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Affaire Bandiougou Doumbia : pardon d’accord, mais justice d’abord

C’est la troisième fois, que le sulfureux prêcheur s’en prend, avec une rare violence, à la première institution de notre pays. Sans être rappelé à l’ordre par ses pairs du Haut Conseil Islamique. Celui-ci, contre toute attente, sort de son sommeil pour « demander pardon » au président de la République. Et, du même coup, espérer obtenir la libération du prêcheur controversé.

Après ATT, Pr Dioncounda Traoré, président de la République sous la transition, c’est au tour d’IBK et de sa famille de subir les foudres du prêcheur Bandiougou Doumbia.

« Nous préférons Koufa à IBK »

Dans une vidéo, qui a enflammé, dimanche dernier, les réseaux sociaux, le leader de l’association islamique « Nouredine » s’attaque – avec une virulence inouïe – au président de la République ; mais aussi, à sa famille.
« Amadou Koufa et ses hommes sont plus respectés que l’Etat malien au Centre du pays. Ils sont plus craints et respectés que les autorités maliennes sur place. Aujourd’hui, dans le Centre du pays, les populations ont plus de respect et de considération pour les terroristes. Elles se sentent protégées par ces derniers que par l’Etat malien », dit-il, les gestes hauts et forts, dans cette vidéo, devenue virale. Avant de poursuivre, le verbe haut : « Nous préférons Amadou Koufa à IBK ».
Pire, Bandiougou Doumbia solde ses comptes avec IBK et avec sa famille. Sans raison apparente.
Résultat : le lundi 17 février, il est interpellé, le matin, à son domicile, par la Brigade d’Investigation Judiciaire. Et placé en garde à vue. Et le lendemain, il est inculpé « d’apologie du terrorisme ». Avant d’être placé sous mandat de dépôt.
Dans un pays où, le terrorisme fait – chaque jour que Dieu fait – des dizaines de victimes, civils comme militaires, les propos de Bandiougou Doumbia sont jugés « inacceptables » par l’écrasante majorité de la population. Laquelle demande à la justice d’aller, cette fois-ci, jusqu’au bout.

Un récidiviste notoire

Ce n’est pas la première fois que le leader de l’association islamique « Nouredine » s’en prend à la première institution de notre pays. Pour n’avoir pas été reçu en audience par le président ATT, en 2009, il diffuse un enregistrement audio, dans lequel il traite le président de la République d’alors de tous les noms d’oiseau.
« Désormais, je vais chercher à voir ATT ; mais si je n’y parviens pas, je fais une autre cassette », menaçait-il à l’époque. La suite, on la connaît. Le sulfureux prêcheur avait été reçu, en audience, par ATT. Lequel lui aurait même octroyé un logement social, celui dans lequel il vit.
« J’ai été reçu par ATT. On s’est compris », a-t-il déclaré à la presse. De sources bien informées, il aurait présenté ses excuses à ATT pour échapper à son interpellation par les agents de la Sécurité d’Etat, en branle.
Censé y mettre le holà, le Haut Conseil Islamique n’a pas levé le petit doigt pour rappeler Bandiougou Doumbia à l’ordre. Sous la transition, dirigée par Pr Dioncounda Traoré, Bandiougou Doumbia remet le couvert. Dans ses prêches enflammés, il s’en prend, de nouveau, au président de la République d’alors. Même ses ministres en ont eu pour leur grade. Mais ce dernier l’a ignoré.
Il a fallu attendre, dimanche 16 février, pour voir le très controversé prêcheur récidiver, cette fois-ci, contre IBK.

Menaces de mort contre la famille d’IBK

Plus grave, le leader de l’association « Nouredine » ne se contente pas de faire l’apologie du terrorisme, il va plus loin en proférant des menaces publiques contre l’épouse du président de la République et ses enfants.
« Nous ne souhaitons pas qu’une crise éclate à Bamako ; mais, si jamais elle éclate, nous vous retrouverons et vous trancherons la gorge », menace-t-il.
Malgré la gravité de ces propos, le Haut Conseil Islamique est resté de marbre. Il n’a ni rappelé à l’ordre le prêcheur, ni condamné ses propos.
Il a fallu attendre le placement de Bandiougou Doumbia sous mandat de dépôt pour que le Haut Conseil Islamique donne de la voix.
« Nous condamnons les propos de notre collègue contre le président de la République et sa famille. Et nous demandons pardon en son nom, en espérant le voir libérer les jours à venir », disait, la semaine dernière, un membre du Haut Conseil Islamique, sur les antennes d’une radio privée de la place. Le médecin après la mort, serait-on tenté de dire.
Pardon d’accord, mais justice d’abord, répond l’écrasante majorité des Maliens. Lesquels souhaitent que cette troisième attaque de Bandiougou Doumbia contre les premières institutions de notre pays soit la dernière.
Pour cela, ils demandent à la justice d’aller jusqu’au bout.
L’audience de comparution de Bandjougou Doumbia est prévue pour le 09 mars prochain.

Oumar Babi/Canarddechaine

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