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Ramadan et crise : les bœufs inaccessibles !

De Niamana à Faladjè en passant par le quartier Sans Fil, une équipe de votre hebdomadaire ‘’Ziré’’ a, comme chaque veille de la fête de Ramadan, fait le tour de quelques parcs à bétails à travers la ville de Bamako pour voir l’état actuel du marché. Lisez le reportage !

 

Il est 14 heures, sous le soleil ardent du mercredi 28 avril 2021. Nous voilà sur le parc à bétails de Faladjè communément appelé ‘’Faladjè garbal’’. Les activités tournent un peu au ralenti à cause de la chaleur. Certains vendeurs, sous leurs hangars, les yeux rivés sur les différentes entrées du parc, à la recherche d’hypothétiques clients, commencent à perdre de l’espoir pour la journée. Des bœufs venant tout récemment des localités lointaines sont toujours sous le coup de la fatigue du trajet.

« Nos bœufs viennent des villes de l’intérieur du Mali comme Gao, Nioro, Guidimé, Koro et même souvent depuis Bambara-Maoudé, au nord du pays », nous confie Mouazou Dicko, vendeur au parc de Faladjè. Il continue en précisant : « Nous avons d’énormes difficultés pour avoir ces bœufs dans ces différentes zones. La plus grande difficulté, c’est le transport. Actuellement, tu peux acheter les bœufs et faire plus d’une semaine sans avoir un véhicule de transport, il y a une énorme difficulté d’accès à cause de l’insécurité et l’état des routes qui est très mauvais. »

Face à la timidité du marché et le soleil qui bat son plein, les clients se font rare et nous n’avons pu échanger qu’avec les fournisseurs. Ainsi, il ressort des différents témoignages que comparativement à l’année précédente, les vendeurs ont eu cette année plus du mal à avoir accès aux bœufs à cause de l’insécurité grandissante dans le pays. «Aujourd’hui, à cause de l’insécurité, ce n’est plus facile de trouver des bœufs à Koro. Il n’est pas facile de faire le voyage dans ces localités. Il y a un gros risque de se faire attaquer et déposséder de son argent », souligne Mouazou Dicko.

Vers 16 heures, direction le parc à bétail de Niamana. Ici, le constat est plutôt différent. Le parc est bourré de clients. Aussi, des négociateurs ou intermédiaires et des transporteurs de tricycles sont au rendez-vous. Mais, nous constatons que les acheteurs trouvent les prix assez exorbitants. Youssouf Kodio, vendeur au parc de Niamana témoigne : « Pour moi les prix varient entre 200 000 FCFA et 550 000 FCFA. Il faut savoir qu’on investit beaucoup dans ses bœufs. Premièrement, le transport coûte très cher, et de deux, il n’y a pas assez de vente actuellement et on est obligés de nourrir les bœufs. Donc, tout cela a un impact sur le prix.»

Modibo Doumbia est un client : « Je suis venu acheter pour notre service, vraiment ce ne pas du tout facile. Les bœufs coûtent excessivement cher par rapport à l’an passé. Cela fait déjà plus d’une heure de temps que je tourne et je n’arrive pas à avoir un choix avec l’argent que j’ai. Je continue à tourner, j’espère peut-être que je vais en trouver un qui me conviendra. »

Au parc du quartier Sans Fil, le constat est presque le même que dans les deux précédents. Ici, les vendeurs se plaignent également de l’accès aux animaux dans les localités d’approvisionnement. A cela, s’ajoute la cherté des aliments de bétail. Fousséni Traoré, vendeur à Sans Fil, nous explique : «Les bœufs coûtent chers, ainsi que leurs transports. De nos jour, vu la situation sécuritaire du pays, ce n’est pas du tout évident d’aller de village en village pour acheter les bœufs au risque de vous faire dépouiller par les bandits et souvent même par des djihadistes. Ces dernières années, ce secteur est confronté à d’énormes difficultés et risques, et nos autorités doivent agir pour que tout le monde puisse facilement avoir accès aux bœufs surtout en cette période de la veille de la fête de ramadan. »

Parlant des aliments de bétail, Fousseni Traoré précise : « Cette année, le prix des aliments de bétail a grimpé jusqu’à 9 000 FCFA le sac alors que les années précédentes, c’était entre 6 000 et 7 000 FCFA sur le marché ». En clair, les années passent mais la réalité sur le marché des bétails restent presque la même et cette année, c’est la situation économique qui risque d’enfoncer davantage le clou.

Daouda ARAMA, Stagiaire

Source : Ziré

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