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Les Maliens face à leur destin : S’unir ou périr !

Villages encerclés par des hors la loi, interdiction faite aux paysans de récolter leurs champs et à l’administration d’appliquer les lois de la République sur une grande partie du territoire national, braquages des banques, citoyens dépouillés de leurs biens de jour comme de nuit… Le Mali vit cette menace depuis des années sans que cela ne soit au cœur des préoccupations des dirigeants. Et au lieu de donner une réponse cinglante aux ennemis de notre pays, les Maliens se sont engagés dans une course effrénée à l’argent facile et à occuper des postes à responsabilité, oubliant l’essentiel. À quand une véritable prise de conscience chez nos concitoyens ?

 

Depuis la confiscation des organes de la transition par les putschistes du 18 août, les Maliens se trouvent divisés entre ceux qui soutiennent les actions des militaires et ceux qui dénoncent leur gestion à travers la violation des textes qu’eux-mêmes et leurs affidés ont produits pour faire de cette transition la plus réussie au monde. Et pour ne pas arranger les choses, la publication de la liste des membres du Conseil national de transition (CNT) a mis le feu aux poudres. Elle a été contestée par ceux qui pensent que la nomination des membres a été faite en violation des textes et de façon solitaire par les membres du Comité national pour le salut du peuple (CNSP).

Sur ce plan, le constat est amer et l’amateurisme des militaires dans la gestion des affaires saute à l’œil nu. Ils ont coopté certains de leurs amis, connaissances comme au bon vieux temps de l’Union démocratique du peuple malien (UDPM, ex-parti unique) et désignés d’autres en dehors des entités citées par le décret de la clé de répartition. Depuis, le fossé de la division et de la haine ne cesse de s’élargir entre les couches socioprofessionnelles de notre pays, reléguant au second plan l’insécurité qui menace dangereusement la cohésion sociale.

Au lieu de jouer à l’apaisement pour convaincre les forces vives de la nation de l’impérieuse nécessité à se mettre derrière eux pour freiner l’avancée des forces occultes qui continuent de semer le chaos partout où ils mettent pied, les nouveaux seigneurs de l’échiquier politique national s’en moquent. Ils ont déjà pris goût aux délices du pouvoir. Et ce qui les intéresse, c’est de créer les conditions qui vont certainement les aider à se maintenir au pouvoir. C’est dans ce cadre qu’il faut situer la nouvelle tension née du choix hasardeux de certains membres du CNT. Ce qui compte pour eux maintenant, c’est de parader à Bamako en abandonnant les populations de Farabougou et d’autres localités à leur triste sort. Cet abandon des villages entiers entre les mains des hommes sans foi auraient poussé, selon certaines sources, plus d’une trentaine de villages dans le cercle de Niono à signer des pactes avec le diable (djihadistes). Une situation due à l’incapacité des colonels putschistes qui se déchirent pour des postes juteux à Bamako, ignorant la mission de défense et de sécurité à eux confiée par le peuple malien. Cet engrenage dans lequel les militaires de Kati viennent de nous plonger sera un autre temps perdu pour le Mali de sortir de l’instabilité permanente dans laquelle elle se trouve, depuis 2012.

Aujourd’hui, l’heure est grave. La gravité de l’heure interpelle les Maliens à s’unir ou à périr. Pour s’unir, en vue de ne toujours pas paraître comme la risée mondiale, il sera rappelé à chacun de nos compatriotes qu’il soit paysan, éleveur, pêcheur, artisan, cadre, militaire qu’aucun sacrifice ne sera de trop grand pour s’engager dans la lutte patriotique de sauver le Mali de toutes les menaces d’où qu’elles viennent. Pour ce faire, les Maliens sont appelés à faire l’union sacrée au tour des valeurs d’intégrité, don de soi, de patriotisme, de protection du bien public, du respect des autres.

Et pour ne pas périr, une véritable prise de conscience s’impose à tous les niveaux en mettant le Mali au-dessus de tout calcul partisan. Cette unité d’action, si les Maliens parviennent à la réaliser, mettra inéluctablement fin à la sauvegarde des intérêts des forces occultes avec lesquelles certains de nos concitoyens ont sciemment accepté de travailler pour tirer profit. C’est à cette seule condition que les querelles de clocher, d’égo, les guerres intestines entre groupes rivaux dans le seul dessein de piller les richesses nationales au profit du clan, la course effrénée au gain facile seront définitivement enterrés au grand bonheur du peuple malien. Et c’est à ce seul prix que les Maliens pourront sans démagogie réaliser le sursaut national pour l’avènement d’un nouveau Mali comme l’ont fait le président Modibo Keïta et ses compagnons de lutte pour nous amener à l’indépendance un 22 septembre 1960.

Le Mali rattrapé par les démons de la division et de la haine

Du 19 novembre 1968 à la gestion militaire du 18 août 2020, en passant par les régimes d’Alpha Oumar Konaré (1992-2002), Amadou Toumani Touré (2002-2012), la transition de Dioncounda Traoré (2012-2013) et d’Ibrahim Boubacar Keïta (2013-2020), la gestion partisane a toujours pris le dessus sur celle des grandes questions de la nation. Ces régimes, qui se sont succédé, ont fait de leur cheval de bataille la promotion d’une certaine catégorie de femmes et d’hommes dépouillés de tout patriotisme, de l’amour du travail encore moins d’un état d’esprit capable de maintenir un certain climat social fédérateur entre les filles et fils du pays. Ce qui comptait pour eux et à leurs yeux, c’était comment s’enrichir de façon fulgurante en se hissant à un rang social que rien ne leur prédisposait. Ces gens-là, pour mieux s’enraciner, ont, au cours de leur passage à différents postes à responsabilité dans l’administration, semé les germes de la division et de la haine en procédant par la corruption, l’affairisme, le népotisme, la concussion, la surfacturation.

Un des malheurs du peuple malien est que les présidents qui se sont succédé de 1968 à nos jours n’ont jamais cherché à réconcilier les Maliens avec eux- mêmes. D’ailleurs, ils ont misé sur les pratiques peu orthodoxes pour créer la chienlit dans le pays afin de sauver leur fauteuil. Et chaque fois que les Maliens se décident à se parler pour enterrer la hache de guerre, les démons de la haine et de la division surgissent de partout pour opposer les uns aux autres avec l’argent qu’ils ont volé dans les caisses de l’État. Ils (anciens cadres de l’UDPM reconvertis en démocrates au sein de l’ADEMA) ont volé en éclats l’espoir de la réconciliation nationale en 1991. Ce tournant raté, le Mali continue sa descente aux enfers.

En 2012, une lueur d’espoir renaît avec le coup d’État du capitaine Amadou Haya Sanogo. Mais, hélas ! Ils (cadres ADEMA) étaient là encore. Avec la complicité de la communauté internationale, ils ont retourné la situation en leur faveur. Que de désespoir pour le peuple malien !

 

Rebelote en 2020. Le 18 août, le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) est renversé par un coup d’État. Les auteurs du putsch manifestent leur volonté de rectifier le tir en donnant enfin le sourire au peuple malien. Mais il a suffi de quelques jours pour que ceux- ci tournent le dos aux revendications du peuple en s’accaparant de tous les leviers de commandant (politique, administratif, financier, économique) du pays. Pire, même les engagements qu’ils ont pris vis-à-vis du peuple malien et des organisations internationales viennent d’être violés: choix des dirigeants des organes de la transition, des membres du Conseil national de transition (CNT).

Il est temps de transcender nos inimitiés pour préserver le Mali et de comprendre que le temps joue contre nous en cette période d’insécurité caractérisée par des attaques à mains armées, d’incendies de récoltes, de braquages des établissements financiers.

Yoro SOW

Source : L’Inter De Bamako

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