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[Édito] La classe politique Malienne en faillite

Au Mali, des partis politiques largement discrédités, l’immense capacité de mobilisation du M5-RFP à Bamako était sans doute due à l’influence de l’imam Mahmoud Dicko, signe d’une faillite sans précédent de la classe politique.

Parmi plus de 200 partis politiques de 1991 à nos jours, même s’il faut reconnaître que quelques partis font le job, aucun d’eux n’est capable ni de mobiliser le peuple sans se faire épauler par un guide religieux ou chef traditionnel ni de proposer un projet de société pour satisfaire les besoins fondamentaux des Maliens ( sécurité, alimentation, éducation, emploi), un constat qui fait l’unanimité chez la quasi totalité des maliens .

Ainsi en juillet dernier le révélait un sondage de l’Afrobarometer : à ce résultat l’indice de confiance dans le président de la République se situait à 47 %, celui des partis au pouvoir était à 38 % et celui des partis d’opposition à 37 %. Tous considérés comme la même marque de produits, en ce sens qu’un farouche opposant d’hier peut devenir ministre le lendemain sous le prétexte de gouvernement d’union nationale.

Dans ce même sondage, “ce sont les chefs traditionnels, les forces de sécurité et les leaders religieux qui bénéficient de l’indice de confiance le plus élevé (ainsi respectivement 83 %, 82 % et 78 %).” Et d’ailleurs l’un des barons de la classe politique malienne, ne voulant pas se voir éclipsé sur la scène politique lance un nouveau mouvement politique pour une soi-disante refondation du Pays, comme si quand l’Etat s’effondrait il était absent, face à l’impopularité grandissante, il s’est fait épaulé par un guide religieux qui non plus n’est pas à sa première fois d’apporter son soutien à un politique. Cette situation n’est pas singulière à eux, c’est la classe politique dans son ensemble.

L’armée, acteur politique

Voilà l’armée fixant l’agenda politique nationale et internationale du Mali au grand dame de ces partis politiques qui semblent incapables de défendre un programme, un projet de société, se contentant de critiquer, parce que les sièges gouvernementaux ne les ont pas été octroyés. Sans faire l’apologie d’un régime militaire, est-ce mauvais pour le Mali d’être dirigé par les militaires ? Quel homme politique pourrait encore gagner la confiance des Maliens ?

Il est clair, un parti politique n’est parti que lorsqu’il dispose un projet de société avec des objectifs ciblés par des indicateurs vérifiables, au demeurant nous ne sommes pas dans une logique lorsqu’il s’agit d’opposant au Mali. Ce sont de même gens qui veulent gérer le même système.

Pour l’heure, ce sont ces militaires qui assurent le chapitre politique, fixent le tempo et deviennent omniprésents dans toutes les institutions, avec l’existence de deux normes suprêmes ( la constitution et la charte de transition) qui s’emboîtent et la cacophonie juridique s’installe peu à peu. Quelle solution ?

Et une chose est sûre, les Maliens se préoccupent peu du statut social ( civil, politique, technocrate ou militaire ) de celui qui gouverne, ils ont juste besoin d’une justice sociale, d’une école qui instruit les enfants, d’une agriculture qui nourrit les populations, une reddition des comptes de la part des responsables, de la fin du népotisme et de la corruption généralisée, etc…

Aujourd’hui, au Mali et à l’extérieur de ses frontières, beaucoup d’observateurs pensent que cette crise représente une occasion en or pour changer la façon de faire la politique au Mali, repartir sur des bases politiques plus raisonnables et dignes d’un MaliGrand.

Face à cette perte de confiance, en dehors d’une armée, par nature mal outillée pour gouverner, le peuple est dans l’attente de son Messie tant attendu, qui va tirer le Mali du danger, du malheur vers le bonheur.

Et si, en définitif, le peuple Malien devient le grand vainqueur du coup d’état du 18 août, une chose est vraie: il ne peut y avoir de développement, et encore moins de développement durable, dans un contexte d’insécurité moins encore l’instabilité politique, la violence et le conflit.

Guindo Issiaka, étudiant à l’université Paris Descartes.

Source: Mali-Online

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