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Vie politique : entre trahison et petits secrets de la République

C’est un spectacle affligeant qui se déploie sous nos yeux d’observateurs de la vie de la Nation depuis que la scène politique s’est transformée en micro-trottoir de la révélation. Chacun y va de son petit secret sorti d’une conversation avec l’adversaire du jour qui était l’ami d’hier. La confiance d’hier est trahie sans un regard pour nos valeurs ancestrales.

C’est la foire d’empoigne des valeureux sans valeurs depuis quelques temps. Les réseaux sociaux offrent une décrépitude de notre rapport à la politique. Ils deviennent un terrain de jeu favorable à la délation où tout est dit, avec assurance, mais sans la moindre preuve. Là, c’est un ancien ministre de la défense qui avoue à un avocat, non moins membre de l’Assemblée nationale, qu’un virement de 11 milliards de Francs CFA se serait volatilisé dans la nature de l’Europe de l’Est. Ici, c’est un chroniqueur à peine sorti de prison, qui dit qu’un Imam, autrefois autorité morale, lui aurait avoué recevoir chaque mois une rente de 2 millions puis de 8 millions d’un opérateur économique, qui se trouve être le frère du Premier ministre d’alors. Ailleurs, c’est un ancien ministre qui se souvient subitement de ses conseils judicieux à un ancien président.

Ce lamentable spectacle, agrémenté de jurons, de parjures et de dictons, n’est pas en phase avec ce que nos pays ont connu depuis la charte de Kurukanfuga dont l’article 23 faisait cette injonction : « Ne vous trahissez jamais les uns les autres. Respectez la parole d’honneur ». Où est donc l’honneur dans cette propension à s’étendre face caméra sur des discussions tenues dans entre quatre murs et quatre yeux ?

La trahison s’érige en modèle de persuasion de l’opinion. Cette opinion doit avoir le recul nécessaire pour comprendre, grâce à cette vague de délation, qu’il se passe des choses peu orthodoxes avec l’ensemble de la classe politique, qui n’hésite pas à ventiler les ressources de l’Etat, au gré de leurs intérêts propres et à se présenter, quand le vent tourne, comme des vierges effarouchées. Yamoussa Camara dit avoir offert un véhicule à une ancienne première dame. Avec quel argent ? Me Tapo dit que Yamoussa Camara a fait un virement de 11 milliards à un négociant d’armes qui s’est volatilisé ? Comment et surtout qui en est fautif ? Mahmoud Dicko se voit accuser d’avoir reçu, en quelque sorte, des pots-de-vin, du frère du Premier ministre. En contrepartie de quoi ?

Face à toutes ces accusations, il est curieux qu’aucune justice ne s’autosaisisse de la question et mène des enquêtes pour savoir qui gère et comment sont gérées les ressources de l’Etat. La curiosité relevée n’est pourtant pas une surprise, quand on sait que le Procureur Kassogué, à l’époque simple syndicaliste avait menacé un Premier ministre de faire la lumière sur près de 3 milliards de nos francs dilapidés. Depuis qu’il est procureur, nous attendons une suite à cette autre affaire. L’antivaleur a pris le pas sur le bon sens au Mali.

Y.KEBE

Source: Bamakonews

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