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Camp des déplacés de Sokoura: la situation humanitaire est précaire

La région de Mopti est confrontée à une situation d’insécurité depuis quelques années. Beaucoup de personnes se sont déplacées vers les chefs-lieux de cercle. A Mopti, l’on compte 35 sites, dont 9 sites de regroupement. Notre équipe de reportage s’est rendue sur le site de Sokoura, situé à la périphérie de la ville de Sevaré. Dans ce camp, les déplacés vivent dans des conditions difficiles après avoir perdu tout dans leurs villages à cause de l’insécurité. Le premier besoin de ces déplacés est alimentaire.

 

Plus de 157 000 déplacés enregistrés
Pour bien cerner la situation des déplacés dans la région de Mopti, nous avons échangé avec le chef de la Division défense et protection sociale de la Direction régionale du développement social et de l’économie solidaire de Mopti, Boubacar Djambeidou DIALLO.
Il a informé qu’aujourd’hui en matière de déplacés, la région Mopti a enregistré le plus grand nombre.
« Près de la moitié des déplacés du pays se trouve dans la région de Mopti. A la date du 31 mai 2021, les services du développement social et de l’économie solidaire ont enregistré 157 415 personnes déplacées internes dans la région de Mopti pour plus de 27 000 ménages. Dans tous les chefs-lieux de cercle, il y a des déplacés », a expliqué M. DIALLO.
Il a déclaré que Mopti a besoin d’une attention particulière du gouvernement et des partenaires humanitaires.
« Les personnes déplacées ont quitté leurs lieux en abandonnant tout. Certains sont venus seulement avec les habits qu’ils portent. Là où ils sont, ils n’ont pas de terre. Ce sont des cultivateurs et des éleveurs qui n’ont ni terre cultivable ni animaux. Le bétail a été emportés et les maisons détruites », a déploré le chef de Division défense et protection qui a souligné que dans la région de Mopti la situation humanitaire est encore critique.

La crise alimentaire
Se prononçant sur la crise alimentaire, Boubacar Djambeidou DIALLO a fait savoir que l’insécurité alimentaire concerne les déplacés tout comme ceux qui sont restés sur place.
« Ceux qui sont restés sur place ne peuvent pas se déplacer à plus d’un kilomètre de leurs villages. Donc, impossible de cultiver ou de faire l’élevage. Ils ont besoin d’une assistance particulière », a plaidé M. DIALLO.
Il a souligné que les déplacés ne vivent que de l’assistance et le premier besoin est alimentaire. Selon M. DIALLO, des partenaires appuient l’Etat pour faire face à ces besoins, mais parfois les appuis tardent à venir.
« Nous sommes en contact avec les partenaires pour mettre en place des actions dans le cadre d’une solution durable, à travers des activités génératrices de revenus. Notre ambition est que les déplacés puissent faire des activités génératrices de revenus et se prendre en charge », a-t-il expliqué.
Il a reconnu que l’Etat et les partenaires font beaucoup de choses pour les déplacés sur le plan alimentaire. Comme preuve, M. DIALLO a informé que durant le premier semestre 2021, l’Etat a mobilisé plus de 100 tonnes de céréales. Les partenaires, précise-t-il, ont également mobilisé pratiquement la même quantité.
Il a indiqué que les appuis non vivres sont entre autres des kits cuisines, des nattes, des moustiquaires, de l’aliment bétail, des kits de dignité pour les femmes…
Par ailleurs, le chef de Division défense et protection sociale a fait remarquer que même en temps normal il y a des problèmes en matière de prise en charge alimentaire dans la région de Mopti.
C’est pourquoi, dit-il, toute action qui vise à apporter une aide alimentaire durant cette période de crise sécuritaire ne peut qu’être salutaire.
Il a profité pour saluer l’arrivée du Président de la Transition dont l’objectif est de lancer l’opération de distribution gratuite de vivres au profit des populations vulnérables.
Le responsable de la Direction régionale du développement social et de l’économie solidaire a souhaité que les besoins prioritaires des déplacés soient soulignés au Président de la Transition pour que des appuis leurs soient destinés.
Des conditions de vie précaires
Dans le camp des déplacés de Sokoura, à quelques encablures de la ville de Sevaré, la misère est visible sur les visages des déplacés. Logés sous des tentes offertes par le UNHCR, ce camp compte plusieurs familles de déplacés venus des cercles de Bandiangara, Bankass, Douentza et Koro.
Le chef du village, Oumar BARRY, a indiqué que le camp de Sokoura compte 129 ménages composés d’hommes, de femmes et d’enfants. Il a mis l’accent sur les difficultés alimentaires auxquelles les déplacés font face au quotidien.
Selon le chef de village, le gouvernement et certains projets apportent des appuis alimentaires aux déplacés. Il a précisé que le plus souvent ces appuis qui sont loin de couvrir tous les besoins alimentaires des familles connaissent des moments de rupture.
«Souvent nous pouvons faire 3 mois, voire 6 mois sans appui alimentaire. Cela fait maintenant 8 mois que nous ne recevons pas l’appui humanitaire du PAM. Des chefs de villages se rendent en ville pour faire des petits travaux pour gagner un peu d’argent. Avec l’hivernage beaucoup veulent cultiver, mais nous n’avons pas de champ. Nous demandons l’appui des bonnes volontés pour la mise en place d’activités génératrices de revenus pour les hommes et pour les femmes », a plaidé Oumar BARRY, chef de village du camp des déplacés de Sokoura.
Il a fait savoir que le retour au bercail n’est pas encore à l’ordre du jour, car l’insécurité persiste toujours.
Tout comme les hommes, les femmes aussi vivent le calvaire. Oumou BADIAGA, ménagère, a exprimé son cri de cœur. Après avoir quitté son Baré Darsalam natal, dans le cercle de Bankass, il y a de cela trois ans, à cause de l’insécurité, elle vit dans le camp de Sokoura dans des conditions pénibles.
« Nous avons fui notre village à cause de l’insécurité. Notre souci majeur est relatif au problème alimentaire. Souvent des projets nous appuient. Cela fait longtemps que nous ne recevons pas ces aides. Souvent je pars en ville pour faire la tresse et acheter de la nourriture pour mes quatre enfants », expliqué Oumou BADIAGA.

L’appui de l’UNICEF pour la scolarisation
Le camp compte plusieurs enfants, dont certains n’ont jamais été à l’école et d’autres ont abandonné à cause de l’insécurité. A travers l’appui de l’UNICEF, une école est ouverte dans l’enceinte du camp de Sokoura.
Bouréima TALL, l’un des enseignants, a expliqué que la formation se fait à deux niveaux.
Le niveau I concerne les enfants qui n’ont jamais été à l’école auparavent. Leur formation est axée sur les initiales de base. Quant au niveau II qui regroupe les anciens élèves qui avaient abandonné l’école à cause de l’insécurité, la formation permet d’améliorer leurs niveaux afin qu’ils intègrent le système classique.

PAR MODIBO KONE

Source : INFO-MATIN

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