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Affaire Konsinga: les victimes portent plainte

Les victimes des évènements de Konsinga (cercle de Yélémané), assistées de deux avocats, venus de la France, ont porté plainte, le 21 juin dernier, auprès du procureur de la république de Yélemané. L’information nous a été donnée, à travers un communiqué de presse, signée par les victimes desdits évènements.

Il ressort dudit communiqué qu’après 5 jours d’occupation pacifique, la gendarmerie a décidé d’expulser par la force les occupants.
« Des dizaines de grenades lacrymogènes ont été lancées et les gendarmes ont tiré à balles réelles sur la population», peut-on lire.
Aussi, indique-t-on, le procureur de la république du tribunal de Yélemané a reçu des mains des Me Raphael KEMPF et Seydou DOUMBIA, 5 plaintes pour homicide, tentative d’homicide, violence volontaire et forfaiture. Les victimes à travers cette plainte demandent aux autorités compétentes de mener à bon port des enquêtes promises par le gouvernement pour situer les responsabilités des bavures qu’ils ont subi dans la commune de Konsinga en décembre 2017.
Le communiqué précise qu’un homme de 65 ans est décédé 2 jours après les faits des suites des blessures occasionnées par un tir d’arme à feu. Et au moins 10 personnes ont été blessées par balle par ses affrontements entre populations et les éléments armés des forces de l’ordre.
En effet, le 21 juin 2018, 5 plaintes pour homicide, tentative d’homicide, violences volontaires et forfaiture ont été déposées entre les mains du Procureur de la République de Yélemané. Comme pour enfoncer le clou, ledit communiqué prévient que 6 autres plaintes vont être déposées au parquet de Yélemané dans les jours à venir.
Le communiqué signale que tous les plaignants habitent à Konsinga, à Bamako et France. Ils sont aussi membres de l’Association Dagakané dont le but est d’aider les jeunes à rester sur place pour l’auto-développement du village, précise le communiqué, avant d’insister que les victimes et les populations de le commune rurale de Konsika attendent de la justice qu’elle enquête sérieusement sur ces crimes et que les responsabilités soient rétablies.
«La violence massive arbitraire et disproportionnée des forces de l’ordre contre la population de Konsika ne doit pas être impunie », peut-on lire dans le dit communiqué.
Selon M. Aboubacar SIBY, porte-parole de l’association des jeunes de la commune de Konsika, ces avocats sont venus spécialement de la France pour cette affaire.
«Ils ont fait des enquêtes à Bamako puis à Konsinga. C’est suite à tout cela qu’ils ont vu et entendu, qu’ils se sont joints aux victimes pour porter plainte pour que justice soit rendue», a-t-il expliqué avant de clamer que les populations de la commune de Konsika ne vont pas abdiquer avant que toutes les responsabilités ne soient établies.
Signalons que depuis ces affrontements sanglants, les démissions se suivent dans les rangs du maire Tamassa KEBE. En effet, après une première série de démission de trois conseillers municipaux, trois autres ont rendu le tablier. Ce qui porte à 6, les acolytes du maire contesté qui lui ont tourné dos. Ainsi, sur 11 conseillers, plus de la moitié (6) ont quitté le conseil communal provoquant un affaiblissement du bureau communal. Malgré tout, les jeunes continent d’assiéger la mairie et demandent une autorité intérimaire pour gérer les affaires courantes de la communauté. Comme pour dire : tout sauf le maire Tamassa KEBE dans la mairie.

PAR CHRISTELLE KONE

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