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Après-IBK : Et les morts de Badalabougou ?

Tout se passe comme si on avait oublié les jeunes gens fauchés par balles en tentant de défendre l’imam Mahmoud Dicko à Badalabougou. Dans la nuit des terribles moments des 10, 11, et 12 juillet 2020, les tireurs cagoulés de l’ancien régime ont endeuillé toute la nation. La colère des Maliens était montée d’un cran lorsque ces jeunes ont donné leur vie pour un idéal de démocratie et de justice. C’est en ces moments que certains soutiens du régime défunt ont définitivement lâché le président IBK.

Six mois après les tueries, on semble oublier le sacrifice de ces jeunes naïfs séduits par un discours de changement. Ce sont quelques inconditionnels du M5-RFP qui se battent pour que les auteurs des tueries soient poursuivis. La bataille pour les sièges et les postes nominatifs a pris malheureusement le dessus sur les convictions démocratiques pour lesquelles ces jeunes gens sont morts. Les blessés, témoins vivants des événements atroces sont plus meurtris lorsqu’ils entendent des responsables qu’ils ont suivi dans les rues lugubres de la mosquée de l’imam Dicko.

Ce dernier parle peu des morts et des éventuelles poursuites contre les auteurs des tueries sauvages en pleine ville de Bamako. Comme dit un adage Bambara, lorsque la punition divine tarde, c’est qu’elle est allée chercher un gourdin punitif. C’est dire qu’il y aura d’une manière ou l’autre une justice pour les âmes fauchées par l’ancien régime et ses bras armés. En attendant, les victimes et leurs proches ne peuvent que se demander pourquoi on ne cherche pas les auteurs et les complices des tueries.

Une chose est sûre, les autorités transitoires n’ont pas l’intention de faire du cas des victimes de Badalabougou et d’ailleurs une priorité. Les enquêtes ouvertes par l’Etat n’ont abouti à rien comme résultat. Du moins, l’opinion nationale ne sait rien sur les conclusions de ces enquêtes si elles ont réellement été menées. Les organisations de défense des droits de l’homme non plus ne parlent pas de ce qui s’est passé. Pourtant, les tireurs étaient bien surveillés par de nombreux observateurs qui ont documenté les scènes de crime.

Il suffit d’un peu de volonté politique pour que les responsables de ces tueries soient démasqués au grand public. Si la transition n’en fait pas une priorité, les organisations de défense des droits de l’homme ne comptent pas lâcher l’affaire. Au bon moment, les auteurs et leurs complices seront poursuivis selon des observateurs qui estiment qu’un travail professionnel doit être mené d’abord pour qu’il n’y ait pas d’échappatoires.

Source: La Sirène 

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