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Mali : le HCIM réclame plus de légitimité publique

Le Centre international des conférences de Bamako (CICB) a abrité, ce samedi 31 juillet 2021, les travaux de la journée d’échange du Haut conseil islamique du Mali (HCIM) sur la situation sociopolitique et religieuse du Mali. Le présent atelier visait à outiller les organes nationaux et régionaux du HCIM afin qu’ils jouent pleinement leur partition durant cette période de Transition. Aux termes des travaux, les participants ont fait 7 recommandations et pris 4 résolutions allant dans le sens de l’amélioration des conditions d’exercice et de pratique de l’islam au Mali.

La cérémonie a été caractérisée par la remise d’attestation de reconnaissance au Cherif Ousmane Madane HAIDARA président du HCIM par le Mouvement pour la réconciliation des maliens dirigé par Akim ALLANSARY. L’ouverture des travaux était présidée par le ministre des Affaires religieuses, du culte et des coutumes, le Dr Mamadou KONE ; en présence du président du HCIM, le Chérif Ousmane Madane HAÏDARA ; du président de la commission nationale d’organisation de l’atelier, Mohamed Macky BAH ; des délégués venus de Bamako et de l’intérieur du pays.

Cet atelier national avait pour but de permettre aux participants de faire l’état des lieux de certaines activités menées par le HCIM ; d’avoir une identité de vue sur des questions d’importance pour la communauté musulmane du Mali, tout en proposant des actions concrètes pour leur traitement à court, moyen ou long terme. Il s’agissait aussi de convenir des moyens d’action pour une pleine participation du HCIM dans l’accompagnement de la Transition.

A l’ouverture des travaux, le président de la Commission nationale d’Organisation, Mohamed Macky BAH, a indiqué que cette rencontre se tient en prélude au Conseil nationale du HCIM dont la date sera bientôt fixée.

Le Cheick Mohamed Macky BAH a rappelé que depuis le renversement du régime du président Ibrahim Boubacar KEITA, le 18 août 2020, le Mali est entré dans une période de Transition qui a officiellement commencé le 25 septembre 2020 avec la prestation de serment de Monsieur Bah N’DA W et du Colonel Assimi GOITA, respectivement comme Président et Vice-président, et dont la durée a été fixée à dix-huit mois. Fait inédit, une deuxième Transition a été ouverte avec la démission, le 24 mai 2021, du Président et du Premier ministre de la Transition.

Des préoccupations de taille

Il est prévu, pendant cette Transition, un certain nombre de réformes, en dehors desquelles la Communauté musulmane ne doit pas se tenir à l’écart. Il a souligné que le HCIM, au regard de sa mission d’interface entre les pouvoirs publics et la communauté musulmane du Mali, a mené beaucoup d’activités visant l’instauration ou au renforcement de la paix et de la cohésion sociale, aussi bien avant que pendant la Transition. Il est aussi conscient, en dépit des urgences, des préoccupations majeures de la communauté musulmane.

Le présent atelier, dit-il, doit permettre aux membres des organes nationaux et régionaux du HCIM d’échanger sur certaines préoccupations de la Communauté musulmane et d’identifier celles considérées comme urgentes, et pour lesquelles un début de résolution, au moins, peut s’inscrire dans cette période de Transition.

Tout en se réjouissant de la tenue de cette rencontre, la présidente de l’UNAFEM, Mme Togola Kadidia, a déploré le manque de paix dans notre pays. Une situation dont les conséquences frappent durement les femmes qui subissent sans être malheureusement jamais écoutées dans le cadre de la recherche des solutions de sortie de crise. « Nous devons activement prendre part aux réformes », a-t-elle exigé.

A l’Ouverture des travaux, le président du HCIM, Cherif Ousmane Madane HAIDARA, a prié pour la bonne tenue des travaux avant de déplorer l’absence de statut pour les leaders religieux dans le pays malgré les nombreuses sollicitations dont ils font l’objet en longueur de journée. Pour lui, les autorités doivent délivrer une carte de priorité permettant de vaquer librement à leurs activités. « Nous sommes au cœur de tous les événements sociaux, malgré tout, on n’a pas de statut. Le président IBK avait décidé de donner le statut, et de payer la facture d’électricité de certaines mosquées avant d’être renversé », a-t-il fait savoir.

L’Appel de HAIDARA

Selon lui, l’islam est aujourd’hui à la croisée des chemins et fait face à des ennemis surpuissants, voire des puissances mondiales qui ne veulent pas que la communauté musulmane soit unifiée. Face à ces menaces, il a invité les leaders musulmans à se donner la main pour faire face à l’adversité, aux calomnies, aux attaques verbales sur les réseaux sociaux. Par la même occasion, il les a invités à être des artisans de la paix. « Il faut que les leaders se donne la main. Restons unis, et le pouvoir nous respectera ».

Pour sa part, le ministre, Dr Mamadou KONE, a salué cette initiative du HCIM qui, selon lui, constitue une contribue de taille à la paix et au processus de refondation en cours dans notre pays. «Je suis convaincu que les leaders musulmans du Mali sont unis. Il n’y a pas inimitié entre les leaders. Je suis fière de voir que les musulmans, toute obédience confondue, sont ensemble ici pour se pencher sur toutes ces questions qui constituent un défi pour la communauté musulmane », a-t-il conclu.

Au terme de la cérémonie, le Mouvement pour la réconciliation des maliens dirigé par Akim ALLANSARY, a élevé le président du HCIM, au rang d’Ambassadeur de la paix en reconnaissance à ses nombreuses initiatives pour la consolidation de la paix et du vivre ensemble au Mali.

Les recommandations

Aux termes d’une journée de travail intense et de débats passionnants et fructueux, les participants ont fait 7 recommandations et pris 4 résolutions allant dans le sens de l’amélioration des conditions d’exercice et de pratique de l’islam au Mali.

Dans les conclusions qui ont sanctionné la rencontre, il ressort que l’atelier recommande aux autorités du Mali à prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre à la disposition de la communauté musulmane l’imprimé type et le cachet relatifs à la célébration du mariage religieux conformément au Décret n°2018-502/P-RM du 13 juin 2018.

L’atelier invite les autorités à prendre des mesures urgentes pour doter les leaders religieux d’un statut ; à la création d’une Agence nationale pour la gestion des écoles Coraniques.

De même, les participants exigent l’intégration des enseignants d’arabe, précédemment à la charge de la Libye, à la fonction publique des collectivités ; la création d’un Centre de formation continue des imams et la facilitation de l’intégration socioéconomique de ceux déjà formés par le Maroc.

Par ailleurs, l’atelier recommande à l’Etat du Mali d’apporter un appui substantiel au HCIM dans ses efforts de médiation, de réconciliation et de la consolidation de la paix. Enfin, les autorités sont invitées à donner un cadre institutionnel plus important à la CEFORPA.

Les 4 résolutions

Aux termes de la journée, l’atelier a également pris 4 résolutions, parmi lesquelles : la mise en place d’un Comité de suivi des résolutions et recommandations du présent atelier. Il s’agit aussi de faire une large communication autour des résolutions et recommandations de l’atelier ; prendre des dispositions afin de faciliter le dialogue, l’entente et la franche collaboration entre les leaders musulmans. Et enfin, renforcer mes échanges entre les organes nationaux avec les démembrements du HCIM.

Abdoulaye OUATTARA

Source: Afrikinfos-Mali

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