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2020 : Une année de disparition de sommités maliennes !

Comme disait l’ancienne ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Kamissa Camara, non moins ancienne Secrétaire générale de la Présidence de la République, 2020 aura été une année douloureuse en pertes pour le Mali. Elle a été choquée par les décès de l’ancien président de la République du Mali, Amadou Toumani Touré dit ATT, le 10 novembre, en Turquie et Soumaïla Cissé (ancien député et président de l’Urd, un géant de la politique malienne, le 25 décembre dernier). En un mot, l’année 2020 a vu de nombreuses personnalités maliennes du monde politique, économique, culturel ou sportif tirer leur révérence. Ils  nous ont marqués et laissé une empreinte dans leurs domaines respectifs. Qui sont ces personnalités mortes en 2020  au Mali ? Feu le Général Moussa Traoré, ancien président de la République

L’ancien  président Moussa Traoré (1968 à 1991) est décédé le mardi  15 septembre à l’âge de 83 ans à Bamako. Né le 23 septembre 1936 à Sébétou dans la région de Kayes, Moussa Traoré était le fils d’un soldat de l’armée française, dans laquelle il s’est engagé lui-même en 1954. Il sert en Guinée, en France, en Mauritanie ou au Sénégal. Admis en 1960 à l’école d’officiers de Fréjus en France, il sort major de sa promotion. Il est nommé lieutenant dans l’armée malienne en 1964, puis instructeur de l’école interarmes de Kati jusqu’en 1968, année du coup d’Etat. Il sera promu colonel en 1971, général sept ans plus tard.

Il est renversé  en 1991 à la suite d’un coup d’Etat. Condamné à mort, il est gracié en 2002. Ces dernières années, Moussa Traoré était devenu une sorte de vieux sage que les politiciens allaient consulter.

Les obsèques nationales se sont déroulées le vendredi 18 septembre en présence des autorités et d’une foule nombreuse à la place d’armes de la Base.

Ibrahim Bocar Bah, Président de l’Um-Rda

Ibrahim Boubacar Bah

L’ambassadeur Ibrahim Bocar Bah s’en est allé le dimanche 30 août 2020. Président de l’Um-Rda jusqu’à sa disparition, il  a  successivement occupé plusieurs postes : Commissaire en charge des Politiques macroéconomiques et de la  Recherche économique de la Cédéao à Abuja (Nigéria) de février 2012 à mars 2016, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Mali auprès du Royaume de la Belgique, du Royaume des Pays -Bas, du Grand-Duché de Luxembourg, du Royaume Uni (Grande Bretagne et Irlande du Nord) et de l’Union européenne  de 2003 à 2012 ;  membre du Conseil d’administration de la Bceao (1989 à 1991) ; directeur général de la Caisse autonome d’amortissement (1988 à 1989);  directeur général de la Banque de développement du Mali  (Bdm-sa) de 1979 à 1987 ; Gouverneur suppléant de la Banque africaine de développement (Bad) 1980 à 1985 ; Gouverneur suppléant de la Banque mondiale (1980 à 1984) ; Président du Conseil d’administration de la Banque centrale du Mali (1976 à1977) ; Président de la Commission Ad hoc franco-malienne pour le renouvellement des accords monétaires franco-maliens (1975) ;  Gouverneur suppléant du Fonds monétaire international (1973).

Feu le Général Amadou Toumani Touré dit ATT, ancien président de la République

Amadou Toumani Touré, que tous les Maliens surnommaient par ses trois

L’ancien président malien, Amadou Toumani Touré

initiales, “ATT”, est mort, le mardi 10 novembre, en Turquie où il venait d’être évacué, quelques jours après avoir été opéré du cœur à Bamako. L’ancien président était âgé de 72 ans. Il reste aux yeux de nombreux Maliens le militaire qui a mis le pays sur la voie de la démocratie en 1992 après plus de 20 ans de dictature, au point de gagner le surnom de “soldat de la démocratie”.

Formé au Mali et en ex-URSS, l’ancien élève de l’École de guerre de Paris appelé à commander la garde présidentielle malienne dans les années 1970, puis les commandos parachutistes dans les années 1980, était rentré au Mali, après une nouvelle formation en France, en 1990, en pleine déferlante démocratique africaine. Il prend alors part en mars 1991, après des manifestations durement réprimées par le pouvoir, à un coup d’État qui a raison du régime, en place depuis 1968.

Amadou Toumani Touré prend la tête d’un comité de transition, exerce les fonctions de chef de l’État et dirige l’organisation d’élections. Il tient l’engagement pris de lâcher les rênes du pays, et la transition débouche en 1992 sur l’avènement d’Alpha Oumar Konaré, premier président démocratiquement élu depuis l’indépendance.

Amadou Toumani Touré, récemment entré en politique après avoir pris sa retraite de l’armée, est à son tour élu président en 2002, et réélu en 2007. Pendant dix ans, cet homme courtois et imbibé de valeurs africaines privilégie le consensus. La méthode contribue au reproche de faiblesse et d’inaction face à crise qui couve puis éclate dans le nord.  ATT est renversé par  des militaires en 2012. Exilé au Sénégal, Amadou Toumani Touré est autorisé en 2017 à rentrer par le président de l’époque, Ibrahim Boubacar Kéïta. Lors de ses obsèques nationales, le 17 novembre  dernier, un vibrant hommage lui a été  rendu par plusieurs personnalités nationales et internationales, mais surtout par une immense foule d’anonyme.

L’Honorable Soumaïla Cissé, président de l’Urd et ancien chef de file de l’Opposition

Cette grande figure politique de l’opposition est décédée de Covid-19, le 25 décembre en France à l’âge de 71 ans. Il était un éminent personnage public, trois fois candidat malheureux au second tour de la présidentielle, ancien chef de l’opposition parlementaire.

Soumaila Cissé

Il fut président de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) de janvier 2004 à août 2011. Enlevé le 25 mars 2020 à quatre jours des élections législatives, Soumaïla Cissé sera finalement libéré après six mois de détention en octobre dernier.

Personnalités maliennes et étrangères, des amis et des anonymes se sont pressés, par milliers, le vendredi 1er janvier dernier dans un rare moment de concorde pour rendre un dernier hommage à cette grande figure politique au Palais de la Culture Amadou Hampâté Bah, en présence de plusieurs personnalités politiques et administratives dont le Premier ministre, Moctar Ouane.

Soumaïla Cissé repose désormais au cimetière de Sogoniko auprès de ses parents.

Amadou Toumani Touré dit Vieux, Ambassadeur du Mali à Tripoli

Vieux Touré

Amadou Toumani Touré plus connu sous le sobriquet de “Vieux” est l’un des frères de l’ancien président de la République du Mali, Amadou Toumani Touré dit ATT, décédé le 10 novembre dernier, en Turquie. L’Ambassadeur Vieux a tout simplement suivi son frère ATT. Il a rendu l’âme, quelques semaines après lui, des suites d’une courte maladie. Pour la petite histoire, Vieux faisait partie des hommes qui sont partis chercher le corps d’ATT en Turquie.

Le décès de Vieux Touré a été accueilli comme une grande perte pour la diplomatie malienne. Ce qui explique le message de l’ancienne ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Kamissa Camara sur son compte Tweeter : “Je suis très attristée par le décès de cet Ambassadeur hors pair qui avait le Mali et les Maliens à cœur. Malgré la situation délétère en Libye, il n’a jamais quitté son poste. Il avait une très haute estime de son rôle. Il était affable et respectueux. Qu’il repose en paix”.

Pour l’Ambassadeur du Mali à Washington, Mahamadou Nimaga, l’Ambassadeur Vieux Touré était un modèle d’humilité, de compétence et d’engagement au service du Mali. “Au travail, on lie parfois de véritables amitiés et de fortes relations de confiance, et lorsqu’un collègue comme l’Ambassadeur Vieux Touré nous quitte si brutalement, on peut ressentir une grande tristesse semblable à la perte d’un trésor. Les mots me manquent pour exprimer ce que je ressens. Je m’efforcerai de me souvenir de certains faits ayant marqué notre relation d’amitié. Je sais que le film de nos confidences et de nos interactions est celui d’un long métrage. Que de beaux souvenirs et des moments agréables passés ensemble. Il ne reste que des souvenirs – que des souvenirs. Hélas!

De retour de l’ENA de France en 2006, je fis la connaissance de l’Ambassadeur Vieux Touré à la Direction des Affaires politiques comme chef de département Afrique, puis directeur adjoint. Avec l’Ambassadeur Daou et Vieux Touré, c’était l’exemple type d’une complicité remarquable entre un directeur et son adjoint qui partagent des valeurs communes d’humanité. C’est dans cette atmosphère de collaboration franche et sincère que je découvris l’homme. Il m’a vite adopté, et est devenu au fil du temps un chef, un ami, un frère et un confident.  Tes conseils avisés m’ont incliné à la sagesse et souvent à la retenue. Ils ont aidé à renforcer ma résilience face à de nombreuses situations. Je me souviendrai toujours de notre dernière conversation, la veille de ton départ sur Bamako pour assister aux obsèques de ton frère aîné, le Président ATT. Après m’avoir confié une mission personnelle, tu terminas la conversation avec un ton très amical : “Cher ami après la pandémie Covid-19 je viendrai à Washington DC pour passer quelques jours de repos”. Je comprends maintenant que c’était un adieu. Tu vas beaucoup nous manquer surtout la jeune génération des Affaires étrangères en laquelle tu as fondé beaucoup d’espoir. Tu entretenais avec chacun une relation toute singulière, teintée de courtoisie et de respect, malgré la différence d’âge. Je n’ai plus la force de poursuivre ni l’énergie pour tenir la plume si longtemps. Je vais devoir me résumer: L’Ambassadeur Touré était un modèle d’humilité, de compétence et d’engagement au service du Mali. Malgré les conditions de vie difficile en Libye, tu avais constamment souci de tes collaborateurs et de la communauté malienne. Il était très généreux dans le partage d’expérience et de conseil.

Dors en paix, cher aîné et ami. Puisse Allah t’accueillir en son Paradis. Amine

“Les morts vivent tant qu’un seul vivant les porte encore en lui”.

Cheick Kéïta, ancien directeur général des douanes

L’ancien directeur général des douanes est décédé le samedi 11 avril 2020 en France. Le colonel Cheick Kéïta a occupé les fonctions de directeur général des douanes de 2003 à 2008. Il a eu la plus longue longévité à ce poste dans la période sous-revue.

Sous sa direction, la douane s’est illustrée dans la lutte contre le trafic de stupéfiants avec des saisies-records. Les enquêtes douanières, les bureaux des douanes de l’aéroport Bamako Sénou, de Kourémalé, de Kidal, entre autres, ont mis le grappin sur de grands narcotrafiquants.

Ces actes ont valu, on s’en souvient, la remise de distinctions à lui et à quatre douaniers par l’Organisation mondiale des douanes (Omd). Après la douane, Cheick Kéïta a servi à la Délégation générale de l’Intégration africaine (logée au Ministère des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration africaine) où il a assuré avec dignité les missions qui lui ont été confiées pour rehausser l’image du Mali.

Reconverti homme politique comme son prédécesseur, cet originaire de Kayes fut candidat à l’élection présidentielle de 2013, sous les couleurs du parti Union pour la Démocratie et l’Alternance (Uda) dont il est le fondateur et président. Ce jeune parti se voulait un pilier contre “toutes les forces de colonisation, de domination et d’oppression et pour l’avènement d’une vraie démocratie et d’un Etat de droit”. A titre de rappel, dans son message de campagne, Cheick Kéïta expliquait vouloir prioriser les questions de sécurité, organiser le pays, le tirer de ses mauvais penchants, arriver à réconcilier les Maliens pour bâtir une nation prospère, un pays émergent. Au 1er tour, il a fini 22è sur 28 candidats avec 0,49% des voix. Après la douane, Cheick Kéïta a servi à la Délégation générale de l’Intégration africaine (logée au Ministère des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration africaine) où il a assuré avec dignité les missions qui lui ont été confiées pour rehausser l’image du Mali.

Mme Togola Marie Jacqueline, ancienne ministre et député

Jacqueline Nana Togola

Ancienne ministre de l’Éducation et députée à l’Assemblée nationale, Mme Togola Marie Jacqueline Nana est décédée en décembre à Bamako des suites d’une courte maladie, à l’âge de 71 ans. Le grand public a découvert cette dame de teint noir et d’une taille moyenne quand elle a pris la tête du Conseil supérieur de la communication en 2009, alors qu’elle y siégeait depuis 2006.

Membre du Rassemblement pour le Mali (Rpm), après l’élection du candidat Ibrahim Boubacar Keïta à la magistrature suprême, elle est nommée ministre de l’Éducation nationale le 8 septembre 2013 et restera au gouvernement jusqu’au 10 janvier 2015. La désormais ancienne ministre devient ensuite députée à l’Assemblée nationale après une élection législative partielle en commune V de Bamako.

Mamadou Bamou Touré, ancien ministre de l’Education

Très touché par le décès de Mamadou Bamou Touré, un frère et un compagnon. Très sincères condoléances à toute la famille Toure et alliés. Que son âme repose en paix”. C’est par ce message de l’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, non moins président du Parti Asma-Cfp, que beaucoup de personnes ont appris, le 22 novembre, le décès de Mamadou Bamou Touré.

Ancien ministre de l’Education, Mamadou Bamou Touré fut également ancien secrétaire général de l’Us-Rda. Personnalité très respectueuse, il fut aussi un membre influent des familles fondatrices de Bamako. C’est pourquoi, son décès laissera un grand vide.

Officier de l’Ordre national, Mamadou Bamou Touré repose désormais au cimetière de Niaréla.

Dr. Témoré Toulenta, ancien ministre de l’Education

Vendredi 1er janvier 2020. Dans un communiqué, le gouvernement annonce le décès du ministre de l’Education nationale d’alors. Dr. Témoré Toulenta était âgé de 65 ans et membre ” influent ” du parti Adema Pasj (mouvance présidentielle). Il occupait le poste de ministre de l’Education dans le gouvernement de Boubou Cissé depuis le 5 Mai 2020. Le ministre était Professeur d’enseignement supérieur de classe exceptionnelle, Docteur depuis 1991 en sciences du langage à l’Ecole des hautes études en sciences sociales de Paris.

Maki Koureissi Aguibou  El Oumar Tall

‘Ambassadeur Maki Koureissi Aguibou Tall est décédé le 1er août 2020. Il était considéré comme le père de l’ancien Premier ministre, Dr Boubou Cissé. C’est pourquoi, plusieurs personnalités politiques et administratives étaient présentes lors de ses obsèques.

Né en 1935 à Goudam, il était le chef de village de Bandiangara (mirou Bandiagara) depuis le jeudi 10 avril 2018. Descendant d’El Hadj Cheick Oumar Tall, Maki Koureissi Aguibou Tall fut un diplomate chevronné, ce qui lui vaut d’ailleurs le titre d’Ambassadeur jusqu’à sa mort.

Hamadou Konaté, ancien ministre

Un collègue, un grand frère, un Tonton, un Conseiller… Hamadou Konaté était tout cela. Je me souviendrai surtout de son humour sans pareil. Pars en paix, Soldat. Que Firdaous soit ta demeure éternelle Monsieur le Ministre !”. Voici le message de l’ancienne ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Kamissa Camara, pour rendre hommage à l’ancien ministre de la Solidarité et de la lutte contre la corruption, Hamadou Konaté, décédé le 5 décembre, à l’Hôpital du Point-G.

Depuis 2013, cet homme exemplaire et discret fut ministre jusqu’en 2020.

Né le 04 juin 1950 à Dakar (Sénégal), Hamadou Konaté est détenteur d’une maîtrise en philosophie, d’un Doctorat de 3è cycle en anthropologie médicale, d’un certificat en vitamine appliquée et en administration des programmes sociaux. Il eut une riche carrière professionnelle bien remplie pour avoir été, entre 1980 et 1991, le directeur des Affaires sociales, chargé de programmes à l’Unicef et Coordonnateur des programmes de recherche sur les politiques sociales en Afrique de l’ouest et du centre, pour le compte du Crdi.

 Lazare Tembely, Président de la jeunesse Adema-Pasj

L’annonce du  décès  du président du bureau politique  de la jeunesse de l’Alliance pour la Démocratie au Mali (Adema-Pasj)  est tombée le mardi 1er décembre  2020.

Lazare Tembely

Président de la jeunesse Adema-Pasj pendant presque dix ans, le défunt  a été plusieurs fois chargé de mission dans les départements ministériels, chef de Cabinet au Ministère de l’Education nationale et premier vice-président  de la jeunesse du “Ensemble pour le Mali”, une plateforme politique qui a contribué à la réélection de l’ancien président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta.  Selon ses proches toujours, sa dernière volonté était d’organiser le congrès du mouvement des jeunes de l’Adema pour céder son fauteuil à l’un de ces cadets.

Lamine Ben Barka, Ancien Directeur général de l’Agetip

Lamine Ben Barka est le père de l’ancien ministre et secrétaire général de la Présidence de la République, Moustapha Ben Barka (actuellement vice-président de la Banque ouest africaine de développement (Boad). Lamine Ben Barka est décédé le 22 décembre dernier des suites d’une maladie. Ses obsèques ont eu lieu à Badalabougou, en présence de plusieurs personnalités.

Lamine Ben Barka

“Toutes mes condoléances à la famille, aux amis. Lamine Ben Barka a été pour chacun d’entre nous un homme de grande dignité, de sagesse et d’une écoute exceptionnelle. Pour la mémoire de notre cher Lamine, j’invite à lire l’excellent message d’Adam Thiam”. Voici le message de l’ancien ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Michel Sidibé, pour rendre un vibrant hommage à Lamine Ben Barka.  Et voici ce message de notre confrère Adam Thiam : “Il s’en va cette fois-ci aussi comme il avait habitude de venir : sur la pointe du pied, sans bruit, sans casse. Il ne sera plus là pour être le témoin impuissant d’un temps de gravité satanique qui fauche dans nos rangs  comme jamais.  Difficile à accepter,  mais hélas, c’est fait : Lamine  est parti. Et cette mécanique-là n’est pas réversible.  Sans lui,  c’est vrai, le reste est un défi. Car, s’il avait su être cette présence qui évitait de se faire remarquer, Lamine avait toujours été au four et au moulin. Dès lors, il sera  une absence qui se fera sentir. Nous n’avons, face à toute-puissance divine, que des vœux à offrir. Celui que Lalla, l’épouse éplorée mais croyante, l’amie sincère et la sœur universelle,  que nous n’imaginions pas sans lui et réciproquement, soit là le plus longtemps possible pour  ce qu’elle est elle-même mais aussi pour  “continuer” Lamine qu’il est impossible de ne pas pleurer.  Tant il avait investi dans le savoir-être et dans le savoir-vivre ! Tant il avait fait de l’efficacité silencieuse un culte, son culte, pour ne heurter personne et pour commettre le moins d’impairs possibles!  Mais voilà, il n’est donné  à chacun de nous qu’un moment,  et ce moment Lamine l’a admi rablement bien rempli.  Va en paix, cher ami, et  sois des bienheureux !”

Djibril Naman Kéïta, une fierté du Mandé

Djibril Naman Keita

Très connu dans le milieu du Chemin de Fer, Djibril Naman Kéïta n’est plus ! Ce grand baobab a tiré sa révérence, le 26 novembre dernier, des suites d’une maladie, à l’hôpital “Mère et Enfant, le Luxembourg”. C’est avec beaucoup de consternation que beaucoup de gens ont appris cette disparition brutale.

El Hadj Djibril Naman Kéïta fut Administrateur général adjoint, directeur administratif et financier de Dakar-Bamako-Ferroviaire. Il fut aussi maire de la Commune urbaine de Karan dans le Mandé profond et ex-secrétaire général de Transrail-sa.  Après avoir gravi tous les échelons au sein de la société, Djibril Naman Kéïta passait une retraite bien méritée.

Les obsèques ont eu lieu le vendredi  27 novembre après la prière du vendredi  à la grande mosquée d’Hamdallaye.

Niamé Kéïta, ancien député et ancien directeur général de la Police

Niamé Keïta

Honorable Niamey Kéïta, député à l’Assemblée nationale du Mali, est décédé à Bamako, le 16 avril, des suites d’une maladie. Ancien directeur général de la Police nationale, Niamey Kéïta est élu dans la circonscription électorale de Nara lors des législatives de 2013 sous les couleurs du Rpm.

Diplômé de l’Ecole centrale pour l’industrie, le commerce et l’administration (Ecica) et recruté à  la police en 1973, le jeune Niamé Kéïta s’est forgé, au fil des années, la réputation d’un travailleur rigoureux et un serviteur loyal de l’Etat.

Ifra Oumar N’Diaye, Contrôleur général de la police à la retraite

La police nationale a perdu courant 2020 un de ses compagnons de longue date. Il s’agit du Contrôleur général de la police à la retraite, Ifra Oumar N’Diaye. Ce policier exemplaire a faisait la fierté de la police. Cadre compétent, Ifra Oumar N’Diaye a occupé plusieurs postes de responsabilité. Ses obsèques ont eu lieu à Niaréla.

Suite à son décès, son fils Alioune Ifra N’Diaye (opérateur économique) a tenu à lui rendre un vibrant hommage. “Ancien de l’ENA, de l’Emia et de l’Ecole de police de Toulouse, mon père, Ifra Oumar N’Diaye, Contrôleur général de police, faisait partie d’un groupe de jeunes intellectuels que Tiécoro Bagayogo avait organisé au sein de la police nationale du Mali pour apporter une certaine modernité. Il avait été ainsi, depuis 1969, au cœur du pouvoir militaire en tant que chef de la Sureté nationale et chef de l’Immigration et de l’Emigration au Mali jusqu’à la purge qui a emporté tous les officiers proches de Tiécoro Bagayogo et compagnie en février 1978. Sa photo était d’ailleurs en première page de L’Essor parmi les officiers exposés avec une ardoise au cou portant son nom.

Après un bref passage à Taoudénit et sauvé de la purge parce que considéré comme un “Officier pas méchant” et surtout par un intelligent lobbying conjugué de son beau-père Beydi Traoré (une des plus grandes fortunes de l’époque), de son beau-frère Moussa Sy (le plus grand pétrolier de l’époque) et de ses oncles Isma N’Diaye, Mountaga et Seydou Nourou Tall (de la grande famille maraboutique Tall), Papa a été gardé dans l’armée parce qu’il lui a été fait comprendre qu’il ne devait pas envisager de démission car ce serait considéré comme une désertion. Réhabilité concrètement à la fin des années 80 et au début des années 90, il a occupé des responsabilités dans les services de renseignement, les commissariats et les services spécialisés de la Police. Il a pris sa retraite alors qu’il occupait les fonctions de directeur de l’Inspection générale de la police nationale (la police de la police). Je lui dois ma liberté de pensée, mon amour de la lecture et de l’écriture. Quand il a su mon penchant pour la culture et surtout mon ambition d’être réalisateur dans ma vie active, j’ai bénéficié d’un accompagnement sans faille : livres, projecteurs Ciné super 8 et tous les magazines d’actualités sur le secteur cinéma et culturel, sans parler de mes collections de bande dessinée.

Sévère et d’une discipline militaire, Papa a été un homme de devoir : de devoir envers sa famille et envers son pays. Depuis adolescent, il m’a toujours préparé à sa mort. Très souvent quand je lui servais de chauffeur, il me rappelait son statut d’officier des forces de sécurité susceptible d’aller à tout moment au front et de ne pas y revenir ; et que je dois être fort pour assurer derrière lui la cohésion familiale. C’est pourquoi, il m’a très vite confié beaucoup de responsabilités dans la famille. La vie de Papa est un exemple pour moi. Il a vécu avec ce qu’il a ; jamais au-dessus de ses moyens. il n’a jamais cherché à acquérir plus que nécessaire. J’ai aussi vécu auprès de lui l’attitude des gens quand tu es au pouvoir ou en dehors. Les militaires au pouvoir aujourd’hui doivent s’inspirer de sa vie.

Quand il a pris sa retraite, Papa a tout de suite partagé son héritage matériel et de responsabilité entre ses enfants et certains de ses neveux. Ce que j’ai hérité de lui, je l’ai investi dans BlonBa à 100% avec son accord. Pour les responsabilités confiées à moi, j’espère ne pas le recevoir. Et puis Papa s’est retiré de toute vie publique et s’est entièrement consacré à sa famille et à lui-même. Devenu très plaisantin, il tenait aux visites de ses petits-enfants qui le lui rendaient bien. Il approchait ses 80 ans. Il a eu une vie tumultueuse, mais très heureuse ! Sa bénédiction préférée était que ” Dieu nous aime tous ! “. Reposes en paix Papa !

Belco Ba, ancien député

Belco Bah

Elu à Niono, l’Honorable Belco Bah a tiré sa révérence le  21 avril. Le député avait été testé positif au Coronavirus.

Né vers 1958, l’Honorable Belco Bah était un membre important du parti de l’Union malienne pour le rassemblement de la démocratie en Afrique (Um-Rda). Aux législatives de 2013, il avait confirmé son emprise sur Niono. Candidat pour un nouveau mandat, Belco Ba avait été battu dès le premier tour par Diadié Ba.

 Douga Sissoko, frère de Babani Sissoko

Après plusieurs années de maladie, Douga Sissoko a finalement rendu l’âme, le 10 juin 2020. Il est l’un des jeunes frères de l’ex-milliardaire, Foutanga dit Babani Sissoko, plus connu sous le nom de “Baba Sora”. Douga Sissoko a fait ses beaux temps à Bamako. Il a accompagné beaucoup de grandes cantatrices maliennes. Raison pour laquelle, les artistes ont décidé, à l’image de Kandia Kouyaté, de lui rendre un vibrant hommage.

Ses obsèques ont eu lieu chez lui, à l’Hippodrome, en présence de plusieurs personnalités dont des sommités de la culture.

  Bakoré Sylla, Pdg des GGB

L’opérateur économique Bakoré Sylla dit GGB  a été rappelé à Dieu le vendredi 4 décembre 2020, à Korofina, dans une clinique (Groupe médical), à la suite d’une longue maladie.

Bakoré Sylla

Soninké né à Touba, Bakoré Sylla dirige les Grands Greniers du Bonheur (GGB), un des premiers négociants du pays, actif principalement dans le commerce du riz, mais aussi du sucre. C’est en 1987 que ce commerçant-né, autodidacte passé par l’école coranique, crée les GGB. Les années 1990 marquent le succès de l’entreprise, avec un chiffre d’affaires de près de 30 millions de dollars. Bakoré Sylla se fait opérateur en rachetant une rizerie dans la région de Ségou.

 

 

Oumarou Tamboura, directeur exécutif du Cnosm

Oumarou Tamboura

Le  monde sportif malien apprenait avec stupeur, le 8 décembre 2020, le rappel à Dieu  d’Oumarou Tamboura, directeur exécutif du Comité national olympique et sportif du Mali (Cnosm). Oumarou a consacré la majeure partie de sa vie à l’essor du sport malien. Ainsi, il a occupé, successivement, les postes de directeur national des Sports et de l’Education physique, conseiller technique au ministère des Sports, secrétaire exécutif de la Zone 2 du Conseil supérieur du sport en Afrique (Cssa). Ayant fait valoir ses droits à la retraite, Oumarou Tamboura s’était donné une nouvelle vie en devenant le couturier des performances et des succès sportifs du Comité national olympique et sportif du Mali durant deux décennies pour le bonheur du président Habib Sissoko et du mouvement olympique et sportif malien : directeur de cours de la solidarité, secrétaire général puis directeur exécutif du Cnosm, poste qu’il occupa jusqu’à son dernier souffle le 8 décembre 2020.

Le hic est que cet homme qui a tout donné au sport et au mouvement olympique malien n’a jamais bénéficié d’une décoration par la nation. Quel regret !

 

Cheick Amadou Barry, journaliste sportif à l’Ortm

Cheick Amadou Barry, journaliste sportif à l’Ortm, est décédé le 27 octobre à l’âge de 55 ans, des suites d’une longue maladie. Il a rejoint l’Office de radiodiffusion télévision du Mali (Ortm), en 2002, après avoir travaillé à la Radio Guintan et à la Radio Patriote. En 2008, il intègre la fonction publique et commence, à l’instar des autres journalistes sportifs, à travailler simultanément à la radio nationale et à la télévision nationale. Cheick Amadou Barry a consacré sa carrière au journalisme sportif. Ainsi, il faisait régulièrement des reportages à la radio et animait des débats et des émissions à la télé. Sans compter les animations de plateau lors des directs de football, notamment la Ligue des champions d’Europe. Les vendredis, il présentait l’émission ” Performance ” à la télé et Mondial sport à la radio. Ce n’est pas tout, Barry, comme on l’appelait familièrement, présentait également le journal de 22h30 à la radio et l’Emission “Chronique des Expatriés” qui était très appréciée par les auditeurs de la radio nationale et les téléspectateurs de l’Ortm.

L’annonce de la mort de Barry a provoqué une grande émotion à l’Ortm. Il était un grand passionné du sport et du micro. Il aimait ça, comme on pouvait le constater à chacune de ses émissions ou retransmissions. Et quand il s’agissait des sélections nationales, il vivait le match comme un remplaçant sur le banc.

   “Doudou”, ancien joueur de l’Equipe nationale

Mamadou Diakité dit “Doudou” est décédé le mardi 22 février 2020. L’ancien joueur du Stade du Malien de Bamako et de l’équipe nationale qu’il a marquée de son empreinte. Il fut tout simplement un monument du football malien.

Mamadou Diakite dit Doudou

Né en 1939, Mamadou Diakité, à l’état civil, débute sa carrière de footballeur à l’Espérance de Medina Coura. Il jouissait surtout d’une force de frappe qui faisait de lui le bourreau des gardiens de buts. “Ce gaucher naturel, doté d’une rapidité d’exécution et d’une force de pénétration, qui en ont longtemps fait la terreur des défenses adverses dans son club et en équipe nationale du Mali” selon  O. Roger.

La Rédaction

Source: Aujourd’hui-Mali

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