, en l’occurrence Mohamed Ali Bathily, ministre de la Justice dans le tout premier gouvernement d’IBK et actuel ministre des Domaines de l’Etat et des affaires foncières.

De sources généralement bien informées, le puissant Bathily, deuxième personnalité du gouvernement après Oumar Tatam Ly à l’époque des faits, serait non seulement à l’origine de l’idée de poursuivre ATT, mais il serait même le rédacteur de l’acte de poursuite contre l’ancien président. Le Procureur général près la Cour suprême n’a fait qu’acheminer la correspondance suivant la procédure normale.

La piste la plus sérieuse découle d’une interview accordée à un confrère malien bien avant les faits et dans laquelle le ministre laisse entrevoir des prédispositions de poursuivre l’ancien président. Pour plus de compréhension, nous vous proposons in extenso, la question du confrère et la réponse du Ministre. Lisez attentivement :

Question : Quel va être le sort de l’ancien Président de la République, en l’occurrence Amadou Toumani Touré ? Reviendra-t-il un jour au Mali sans être inquiété ?

Réponse : “Je ne prédis pas l’avenir, mais la gestion d’un pays fait appel à beaucoup de situations. Amadou Toumani Touré est parti du Mali après avoir démissionné. Il reste à établir contre lui, si les circonstances s’y prêtent, des griefs précis, si jamais un jour on veut l’interpeler. Ces griefs, normalement, doivent procéder d’une enquête parlementaire et non judiciaire, parce qu’il était chef d’Etat, et dans notre constitution c’est la haute cour de justice qui le juge. La justice est une justice politique. Les membres de cette Cour sont désignés par l’Assemblée nationale. La composition est donnée par la loi, et donc, même les commissions d’enquêtes parlementaires, c’est les députés qui fournissent. Donc, peut-être qu’il faut attendre le renouvellement de l’Assemblée pour aller lui demander au cas où on pense que cela est opportun ou pertinent d’ouvrir des enquêtes ou des poursuites contre Amadou. Mais aujourd’hui, sans avoir ces éléments, il est prématuré de parler de ces questions. Tout au plus il faudrait informer le public si c’est les parlementaires qui doivent prendre la décision de le juger, tout ce qui relève de la responsabilité de l’institution judiciaire, on sait qu’elle est incarnée par la Cour suprême. Donc il appartient au procureur général près la cour suprême d’écrire un acte de poursuite “. Sans commentaire !

Certains iront jusqu’à dire que l’interview a été spécialement commanditée pour cette seule question afin de préparer l’esprit des Maliens à l’avance. Et pour cause, quelques jours plus tard, la plainte contre ATT sortait des allées de la Cour suprême.

Plus surprenant, au même moment, le même Ministre Bathily levait les mandats d’arrêts internationaux lancés contre des terroristes de grand chemin et libérait d’autres terroristes et djihadistes arrêtés par l’armée malienne pendant l’occupation et emprisonnés à Bamako. La politique de “deux poids, deux mesures”.

Plus étonnant encore, pourquoi au même moment ou plus tard, Mohamed Ali Bathily n’a pas pris sa plume pour rédiger un dossier qui devait aboutir à envoyer Amadou Haya Sanogo et son clan d’assassins devant la Cour d’Assises ?

Pire, lorsque le juge Yaya Karembé a inculpé et écroué Sanogo pour “complicité d’enlèvement de personnes “, le Gouvernement a fait un communiqué pour dégager sa responsabilité, alors que dans la plainte contre ATT, c’est le porte-parole du gouvernement à l’époque, Mahamane Baby, qui a lu le communiqué sur le plateau de l’Ortm. Sur instruction de Bathily ?

Pourquoi Mohamed Ali Bathily s’acharne-t-il ainsi contre son bienfaiteur ATT ? Beaucoup de gens qui connaissent les liens entre les deux personnes se sont longtemps posé la question.

Amadou Toumani Touré a tout fait pour celui qui veut être “son bourreau” aujourd’hui. “Sans lui, Bathily ne serait rien”, témoignent les plus avertis.

En effet, sous la Transition de 1991-1992, c’est Amadou Toumani Touré, alors président du Comité de transition pour le salut du peuple (Ctsp) qui a extirpé Bathily de l’anonymat pour faire de lui son directeur de Cabinet. Plus tard, le même ATT le nommera Ambassadeur du Mali au Sénégal où il gagna tout.

Devenu président démocratiquement élu en 2002, ATT fera appel à Bathily pour lui proposer de le nommer président de la Cour constitutionnelle du Mali. Mais il a décliné l’offre. L’alibi trouvé ? Mohamed Ali Bathily dit avoir entrepris une formation pour devenir avocat. Mieux, pendant tout ce temps, l’épouse de Bathily travaillait à l’Hôpital Mère-Enfant Le Luxembourg du couple présidentiel ATT.

A vous de juger l’acte de Bathily ! Ingratitude ou pas ? Va-t-il le payer ou non ? Quel genre d’homme est-il ? Comment va-t-il finir ?

               Réalisé par la Rédaction

Source :Aujourd’hui-Mali
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