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Assises de Bamako au Mali : Victimes du gain facile

Ils vivent dans des pays séparés par des milliers de kilomètres. Mais ils se sont retrouvés devant les mêmes juges pour des infractions similaires

 

Ce sont des dossiers relatifs aux cas de « trafic international de drogue à haut risque » qui étaient sur le bureau des juges vendredi dernier pour être jugés. Le premier mis en cause à se présenter à la barre se nomme MJP. De nationalité angolaise, ce jeune homme de 35 ans a été pris à l’aéroport international Président Modibo Keïta de Bamako/Sénou, en possession d’une certaine quantité de boulettes de cocaïne, estimées à la pesée à un 1,5 kg.

L’homme a été pris alors qu’il avait en sa possession la drogue et tentait de passer à travers les mailles des filets des agents de contrôle. Mais hélas. Il a été interpelé sur place avant d’être inculpé et envoyé pour être jugé en assises pour l’infraction citée plus haut. Celle-là même qui est retenue sur la base des dispositions de l’article 95 de la loi n°01-078 du 18 juillet 2001 sur le contrôle des drogues et précurseurs en République du Mali. C’était dans la nuit du 13 au 14 Avril 2017 à 1 heure du matin.

L’avion d’une Compagnie aérienne venait de se poser sur le tarmac de l’aéroport international Président Modibo Keïta. L’appareil avait quitté Sao Paolo (Brésil) via Casablanca (Maroc). Tout se passe normalement pour tous les passagers qui sont passés aux différentes phases de contrôle. Mais les choses commencent à se compliquer pour le jeune Angolais lorsque les agents l’ont fouillé beaucoup plus profondément.

Grâce aux techniques dont ils sont les seuls à détenir le secret, ils ont compris que ce passager avait ingéré des boulettes de cocaïne. Par la suite, il est passé par un test d’urine qui ne donne rien. C’est la radiographie abdominale qui a révélé la présence du produit prohibé dans son estomac. La suite était simple pour qu’il puisse les expulser hors de son estomac. à la pesée les boulettes ont été estimées à 1,5 kg de drogue.

Quasiment pris les mains dans le sac, MJP a été gardé dans les locaux de la DGSE avant d’être mis à la disposition de l’antenne rive gauche de l’Office central des stupéfiants (OCS) pour la suite de la procédure.

Depuis l’instruction de son dossier, il a, sans ambages, reconnu les faits. Et pour les justifier, il a avancé des raisons de « nécessité financière ». Trop simpliste pour une telle infraction. Visiblement, beaucoup d’indices laissaient à penser que ce jeune homme était à sa toute première expérience dans une affaire du genre.

Face aux juges, sans grande gêne, il a tout d’abord expliqué que la drogue était destinée au Mali. Ensuite, il a précisé qu’il a accepté d’assurer le transport de cette drogue moyennant la somme de 3.000 dollars pour faire face aux dépenses liées à la maladie de sa mère qui serait gravement malade au pays. Mais avant, le jeune homme a clairement avoué qu’il connaît les risques qu’il encourt en acceptant les conditions d’un tel voyage avec un produit hautement prohibé.

à la question de savoir ce qu’il faisait au Brésil, d’où il est parti avec son produit, l’accusé a détaillé qu’il y faisait le commerce, sans donner plus de détails. Et que, c’est comme cela qu’il aurait rencontré un compatriote et ressortissant nigérian qui lui a fait la proposition. Proposition selon laquelle, il devrait transporter de la drogue du Brésil au Mali via le Maroc.

Une fois arrivé au Mali, une autre personne devait le rencontrer à l’aéroport pour la réception pour se charger de la suite. Bref, l’accusé a expliqué que ses employeurs l’avaient rassuré sur le fait que le voyage se passera bien. Dans la foulée de ses explications, l’homme a brièvement brossé sa condition de détention au niveau de la DGSE avant que celle-ci ne le mette à la disposition de l’Office central des stupéfiants.

Très loquace à la barre, le jeune Angolais semblait même coopérer pour faciliter la tâche aux jurés. Toutefois, s’il faut le croire, il met son arrestation sur le compte d’une trahison, voire d’un complot. Quoi qu’il en soit, le trafiquant n’a ; à aucun momen ;t varié dans ses propos selon lesquels il aurait agi juste pour avoir les moyens financiers de soigner sa mère malade.

Les juges l’ont attentivement écouté avant de lui rafraichir la mémoire. Ils lui ont clairement fait savoir que les raisons financières ne devraient , en aucun cas, justifier son agissement. Ils ont ensuite estimé que rien ne pouvait l’empêcher de travailler et de gagner dignement de l’argent pour faire face aux dépenses citées au lieu de courir vers le gain facile.

Dans son réquisitoire, le ministère public s’est juste limité à évoquer la simplicité et la constance des faits. Parlant de l’accusé, il a été, on ne plus clair. « Ce sont des gens qui exposent nos enfants à la délinquance avec leurs produits ». C’est pourquoi dans la même logique, le défenseur des citoyens a requis de le maintenir dans les liens de l’accusation sans possibilité de bénéficier des circonstances atténuantes.

La Défense n’était pas de cet avis. Elle a centré son intervention sur le courage et la sincérité dont a fait preuve son client face aux juges. La robe noire est allée jusqu’à saluer le fait que l’accusé a « coopéré » en détaillant le mode opératoire de l’opération à la suite de laquelle il s’est (malheureusement) retrouvé devant des juges qui vont décider de son sort. L’avocat qui pense que son client a été « piégé », estime que celui-ci a droit à une réduction de peine au cas où…, avant de plaider pour de larges circonstances atténuantes.

Aux termes des débats, les jurés semblent avoir partiellement entendu les « cris de cœur » de la défense. Ils ont reconnu le jeune Angolais coupable tout en lui accordant des circonstances atténuantes. Celui-ci a écopé de cinq ans de prison et d’une amende de 2 millions de FCFA.

Tamba CAMARA

Source : L’ESSOR

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