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Tabaski 2022: les moutons hors de portée

Appelée Aïd el-Kébir, ou encore fête des moutons, la Tabaski est prévue pour le samedi 9 juillet prochain au Mali. Cette année, avec les facteurs combinés de la crise sécuritaire, de la mauvaise pluviométrie et de l’embargo que subit notre pays depuis 6 mois, c’est désormais la croix et la bannière pour se procurer le mouton qui est pourtant recommandé dans la célébration de la Tabaski.

 

Dans les perspectives de cette fête religieuse, nous avons fait le tour des plusieurs points de vente de moutons. La triste réalité est qu’il serait difficile pour les chefs de famille de s’en procurer.

Malgré que le Mali soit réputé pour la richesse de son cheptel, se procurer un mouton par un Malien lambda, qui vit au seuil de la pauvreté relève du parcours de combat.  Et pour cause, à moins de 15 jours de la fête, l’atmosphère reste un peu morose au niveau de la plupart de points de vente de la capitale. Ce qui n’est pas habituel dans les années précédentes où l’engouement se faisait sentir à deux ou trois semaines de la fête.

Dans l’ensemble, les marchés que nous avons visités, les moutons sont devenus beaucoup plus chers que l’année passée.  Remarque : les moutons qui se vendaient à 50 000 FCFA se vendent maintenant à 75 000 FCFA et celui de 80 000 FCFA à 100 000 FCFA ; soit une augmentation de 20 000f ou 25.000f sur chaque mouton, selon la préférence des clients.

Cette flambée de prix s’explique, selon les vendeurs de moutons, par la condition difficile dans laquelle l’élevage se pratique ces derniers temps.

Ainsi, la mauvaise pluviométrie, la mauvaise récolte et surtout la présence djihadistes ont eu des impacts négatifs dans la pratique de l’élevage. En effet, les aliments sont devenus de plus en plus rares. « Le mil et le maïs sont devenus plus chers que le riz, leurs utilisations se font rares dans les foyers. Pourtant, leurs sons servent d’aliments nutritifs pour les bétails. Il est impossible d’acheter les aliments de bétail très chers, nourrir les moutons avec, et les vendre moins cher », a dit Daouda BAGAYOGO, vendeur occasionnel de mouton sur le Terrain Chaba transformé pour occasion.

Selon lui, il achète le sac de son de maïs à 14 000 FCFA maintenant, contre 3000 FCFA il y a peu de temps.

Daouda BAGAYOGO déplore le fait que le sac de cinquante kilos du tourteau se vende à 17.500f, malgré que le coton soit cultivé au Mali et c’est pourquoi les prix de ses moutons varient entre 275000 FCFA et 100 000 FCFA.

« La faute n’incombe pas de nous, car, les aliments bétails sont devenus chers », s’est-il justifié !

Si M. BAGAYOGO se plaint du prix d’aliments de bétail, Makan SACKO n’en dit pas moins, puisqu’il a dit avoir acheté récemment le sac de tourteau à 20 000 FCFA.

Il regrette que les foins soient aussi chers, et seules les herbes ne suffisent pas pour nourrir les moutons. « En tout cas, on s’est débrouillé pour nourrir nos moutons en brousse.  Et, d’autres allaient même couper des herbes pour venir donner à leurs moutons ; tu vois comment ces moutons sont maigres», a-t-il expliqué, tout en montrant du doigt un petit chétif  de 8 mois, qui se vendait à 35 000 ou 40 000f, se vend maintenant à 60.000f.

Quant à Souleymane BARRY, il se dresse un mini marché de mouton non loin de la place Can.  Il se trouve dans la même situation.  Toutefois, il vend un peu moins cher que nos les autres, puisque la plupart de ses moutons ne sont pas aussi gros que pour les autres. Ainsi, son plus gros mouton, est vendu à 200 000 FCFA et le plus petit à 80 000f FCFA

déçu de son achat, Idrissa CISSE, un client à la pointe du marché de mouton au Terrain Chaba pensait avoir un plus gros  à 80.000f.

« Si tu attaches ce mouton, auprès d’un membre de la famille plus riche que toi, c’est comme une humiliation auprès de ta famille, a lorsque 80.000f ce n’est pas peu » a-t-il soupiré !

En plus de cette flambée, la quantité habituelle est rare ou introuvable.

Malgré le pessimisme des uns et des autres, Amadou DIALLO, vendeur au ‘’Grabal’’ de Lafiabougou KODA, rassure la population. « Je pense que tout le monde aura le mouton pour la fête, mais dans la cherté » a-t-il prévenu !

Malgré la rareté du mouton, le marché est moins fréquenté. Selon M. DIALLO, certains clients attendent la veille de la Tabaski pour faire leur achat au motif qu’ils n’ont pas d’endroit pour les héberger. D’autres retards s’expliquent par le manque de moyen financier de certaines personnes.

Cet expert dans la vente depuis plusieurs années, a ajouté que la transportation des moutons dans d’autres pays, créera une insuffisance de stock, après la fête.

PAR AMINA SISSOKO

Source : Info-Matin

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