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Politique : Le Mali à la recherche du Messie

La classe politique malienne actuelle est incapable de renouveler son discours, d’adapter son offre. Elle est la seule à ne pas savoir que les Maliens n’attendent rien d’elle.

Qui pour sauver le Mali ? Encore une fois, (après 2012), la junte a déçu les espoirs et les attentes. La classe politique malienne actuelle est en fait responsable de tous nos maux.

D’ailleurs, malheureusement, en voulant faire une analyse de “notre classe politique”, on compte peu qui répondent vraiment aux canons.

Les 90 % de nos “politiques” ont embrassé le “métier” par opportunisme : nommés à un poste, ils se sont dépêchés de prendre la carte du parti pour ne pas être chassés, ou étant tombés sur un poste “juteux”, ils ont vite compris qu’il fallait militer en adhérant à un parti, ou en en créant, pour se mettre à l’abri. Il est facile en ce moment de crier à un procès en sorcellerie dès lors que politique, on n’est plus dans les bonnes grâces du pouvoir en place, et que celui-ci voudrait voir clair dans notre gestion.

Cependant, malgré les crises, malgré les déconvenues, malgré l’adversité de la junte, de la société civile et des activistes soutenus par le reste de la société, la classe politique n’a jamais été capable de remise en cause, d’introspection, d’union.

La condition de sa constitution en est certes pour beaucoup, au point que certains continuent à croire que c’est toujours au petit bonheur la chance qu’on gagne des électeurs, des militants ou des circonscriptions.

La politique est un art. Une science. L’occasion fait le larron, mais, après, il faut apprendre à se structurer, à se construire et surtout à pouvoir se sublimer pour comprendre des causes, les épouser, être à même de travailler au bien commun, ou du moins de la majorité. Le magistère demande que l’on s’oublie soi-même.

Là réside l’autre tare de nos politiques. Certains ont des caprices de stars, se croyant sortis des cuisses de Jupiter, pensent que la lumière est à leur seul niveau. Il n’y a de vérité que la leur, il y a bien-être quand eux vivent bien et grassement.

Nous comptons sur les bouts de doigts nos hommes politiques qui ont des conseillers (salariés). Tant qu’ils ne sont pas aux “affaires” et en capacité de ponctionner l’Etat, cela est un luxe.

C’est ce qui explique notre descente de Charybde en Scylla. Ils ont déçu. Ils ne se sentent même pas responsables de notre misère. Ils sont incapables de se mettre en cause. Ils ne se mettent pas ensemble, finalement, continuent à parler de projets à des années lumières de nos attentes immédiates.

Aujourd’hui, plus qu’un Sonni Ali ber, un Soundiata, le Mali attend le sauveur, le Messie. Jusque-là, cette attente a été d’attendre Godot. On a attendu d’IBK. On a attendu de la junte. On attend, sans espoir, résigné, de la prochaine présidentielle.

 

Alexis Kalambry

 

Source: Journal Mali Tribune

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