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‘’Sans Détour’’ / Présidentielle 2022 : ces ténors presque grillés

A moins de treize mois de la fin de la transition, les potentiels candidats à l’élection présidentielle de 2022 s’affichent petit-à-petit. C’est un positionnement qui se fait sentir à travers des déclarations, mais surtout des déplacements à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, ainsi que des créations de mouvements et rentrées politiques. Depuis plus de trois mois, le président d’honneur et potentiel candidat du parti Yelema, Moussa Mara, multiplie des visites à l’intérieur du pays : Kayes, Sikasso, Ségou jusqu’à Mopti, Mara est en véritable revue de troupes. Idem pour Modibo Sidibé qui était la semaine derrière à Sikasso et Aliou Boubacar Diallo, président d’honneur du parti Alliance Démocratique pour la Paix (ADP-MALIBA) qui n’a jamais été loin de sa base politique : Kayes. De même, d’autres grandes formations politiques sont en train de préparer leurs armes. Il s’agit principalement du RPM, de l’ADEMA PASJ, de l’URD, de la CODEM…

Mais au regard de la configuration politique actuelle du pays et des réactions sous-jacentes, cette échéance électorale pourrait nous livrer beaucoup de surprises. Déjà au moment où les politiciens cherchent à reconquérir la confiance de leurs électorats, des grosses pointures font leurs descentes avec armes dans l’arène politique et se disent prêts à enlever le fauteuil présidentiel. Il s’agit là de l’ancien ministre de la justice, Malick Coulibaly et de Seydou Mamadou Coulibaly qui a déjà lancé sa plate-forme politique à Bamako et s’apprête à faire la même chose dans les prochains jours à Mopti. Ces potentiels candidats qui ne traînent derrière eux aucun discrédit politique, menacent actuellement l’ensemble de la classe politique.

Aussi, le positionnement des leaders religieux comme le Guide spirituel des Ançar-Dine, Chérif Ousmane Madani Haïdara, et l’Imam Mahmoud Dicko ne donnent pas non plus une grande chance aux candidats déjà rodés dans la course. Si Mahmoud Dicko reste encore discret, Chérif Ousmane Madani Haïdara est déjà monté au créneau. Au cours d’une visite le 28 mars 2021 à Sikasso, le Guide des Ançar-Dine a lancé à ses adeptes : «On avait mis plusieurs choses de côtés que nous sommes obligés de récupérer aujourd’hui, car le besoin se fait sentir. Je ne cache pas ma position, je le dis sur la place publique. Les autres ne sont pas plus Maliens que nous. Il est temps qu’on se prépare et je vous invite à rester mobilisés. Je vous demande de ne pas suivre quelqu’un. Attendez mon message. Il faut dire à vos chefs de partis que votre leader vous demande de rester calmes. » Ce message est très fort et peut avoir un impact significatif sur le choix du futur président de la République.

Donc, l’immixtion ou la descente dans l’arène politique de ces deux leaders religieux réduit considérablement la chance de Modibo Sidibé et de Soumeylou Boubèye Maïga pour la simple raison que ces deux personnes n’ont jamais su conquérir leur confiance. Les manifestations du Haut Conseil Islamique en 2009 contre le nouveau Code des personnes et de la famille se sont déroulées sous Modibo Sidibé comme Premier ministre du président défunt, Amadou Toumani Touré. De même, l’on se rappelle toujours que c’est l’Imam Dicko, avec le soutien de ses disciples et les bénédictions du Chérif de Nioro, qui a poussé Soumeylou Boubèye Maïga, Premier ministre d’alors, à la démission en 2019.

L’autre aspect beaucoup important est le poids des militaires sur le choix du prochain président de la République. Même si rien n’est pour l’instant officiel, ces militaires vont difficilement accepter de laisser le pouvoir à qui veut le prendre. Donc, le candidat le plus proche d’eux pourrait certainement se frotter les mains. La composition des chefs exécutifs régionaux et locaux témoignent à suffisance de cela. Mais, il ne serait pas non plus surprenant d’assister, à la dernière minute, à la fabrication d’un candidat par les mêmes militaires pour se faire succéder. Ainsi, il va s’agir de quelqu’un qui pourrait bien évidemment faire leurs affaires dans les cinq ou dix prochaines années après la transition. Donc, c’est dire que rien n’est pour l’instant clair et beaucoup de surprises peuvent ou pourront se produire.

Ousmane BALLO

Source :Ziré

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