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Mohamed Chérif Koné, président de la Refsyma : « Le gouvernement s’est servi de la Cour suprême…»

Suite à l’abrogation de son décret de nomination à la Cour suprême par le Président de la Transition, le président de l’Association malienne des procureurs et poursuivants (Ampp) et de la Référence syndicale des magistrats (Refsyma), M. Mohamed Chérif Koné, a décidé de réagir à travers une lettre adressée au président de la Transition et dans laquelle il s’attaque avec virulence au gouvernement.

 

« En tant que magistrat convaincu, en réaction au Décret N° 2021-0585ÉPT-RM du 08 SEP 2021 me concernant et que je vins de découvrir sur les réseaux sociaux, je voudrais, avant toute chose, rendre grâce à Allah SWT qui m’a toujours donné la force et l’inspiration nécessaires dans le noble combat pour le triomphe de la Vérité et de la Justice », a laissé entendre, dans sa lettre, le magistrat de classe exceptionnel  Cheick Mohamed Cherif Koné.

« Le Mali nouveau auquel nous rêvons tous ne saurait se réaliser en encourageant des actes de forfaiture….  En tant que membre  à part entière du bureau de la Cour Suprême au même titre que le Président ou le Procureur Général. Lorsque l’intérêt de l’institution judiciaire est menacé par le comportement des chefs, c’est au Premier Avocat Général de s’y opposer, au besoin, de dénoncer tout acte de forfaiture »,  a-t-il poursuivi.

« Le décret de ma révocation est source de discrédits sur l’image de la haute administration publique  de l’État. Ce décret, quoique restant un non évènement, en tant qu’émanant d’un gouvernement de Transition n’ayant aucune légitimité démocratique, les termes désobligeants qui portent atteinte à mon honneur et à ma considération commandent de réagir dès maintenant », a-t-il écrit.

« Un avocat général près la Cour suprême dont le rôle est défini par les principes directeurs définis dans le cadre des Nations Unies, applicables au rôle des magistrats du parquet, est protégé par la loi organique régissant la Cour suprême, le Statut de la magistrature, ainsi que par des instruments internationaux qui lient le Mali tels : le Statut Universel du Juge et les Normes de Conduite élevées applicables aux magistrats du Ministère public, définies à l’échelle internationale par l’Association Internationale des Procureurs et Poursuivants », a-t-il indiqué.

Des instances internationales saisies

Le magistrat Koné dit avoir saisi des instances internationales par rapport à sa révocation. « Les instances internationales habilitées que j’ai décidé de saisir, sauront me mettre dans mes droits et dans tous mes droits, nonobstant le recours que j’entends exercer contre ce décret pour qu’il soit retiré définitivement de notre ordonnancement juridique comme étant une humiliation pour la République, la démocratie et l’État de droit », a-t-il laissé entendre.

En effet, il  tance les responsables de la Cour suprême,  et les autorités de transition.

« Je ne fais pas ce recours dans l’intention d’être maintenu à une Cour suprême devenue un organe de la transition par le fait de ses premiers responsables, mais plutôt pour des questions de principe afin que force reste à la loi et à elle seule », a-t-il déclaré

Pour lui, le gouvernement de la Transition a agi dans l’illégalité en le révoquant. Il s’attaque d’ailleurs au gouvernement du Mali. « C’est dire que bien que gênant, voire même dérangeant pour un gouvernement ayant opté de se mettre en dehors du droit et hors la loi, un Premier Avocat Général, considéré comme essentiel dans la consolidation de l’État de droit et de la démocratie, doit bénéficier de la protection et du soutien de tout gouvernement, lequel a aussi l’obligation d’assurer sa formation. Ces aspects de vos devoirs ne semblent pas être perçus par ce gouvernement de transition, encore hostile à la moindre critique n’allant pas dans le sens qu’il souhaite, quand bien même que le Mali appartient à tous ses enfants », a écrit le magistrat. Il n’en décolère pas et va plus loin : « A quelques mois de la fin de la transition, tous les indicateurs sont là, permettant de dire que pour couvrir son échec dont il en est conscient, le gouvernement n’a trouvé autre moyen que de se servir de la Cour suprême afin de divertir l’opinion publique, en s’adonnant à un vrai vagabondage sur le champ de la lutte contre la délinquance économique et financière, dont la conduite ne lui relève pas. Il n’a pas à être jugé sur ce plan, mais uniquement sur les missions qui lui sont assignées ». Pour lui, la lutte contre ce fléau « qui n’a de sens que lorsqu’elle est conduite dans le respect de la loi et des règles de procédure, est une affaire de professionnels et non pas de ce Gouvernement de Transition, étant donné que la Justice n’est pas une course de vitesse ».  Pour l’ancien avocat général près de la Cour suprême, la lutte contre l’impunité ne saurait se résumer à la seule humiliation des hautes personnalités dans l’illégalité totale, au mépris de leurs droits élémentaires, en violation de la Constitution et de la loi organique régissant la Haute Cour de Justice.

Solo Minta

Source : Tjikan

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