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Ukraine : Poutine en guerre contre la planète

Ce qui était annoncée comme une opération commando de courte durée est en train de s’engluer dans le temps. Au grand dam de Vladimir Poutine dont la face devient hideuse à mesure que l’aventure ukrainienne traîne en longueur.

 

Selon les toutes dernières évolutions, la Russie, deuxième puissance militaire du monde derrière les États-Unis, s’est vu contrainte d’envisager un élargissement de son offensive sur l’Ukraine dont les grandes villes, sans être inexpugnables, s’annoncent plus dure à dompter que prévu. Pendant ce temps, l’étonnante résistance ukrainienne gagne en admiration et en sympathie à travers le monde depuis quatre jours que V. Poutine s’est lancé dans une guerre fratricide contre l’un de ses plus proches voisins, auquel il fait subir aujourd’hui une horreur martiale à peine distincte de celle que les deux pays frères avaient jadis partagée et qui avait forgé leur communauté de destin jusqu’au divorce unilatéralement décrétée par Moscou en 1991.

Comme le relatent les films soviétiques de l’après deuxième guerre, les sirènes retentissent journellement de toutes parts et les charges balistiques pleuvent sur nombre de contrées ukrainiennes devenues tristement célèbres par les scènes de désolation créées par l’agresseur russe : populations désemparées qui cherchent désespérément refuge contre les tirs, sauve-qui-peut et bousculades aux portillons des trains de l’expatriation forcée, familles disloquées par l’instinct de survie et réduites à dépendre de la mansuétude de pays voisins, immeubles éventrés et des blessées et des morts qui se ramassent à la pelle, enfants innocents enjambant péniblement avec leurs mères les routes de l’exil. C’est le triste sort que le chef incontestable du Kremlin a choisi pour un peuple voisin lié au sien par le nombril des âges, de l’histoire et du brassage séculaire. Et les raisons évoquées n’ont pas manqué mais elles sont si diverses et variées qu’elles ont de la peine à convaincre. Il était question pour un départ de libérer les russophones du Donbass (Donetsk et Lougansk) du joug chauvin de Kiev, mais cet alibi a vite évolué et s’est mué en soi-disant menace que fait planer sur Moscou le spectre d’une instrumentalisation des autorités ukrainiennes à des fins d’encerclement de la Russie par l’Alliance Nord Atlantique (OTAN). Au nombre des motivations figurent également les ardeurs expansionnistes que cache la négation de l’Ukraine en tant que nation, etc. En définitive, la pluralité des arguments rend si insaisissable et illisible le dessein véritable du Kremlin qu’on est plutôt tenté de les attribuer à tout cet aréopage de motifs aussi spécieux et irrationnels les uns que les autres. Sur la crainte d’une adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, par exemple, Vladimir Poutine n’ignore pas que le processus se heurte depuis longtemps à la situation qu’il a délibérément occasionnée au Donbass et que l’Ukraine demeure inéligible à l’OTAN aussi longtemps que son intégrité territoire est conflictuelle. Quant à la dénégation du statut de nation à l’Ukraine, elle tient tout simplement de l’absurde puisque la Russie actuelle tient bel et bien ses racines de l’antique Russie Kievienne.

Reste à présent la motivation la plus plausible : le désir de ramener le pouvoir de Kiev dans le giron de Moscou après y avoir perdu pied depuis le renversement de l’allié Ianoukovitch par la révolution du Maiden. Une autre absurdité que la reconquête d’un voisin direct auquel l’autodétermination et la séparation ont été imposées à son corps défendant par le défunt mentor de Poutine, Boris Yeltsin, alors sous l’influence du mercantilisme avide d’une élite russe post-soviétique pour qui les anciennes républiques n’étaient plus que de de gênants fardeaux de la Russie. L’Ukraine paierait, en définitive, pour une autonomie à laquelle elle a pris goût sans l’avoir cherchée et son orientation vers un Occident démocratique qui lui a tendu le bras lorsque son puissant voisin était plus replié sur ses intérêts propres. Au point d’afficher une indifférence relative jusqu’aux conséquences de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl par exemple.

Mais, la plus grande absurdité consiste à retourner la roue de l’histoire par une guerre asymétrique certes perdue d’avance par l’Ukraine, mais que le président Poutine n’aura pas gagnée en échangeant le charme de sa mystérieuse personnalité contre une antipathie aux proportions virales. Car, depuis le déclenchement de l’ogre russe contre l’Ukraine, le rejet du président russe à travers le monde est inversement proportionnel aux manifestations de soutien à son faible adversaire. Il en résulte que le défi de Poutine est désormais de gagner la guerre contre l’ensemble de la planète qu’il menace de détruire par l’ultime recours au nucléaire. Alors que le cercle des amis de Zelinsky s’amplifie de jour en jour, le président russe aura-t-il l’audace de mettre en exécution la terreur promise à ceux qui seraient tentés d’interférer ?

A KEÏTA

Source : Le Témoin

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