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Stratégie multisectorielle contre la malnutrition: réduire le taux de 24% à 10% d’ici à 2025 au Mali

Le ministère de la Santé et de l’hygiène publique, à travers la Cellule nationale de coordination de la nutrition, avec l’appui de l’UNICEF, a organisé, lundi dernier à la Maison de la femme et de l’enfant de Sabalibougou, un atelier de réflexion stratégique entre les acteurs des secteurs eau, hygiène, assainissement (EHA) et nutrition.

L’objet de cet atelier d’échanges est de développer une réflexion stratégique sur le secteur Eau-hygiène-assainissement (EHA) et nutrition, pour maximiser l’impact des projets et programmes de lutte contre la malnutrition grâce aux interventions du secteur eau, hygiène, assainissement (EHA). Aussi, s’inscrit-il dans une démarche de renforcement, de partage des connaissances et d’expériences du secteur EHA et nutrition, pour l’élaboration d’une stratégie nationale conjointe du secteur concerné.

La cérémonie d’ouverture de l’atelier de deux jours était présidée par le secrétaire général du ministère de la Santé, le Dr Mama COUMARE, en présence de Sacha GREENERG, représentant l’UNICEF.

On notait également la présence des représentants de Water AID, de Action contre la faim et de plusieurs responsables d’organisations et acteurs intervenant dans le secteur eau, hygiène, assainissement et nutrition.

Selon le secrétaire général du ministère de la Santé, la situation nutritionnelle au Mali reste une problématique majeure de santé publique avec, chaque année, plus de 20% (1,3 million) d’enfants souffrant de malnutrition chronique et plus de 600.000 enfants de malnutrition aigüe.

«Cette situation connaît peu d’amélioration, malgré des efforts importants déployés pour la lutte contre la malnutrition», reconnaît le Dr Mama COUMARE. Pour lui, la lutte contre la malnutrition est multisectorielle et le secteur Eau, Hygiène et Assainissement a un rôle prépondérant à jouer.

En effet, soutient-il, depuis plusieurs années, un nombre croissant d’études montre l’importance de l’hygiène et de l’environnement sur l’état nutritionnel des enfants ; mais ces études restent peu connues.

L’analyse de l’intégration de l’Eau-hygiène et assainissement, dans le Plan d’action multisectoriel de la nutrition (PAMN) 2014-2018, a révélé que «sur 14 axes stratégiques, seulement 5 (2, 5, 6,11 et 12) traitent mais de façon timide le WASH. Et sur 150 interventions dans le PAMN, seules 8 interventions traitent du WASH», explique le Dr COUMARE.

Or, il est établi que le manque d’accès à des services d’eau potable et d’assainissement associé à des mauvaises conditions d’hygiène (WASH) ont un impact direct sur la situation alimentaire et nutritionnelle des ménages et est à l’origine de nombreuses maladies, telles que les diarrhées, le choléra, les affections broncho-pulmonaires et les intoxications, a expliqué le Dr COUMARE.

La prise en compte de l’accès à l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement dans les stratégies et plans de lutte contre la malnutrition, est indispensable si l’on veut atteindre l’objectif N°2 des ODD.

Selon lui, il est actuellement difficile de fournir des statistiques exactes concernant le lien entre l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement et la malnutrition. Cependant, en termes d’évidences de l’importance du WASH sur la nutrition, «50% des cas de sous nutrition sont associées à des infections dues aux mauvaises conditions d’accès à l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement (Source OMS). Un enfant meurt toutes les deux minutes, suite à des maladies diarrhéiques causées par la consommation d’une eau insalubre, l’assainissement inadéquat et les mauvaises pratiques d’hygiène», est-il indiqué dans le Rapport mondial sur nutrition 2017.

Il ressort des estimations, note le Dr Mama COUMARE, que les mauvaises conditions d’assainissement seraient la 2ème cause de retard de croissance dans le monde.

Pour sa part, le représentant de l’UNICEF a fait savoir que la sous-alimentation est à la fois une cause et une conséquence de la pauvreté et contribue largement à la mortalité maternelle et infantile.

Pour endiguer la malnutrition, M. GREENERG prodigue des conseils simples comme l’allaitement maternel exclusif, la supplémentation en micronutriments.

Le représentant l’UNICEF a profité de l’occasion pour réitérer le soutien de son organisme aux interventions intégrées Wash-in-NUT afin d’endiguer la malnutrition au Mali.

«L’objectif des autorités et des acteurs Wash est de réduire considérablement le taux actuel de 24 % de malnutrition à 10 % d’ici à 2025 et cela à travers cette synergie multisectorielle d’actions des acteurs EHA et Nutrition», a-t-il promis.

Par Sékou CAMARA

Source: info-matin

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