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LES HUMEURS DE FACOH : Le cauchemar des partis politiques

Les règles constitutionnelles sont fixées chez nous depuis 1992 et gèrent nos élections. Si ATT n’avait pas été arrêté par un certain Amadou Haya Sanogo sorti de son bois de Kati en 2012 pour le stopper, les élections présidentielles auraient été tenues dans moins de trois mois.

Si IBK, dans sa course folle à l’enrichissement familial et dont le règne fut un grand regret pour le peuple malien, n’avait pas été déstabilisé par la bande à Assimi Goïta, le scrutin présidentiel se serait tenu dans les délais prévus par la constitution et par la loi électorale. Mais les prétoriens de Kati commandés par Assimi Goïta passèrent par-là, sauvant le Mali d’une République islamique dont personne y compris au sein de la classe politique, ne voulait pour des raisons politiques et culturelles.

A chaque élection, certains partis politiques déclarent n’être pas prêts pour aller au scrutin dont l’échéance est pourtant connue de tous, donnant ainsi la fâcheuse impression de ne pas chercher à exercer le pouvoir politique. En 2013, ils avaient évoqué la crise sécuritaire au nord pour empêcher cette élection qui pourtant eut lieu avec le succès que l’on sait.

Et maintenant le même refrain continue avec des arguments comme la désarticulation du nord, la pandémie de la Covid-19, la non révision du fichier électoral, la crise économique mondiale et les souliers perdus de Jean Foutre.

Il est vrai que sur les 208 partis politiques que compte le pays en ce moment, les 3/4 sont des groupuscules politiques qui ne doivent leur existence qu’au financement public décidé par les gouvernements d’Alpha Oumar Konaré et qui servit de strapontin à beaucoup d’hommes politiques pour monter des commerces, des entreprises et même des agences de voyages. Pourtant les pays occidentaux desquels nous tenons nos modèles démocratiques, ne comptent généralement au maximum que 2 grands partis politiques en dépit de la diversité des opinions. La France, depuis 1946 est alternativement gouvernée par la droite avec l’aide de petits partis qui se réclament de ce bord, et par la gauche le plus souvent pilotée par le parti socialiste et divers petits partis qui ont compris que leur survie politique passe par la participation aux gouvernements de gauche.

La Grande Bretagne, depuis l’époque victorienne qui prit fin en 1900, est gouvernée soit par les Conservateurs soit par les Travaillistes. Les USA, plus grands en superficie et en population que le Mali, depuis leur indépendance en 1796, ne connaissent que 2 grands partis politiques, les Républicains et les Démocrates.

En somme le nombre de partis politiques ne veut rien dire en démocratie et on peut même penser qu’un trop grand nombre de partis politiques nuit gravement à la marche de la démocratie parce que dans une société il ne saurait y avoir une telle pluralité d’opinions.

Dès la publication le 28 avril dernier du chronogramme des élections générales de 2022, c’est le branle-bas au sein de certains états-majors politiques. Pour ne pas se déclarer non partants, ceux-ci font des publications honteuses sur le nord et le centre du pays, débattent sur le calendrier électoral et la compétence du CNT à organiser une telle élection et finalement se déclarent impréparés pour 2022. Mais même si on recule cette échéance à 2030, beaucoup mourront avant d’accepter cette date.

François de Chateaubriand, écrivain majeur du XIXè siècle et homme politique de la Restauration et de l’Empire de Napoléon Ier, écrivait qu’il préférait le suffrage censitaire au suffrage universel parce que ce scrutin qui fait tant peur aux partis politiques, représente aussi un énorme gaspillage de papier et d’argent.

Dans le cas du Mali, il ne s’agit certes pas d’écarter le suffrage universel mais de prendre des dispositions constitutionnelles pour limiter le nombre des partis à 3 ou 4 et mettre fin ainsi au folklore des 200 et quelques partis qui du reste coûtent cher aux finances publiques pour du vaudeville. On salue ici le courage de Mamadou Igor Diarra de dissoudre son parti, « le Mali en action » (MEA) pour rejoindre l’URD non pas que ce parti soit plus populaire et porteur que d’autres, mais tout simplement pour éviter au pays un émiettement politique qui profiterait aux trublions de la société civile et de la religion.

Facoh Donki Diarra

Ecrivain Konibabougou

Source: Mali Tribune

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