Le Mali traverse une période décisive de son histoire. Alors que le pays est confronté à des défis structurels majeurs, la tentation de l’immobilisme et des artifices politiques persiste. Pourtant, il est impératif que les autorités recentrent leurs efforts sur les véritables priorités nationales, en mettant de côté les postures de communication au profit d’actions concrètes.
Bamada.net-L’urgence est double : restaurer la confiance entre les gouvernants et les citoyens, et poser les jalons d’un avenir stable et prospère. Cela passe avant tout par une écoute attentive des doléances populaires, une implication réelle de la société civile dans la gouvernance et une transparence accrue dans la gestion des affaires publiques. Trop souvent, des stratégies politiques basées sur des démonstrations de soutien artificielles ont pris le pas sur les réformes profondes attendues. Ce décalage avec les réalités du terrain ne fait qu’amplifier le malaise social et fragiliser davantage le tissu national.
Le piège des soutiens de façade
Depuis plusieurs mois, la multiplication de mouvements de soutien aux autorités en place donne l’illusion d’un consensus national. Pourtant, il s’agit bien souvent de stratégies destinées à renforcer l’image du pouvoir en place, sans réelle prise en compte des urgences quotidiennes des citoyens. Cette mise en scène politique détourne les énergies des vrais combats : la lutte contre l’insécurité, la relance économique, l’amélioration des services publics et la consolidation des institutions démocratiques.
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Ce phénomène n’est pas nouveau, mais il prend une ampleur inquiétante. Plutôt que de créer une dynamique participative et inclusive, ces mouvements servent avant tout des intérêts individuels et entretiennent une bulle de complaisance au sommet de l’État. Loin d’unir la nation, cette approche creuse davantage le fossé entre gouvernants et gouvernés.
Une transition à la croisée des chemins
Initialement présentée comme une phase transitoire devant mener à un retour à l’ordre constitutionnel, la période actuelle s’étire dans une indétermination qui alimente l’instabilité. Chaque prolongation de la transition, qu’elle soit justifiée ou non, contribue à entretenir un climat de défiance et freine le redressement du pays. Les Maliens, lassés des promesses non tenues, attendent des actes forts plutôt que des discours répétitifs.
En novembre 2024, l’ex-Premier ministre Choguel Maïga lui-même n’a pas hésité à critiquer le manque de progrès tangible dans la gestion de la transition avant d’être évincé. Son départ a illustré les tensions internes et l’incapacité des dirigeants à accepter la remise en question. Cette absence de dialogue sincère avec les acteurs politiques et sociaux ne peut qu’exacerber la frustration populaire.
L’heure des décisions courageuses
Le Mali ne pourra se relever que si ses dirigeants prennent la pleine mesure de leurs responsabilités. La légitimité politique ne se construit pas à coups de manifestations orchestrées, mais à travers une gouvernance exemplaire et tournée vers l’intérêt général. Chaque jour perdu dans des stratégies d’autosatisfaction éloigne un peu plus le pays des solutions concrètes dont il a besoin.
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Les priorités sont claires : sécuriser durablement le territoire, restaurer l’économie, garantir l’accès aux services essentiels et favoriser un climat politique apaisé. Il appartient aux dirigeants de démontrer, par des actions et non par des effets d’annonce, qu’ils sont à la hauteur de ces défis. Le Mali a besoin de leaders visionnaires, capables de mettre en avant l’intérêt du peuple au-delà des calculs politiques.
L’histoire retiendra ceux qui auront su faire preuve de courage et d’intégrité. Il est encore temps d’écrire cette page avec lucidité et détermination.
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Moise Touré
Source: Bamada.net