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Pari à haut risque du Colonel Assimi Goïta

Bien harnaché à son Mengshi (voiture qu’il utilisait en tant que Commandant du bataillon autonome des forces spéciales et du centre d’aguerrissement), en plein syndrome de méfiance vis-à-vis des négociateurs gouvernementaux qui mine le pacte social, le président de la Transition, le Colonel Assimi GOITA ne s’est pas fait morigéner pour assumer la responsabilité de l’Etat en flux continu, en prenant en main le dossier de l’UNTM. Il s’agit d’un enjeu collectif impérieux qui justifie que l’adoption d’un pacte de stabilité sociale fait partie des missions de la Transition consacrées par la Charte. En attendant une trêve sociale ne représente pas un maigre gain.

 

Ainsi, au cours d’une rencontre avec les syndicalistes, ce mardi, à Koulouba, le Colonel Assimi GOITA, a fait une requête : surseoir au mot d’ordre de grève et pris un engagement : s’impliquer personnellement pour l’extinction des revendications de la Centrale syndicale.
Si une oreille attentive a été prêtée à sa sollicitation, il n’en demeure pas moins que les syndicalistes n’entendent pas se laisser bercer par les illusions de la Terre promise : « l’UNTM est rassurée, mais pas encore satisfaite tant qu’on ne voit pas la mise en œuvre », tempère l’un d’entre eux très peu enclin à s’endormir sous les douces mélodies, même fredonnées par un Président de la Transition.
Le message est donc clair : nonobstant le contexte collectif explosif et l’engagement présidentiel, il n’est pas question de rebattre les cartes, encore moins de faire un usage abusif du moratoire. En effet, il ne faut pas être amnésique sur le fait que pendant que les tempérants penchaient pour donner du temps au Gouvernement Choguel de s’approprier le dossier des travailleurs, la frange la plus dogmatique lui fixait un ultimatum de 10 jours et la Centrale syndicale se préparait à déposer un nouveau préavis de grève, elle qui était sur la dernière ligne droite d’une grève illimitée stoppée par la destitution du Président de la Transition Bah N’DAW et de son Premier ministre Moctar OUANE, dont le corollaire est le manque d’interlocuteur pour les syndicalistes.
Dans un tel contexte, en descendant dans la cohue (l’enjeu en vaut la peine), le Président de la Transition, en tant que dernier recours, joue forcément gros. C’est vrai que jusque-là, le Colonel Assimi GOITA a eu l’écouvillon exemplaire en étant au-dessus de la mêlée, mais là, il s’agit d’abattre la dernière carte, pardon de lâcher les dernières salves et d’atteindre impérativement la cible qu’est la satisfaction des revendications syndicales.
Or, notre Etat providence est notoirement impécunieux. Ce qui rend l’effet d’annonce, trop risqué, politiquement hasardeux. Parce que les problèmes de sous se règlent avec des sous.
Dès lors, il faut se garder de remplacer le code Dalloz… par la boule de cristal, de faire une tarte à la crème du marketing politique, pour que l’engagement présidentiel parte en fumée et que les postures syndicales ne se radicalisent pour de bon… faute d’interlocuteur crédible. Tout sauf un lamentable flop.
Mais, un chef n’est pas un chiffon, comme dirait l’autre. Le Colonel Président doit avoir une arme secrète…

PAR BERTIN DAKOUO

Source : INFO-MATIN

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