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Crise burkinabè : La réponse gouvernementale jugée problématique

Face à la recrudescence des attaques au Burkina Faso, l’international Crisis Group, qui est un groupe d’experts, a rendu publique ses analyses sur cette situation. Intitulé « Burkina Faso : sortir de la spirale des violences », ce groupe montre des pistes de sortie de crise.

« La réponse essentiellement militaire du gouvernement [burkinabè NDLR] et le recours à des civils armés sur lesquels il n’exerce qu’un contrôle limité ont conduit à des abus favorisant les recrutements jihadistes et leur basculement dans une violence aveugle. » Cette remarque est celle faite par le Crisis group dans son rapport Afrique N°287 du 24 février 2020.

Analysant la recrudescence de la crise sécuritaire au Burkina Faso, depuis quelques années, pire en 2020, le Crisis Group estime que les autorités du pays ont une grande responsabilité. Faisant remonter les origines de cette crise jusqu’aux contestations ayant conduit au coup d’État perpétré contre l’ex-chef d’État, Blaise Compaoré, ce groupe d’experts retrace comment cette crise sécuritaire s’est muée en conflit intercommunautaire à cause de la création de groupes d’autodéfense encouragée notamment par les autorités en place.

« Pour pallier les lacunes des forces de sécurité, notamment l’insuffisante couverture du territoire, les autorités burkinabè ont encouragé la formation de groupes d’autodéfense à base communautaire et, plus récemment, ont annoncé le recrutement de volontaires de la défense », explique-t-on pour ensuite préciser que cette mesure pourrait aggraver la crise sécuritaire par le fait que l’armement des civils sera difficilement contrôlable. Du coup, ladite mesure pourrait aggraver « les fractures locales » et donner « lieu à de nouvelles violences. »

« Ce contexte a facilité l’implantation rapide de groupes jihadistes en zone rurale, faisant du Burkina Faso le pays sahélien le plus ciblé par leurs attaques en 2019 », estime le groupe d’experts.

Selon le Crisis Group, depuis 2015, plus de 550 attaques ont été revendiquées par différents groupes armés, jihadistes ou non au Burkina. Le groupe d’experts indique que « 66 pour cent de ces attaques ont eu lieu en 2019. »

« Pour enrayer cet engrenage, le gouvernement devrait limiter le rôle des civils dans la lutte contre-insurrectionnelle, instaurer des garde-fous contre les abus des forces armées et développer une approche intégrée de la sécurité. À long terme, il est crucial de régler la question foncière qui sous-tend souvent les conflits en zone rurale », recommande-t-on.

Outre cette mesure, le Crisis Group recommande également : « Les autorités burkinabè devraient inscrire l’action militaire dans une approche plus globale afin de traiter des dimensions politiques de ces insurrections. L’Etat pourrait sauvegarder la cohésion sociale dans les zones rurales, aujourd’hui menacée, en luttant contre la stigmatisation communautaire, en favorisant la résolution des conflits locaux y compris via des mécanismes intercommunautaires et la négociation avec certains insurgés, et en démontrant l’utilité de sa présence. »

F. TOGOLA

Source: Journal le Pays- Mali

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