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Tièbilé Dramé : ’‘Je salue le courage politique et physique de l’honorable Soumaïla Cissé’’

Dans une interview accordée à TV5 Monde, le ministre des Affaires Etrangères et de la coopération internationale, M. Tièbilé Dramé fait le point sur l’actualité nationale. Lisez !

 

À la veille du premier tour des élections législatives au Mali, Tiébilé Dramé, le ministre malien des Affaires Étrangères et de la coopération internationale, réaffirme la détermination du gouvernement à retrouver le chef de file de l’opposition Soumaïla Cissé et ses compagnons, enlevés mercredi 25 mars dans la région de Tombouctou. Entretien avec Tiébilé Dramé.

TV5MONDE : Le président de l’URD (Union pour la république et la démocratie) et chef de l’opposition malienne, Soumaïla Cissé, a été enlevé près de son fief de Niafunké, dans la région de de Tombouctou, ce mercredi 25 mars. Avez-vous des informations sur l’identité de ses ravisseurs ? Est-il toujours en vie ?

Tiébilé Dramé :  Je voudrais tout d’abord saluer le courage politique et physique de l’honorable Soumaïla Cissé qui a été enlevé pendant qu’il tenait des réunions dans le cadre des législatives du 29 mars.

Pour revenir à votre question, plusieurs indices laissent croire que Soumaïla Cissé a été enlevé par la katiba du Macina [groupe armé djihadiste lié au Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM) dirigé par le prédicateur Amadou Koufa, ndlr]. Selon ces mêmes indices, ils sont en vie. Le Mali tout entier souhaite qu’ils soient relâchés sans délai.

Comment expliquez-vous qu’une personnalité de l’envergure de Soumaïla Cissé ait pu être enlevée ?

En dépit des efforts nationaux et internationaux pour restaurer la sécurité au Mali, la situation reste instable dans certaines parties du territoire. C’est le cas de cette zone centre-nord du pays, notamment dans le Gourma, où quelques groupes djihadistes entretiennent l’insécurité.

Soumaïla Cissé est une personnalité nationale, africaine et internationale. Son enlèvement et sa détention sont des actes inqualifiables et inacceptables, qui sont condamnés par le gouvernement et toute l’opinion démocratique malienne.

Compte tenu des inquiétudes liées à l’épidémie de coronavirus et dans le contexte actuel d’incertitude sécuritaire, n’était-il pas plus raisonnable de reporter les élections législatives de ce dimanche 25 mars ?

Le Mali a déjà reporté par deux fois ces législatives. Le mandat du parlement est expiré depuis 2018. Les forces vives du pays, réunies en dialogue national en décembre dernier, ont souhaité que l’Assemblée Nationale ait une légitimité plus fraîche, le plus tôt, date-butoir à l’appui.

Quand les deux premiers cas de coronavirus ont été connus le 25 mars, le gouvernement a consulté les partis politiques et les mouvements du nord du Mali. À la quasi-unanimité, les acteurs consultés ont recommandé le maintien du scrutin. Pour éviter qu’une incertitude institutionnelle ne s’ajoute aux autres difficultés que le pays traverse.

C’est dans la concertation que la décision de maintenir le scrutin du 29 mars a été prise. L’URD, le parti que dirige Soumaïla Cissé, a annoncé le 27 mars qu’il maintenait sa participation au scrutin législatif.

Vous êtes partisan du dialogue avec les djihadistes. Cet enlèvement est-il de nature à compromettre les discussions initiées récemment par le président Ibrahim Boubacar Keïta ?

Le dialogue avec les djihadistes maliens est une option mûrement réfléchie. Son principe a été endossé par le dialogue national des forces politiques, sociales et civiles de décembre dernier. Il y a comme un consensus inter-malien pour le conduire, afin de restaurer la paix et la stabilité.

L’enlèvement condamnable de Soumaïla Cissé ne nous fera pas renoncer à cette option. Au contraire. Le président de la République et le gouvernement feront tout pour que Soumaïla Cissé et ses compagnons rentrent très vite à la maison.

Ces derniers mois, l’on assiste à une montée du sentiment anti-français au Mali. Et certains groupes djihadistes exigent le départ des troupes françaises, comme préalable à toute discussion. Comment, dans ces conditions, établir les bases d’une discussion constructive pour l’avenir du pays ?

Laissez-moi d’abord vous dire qu’il n’y a, en réalité, pas de sentiment anti-français au Mali. Le Mali est un vieux pays. Son peuple, qui connaît la charge de l’Histoire, est reconnaissant vis-à-vis du peuple français pour le sang versé, du capitaine Damien Boîteux au lieutenant Pierre Bockel [soldats de la force Barkhane au Mali.

Notre détermination à explorer toutes les options pour restaurer la paix et réconcilier les Maliens n’est pas synonyme de renoncement. Les forces françaises et internationales sont au Mali à notre demande : pour combattre le terrorisme international aux côtés de nos FAMAS [Forces Armées Maliennes, ndlr], leurs camarades maliens. Elles quitteront quand nous aurons estimé ensemble que le travail est terminé.

Christian Eboulé

Source TV5

N.B : Le titre et le chapeau sont de 223infos

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