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Arrestation du putschiste de mars 2012 : Qui veut faire obstacle à la justice ?

Depuis l’arrestation de Amadou Haya Sanogo, la ville garnison de Kati est en ébullition. Les partisans du chef de l’ex-junte exigent sa libération en multipliant marches et menaces à l’encontre des autorités politiques et judiciaires. Certaines sources y voient déjà la main de gros bonnets (fidèles au putschiste) au sommet de l’Etat. Mais tout porte à croire que ceux qui sont derrière les marcheurs agissent dans un seul but : entraver le travail de la justice.general amadou haya sanogo quatre etoiles galon

On le savait, l’ex-capitaine putschiste, Amadou Haya Sanogo, avait des « amis ». Qui ont décidé de garder le profil bas, pour des raisons qui leur sont propres, avant son arrestation. Et depuis l’inculpation de Sanogo par le juge Karembé, ses affidés sont à l’œuvre. Un groupuscule de partisans proche de l’ex-capitaine proteste, par procuration, contre la décision du juge Karembé. Les marcheurs viennent en particulier de la ville garnison qui fut le siège de l’ex-junte, mais les commanditaires seraient des responsables bien placés dans la haute administration et qui doivent leur place au putschiste. Que veulent ces marcheurs et leurs commanditaires qui réclament la libération de Amadou Haya Sanogo ? Pour quelle fin ?

 

De sources concordantes, ces marcheurs ne sont que la face cachée de l’iceberg. Des « amis » de l’ex-capitaine sont à pied d’œuvre pour obstruer le cours de la justice en empêchant le jugement de l’auteur du coup d’Etat du 22 mars. Celui-ci a été inculpé officiellement pour « complicité d’enlèvements », lors des évènements des 30 avril et 1er mai 2012, mais aussi du 30 septembre 2013.

 

Amadou Haya Sanogo était le chef incontesté des militaires putschistes et régnait en chef d’Etat à Kati qu’il avait transformé en forteresse pour protéger son régime éphémère. Pendant ce temps, son bureau ne désemplit pas. Des hommes politiques, des leaders religieux et de la société civile, des militaires et des policiers,  étaient aux bons soins du chef de l’ex-junte. C’était la pluie et le beau temps. Tout semble permis dans le « royaume » de Kati, y compris enlèvements, séquestration… et assassinats de frères d’armes. Le putschiste, à en croire d’autres, ne toléraient pas les « insoumis » et ne pardonnaient pas ses détracteurs. Pour avoir tout le monde à ses pieds, il n’était pas avare. Sanogo « partagerait » tout avec ses acolytes et d’autres personnes ayant sollicité officieusement son appui. En plus des promesses alléchantes, l’argent et les postes publics sont distribués entre ses « amis » et autres courtisans. Qui crient sur les toits de Bamako que leur ancien mentor est victime d’une trahison de la part d’IBK. C’est pourquoi, dans leur stratégie de libération, ils tentent de jouer d’abord à la victimisation afin de monter l’opinion contre les autorités nationales, mais en particulier contre le ministre de la Défense et des Anciens combattants, Soumeylou Boubeye Maïga.

 

De toute évidence, les marcheurs de Kati et probablement de Bamako sont à la solde de ces partisans de l’ombre que seules les caméras cachées (de Kati ?) peuvent faire découvrir à l’opinion nationale et internationale. Ceux-ci travaillent à faire obstruction à la justice car le putschiste de mars 2012 détenait des secrets et ne sera pas prier pour les déballer dans les prochains jours. Tous ces agissements en faveur de Sanogo trouveraient leur explication dans les rapports entre le chef de l’ex-junte et ses anciens « amis ». Pour empêcher la manifestation de la vérité à travers le grand déballage, le groupuscule met pieds et mains pour dissuader le prévenu de passer à table et la justice à arrêter le processus. C’est un stratagème qui peut fonctionner. Mais va-t-elle empêcher le juge Yaya Karembé d’aller au bout de l’instruction ? Rien n’est moins sûr. En tous les cas, les parents des victimes et les organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme ne sont pas prêts à démordre. Les preuves, dont dispose la justice, sont de nature à renforcer les autorités nationales que l’arrestation de Sanogo est loin d’être un règlement de compte. Les enlèvements de militaires blessés, la découverte (avant-hier soir) du charnier de Diago, entre autres, ne sont pas de nature à arranger les affaires de Sanogo et de ses complices.

 

Il n’y a aucun doute là-dessus, des têtes vont bientôt tomber. « L’affaire Sanogo » fait trembler jusque dans les murs du palais de Koulouba. Et les complices ne dorment plus que d’un œil. Qu’ils soient ministre, policier, militaire ou homme politique, les habitués de la cour du « roi » de Kati ont de quoi avoir peur. Car ni le juge Karembé, encore moins le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, ne pourront faire marche arrière. La justice suivra son cour jusqu’à la manifestation de la vérité. N’en déplaise aux frondeurs pro-Sanogo.

 

Idrissa Maïga

 

SourceL’Aube

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