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Kati : Le Blocus perdure

 Cela fait, aujourd’hui, cinq jours que les riverains de la route Bamako-Kayes-Diboli ont décidé d’organiser un blocus hermétique qui ne laisse passer aucun véhicule dans les deux sens. Hautement stratégique, ce tronçon a une importance économique très importante.

Au niveau de Kati, le blocus provoque des files kilométriques de véhicules sur la route. Citernes et autres camions de transport de marchandises diverses, sont très nombreux le long de la route. Les chauffeurs et apprentis des gros porteurs se tournent le pouce en priant pour un dénouement rapide de la situation.

Les pertes financières sont immenses pour les transporteurs et les opérateurs économiques. Des marchandises périssables qui devraient être livrées rapidement, sont bloquées depuis cinq jours. En cette période de pluies fréquentes, beaucoup de marchandises restent exposées aux intempéries avec des conséquences graves.

Nous avons rencontré un chauffeur transportant du ciment en provenance de San-Pedro en Côte d’Ivoire, à destination de Dio dans la Commune de Kati. Très inquiet devant la tournure que prend la situation, l’homme demande aux différents acteurs de trouver une solution rapide à la situation.

Mais il a peu de chance d’être écouté par les protestataires à l’origine du blocus. Postés aux abords de la route, jeunes, femmes et enfants continuent de manifester leur mécontentement. Ils se disent déterminés à maintenir le blocus jusqu’à la satisfaction de leurs doléances. A chaque cent mètres, une barrière surveillée par un groupe de jeunes interdit le passage aux usagers de la route.

Maîtres de la chaussée, ils ne laissent passer que quelques motocyclistes. Les véhicules ne franchissent pas les barrières. A part quelques rares exceptions comme les véhicules des journalistes. Un automobiliste a tenté de suivre notre véhicule de reportage, il a été vite stoppé par des enfants. Les plus jeunes surveillent la voie sous l’œil vigilant des grands, assis à l’ombre d’un camion garé au bord de la route. Devant la détermination des protestataires, notre automobiliste, qui voulait forcer le passage, a été contraint de faire demi tour.

Plus loin, à Kati Sanafara, un groupe de jeunes surveille la barrière sur la route. Daouda Magassa, l’un d’eux, est membre du « Collectif tous pour Nara ». Le jeune homme révèle qu’ils sont convoqués en réunion, mercredi à 10 heures, par le directeur national des routes, sur la question. Daouda Magassa affirme que tant que leurs doléances, au nombre de quatre, ne sont pas satisfaites, ils n’abandonneront pas la lutte.

Citant ces doléances, le jeune homme énumère : la démission de la ministre des Infrastructures et de l’Équipement, la réhabilitation de la route Kati-Kayes ainsi que la date de démarrage des travaux, la construction de l’aéroport de Kayes Dag Dag et la relance des activités de Transrail.

A la mairie de Kati s’est tenue, mardi, une réunion entre les leaders de la manifestation et les autorités locales (mairie, préfet, gouverneur, chefs religieux et coutumiers). Le but était, selon le deuxième adjoint au maire de Kati, Aliou Badra Sangaré, de négocier avec les jeunes afin de lever les barrières érigées dans la ville de Kati. Les jeunes ont accepté de lever ces barrières.

« Cet assouplissement du mouvement, a expliqué le deuxième adjoint au maire de Kati, permet de faciliter la mobilité des populations à l’intérieur de la ville ». Cheick Sadibou Togola, membre du Collectif Sirako, a précisé que les entrées et les sorties de la ville ne sont pas concernées par la mesure d’assouplissement.

Dans la ville de Kati, l’on peut voir des voyageurs qui, faute de moyens de transport, font des kilomètres à pied, leurs bagages sous les bras ou au dos. Malgré la longue distance qu’il vient de parcourir à pied, ce monsieur manifeste son soutien aux jeunes. Il demande aux autorités de prendre leurs responsabilités, vu l’importance du tronçon pour le pays.

Selon le deuxième adjoint au maire de Kati, Aliou Badra Sangaré, en vue de calmer la situation, la mairie tiendra, ce mercredi, une réunion extraordinaire du Conseil communal.

Le gouvernement, non plus, ne reste pas les bras croisés. Le Premier ministre, Dr Boubou Cissé, a rencontré, lundi, les leaders du Collectif Sirako. Rien n’a filtré officiellement de cette rencontre. Le chef du gouvernement descendra sur le terrain, à partir de mercredi. Il effectuera le trajet Bamako-Kayes par la route. Ce sera l’occasion de rencontrer, non seulement les protestataires, mais aussi les populations affectées par la dégradation très avancée de la route. Les riverains et les usagers s’attendent à des annonces du chef du gouvernement pour répondre aux doléances des initiateurs du blocus.

ABM/MD

Source: AMAP

 

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