Suivez-nous sur Facebook et Youtube pour ne rien rater de l'actualité malienne

Renouvellement du Mandat de la Minusma: un marché de dupes

Dans une poignée de jours, le Conseil de sécurité des Nations unies va renouveler le mandant de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali (Minusma), avec un effectif de plus de 12.000 femmes et hommes ; notre pays n’y ayant pas fait d’objection.

 

Outre les questions polémiques qui se posent quant à la concomitance de ces massacres de masse avec la montée en puissance de l’armée, beaucoup de Maliens s’interrogent sur les raisons des pics de violences et d’attaques asymétriques chaque fois qu’il est question de renouveler le mandat de la Minusma. Fâcheuse coïncidence ou hasard calculé ?

En tout cas, cette année aussi, les tueries interviennent encore à quelques jours du renouvellement du mandat de la Minusma qui après la bavure non inclusive du gouvernement suite aux massacres de Diallassagou (oubli des victimes de Ménaka) s’active à démontrer qu’elle soit la plus soucieuse de la préservation de la cohésion et de l’unité nationale en brandissant le titre de son communiqué daté du lundi 20 juin 2022 : «la Minusma condamne les attaques contre les populations civiles dans le Centre et dans la région de Gao ».

Sauf que la mission onusienne devrait mettre un bémol à cette jubilation. Car si le ‘‘Centre’’ est un concept désormais consacré, force est d’acter qu’il recouvre plusieurs régions du Mali (Mopti, Ségou, Koulikoro, une partie de Tombouctou…). Au demeurant, la Minusma omet de citer dans son titre la région la plus touchée par les exactions de Daesh, Ménaka.

Donc, ses larmes de crocodile ne feront pas oublier aux familles des victimes que plus de 12.000 hommes sont déployés dans notre pays avec mission de protéger les populations civiles qui sont massacrées comme des punaises.

Alors, que la Minusma ne nous fasse pas croire que faciliter « une mission préliminaire des autorités de la région dans les zones affectées par les violences » et aider «à l’évacuation de blessés vers la ville de Sévaré » sont conformes à son mandat.

Les populations délaissées et livrées à elles-mêmes au regard de l’impuissance de l’État, qui motive son déploiement, ne sont plus dupes quant aux promesses à la hussarde de la Minusma d’envisager des dispositions «en appui aux efforts des autorités maliennes visant à assister les populations et à renforcer leur sécurité » ; poursuivre « l’action engagée pour aider à la stabilisation du Centre du Mali, qui est l’une de ses priorités stratégiques ». Allez-y dire aux populations de Ménaka qui depuis le mois de mars attendent la Minusma. Vainement…

À l’occasion de ce neuvième renouvellement de son mandat beaucoup de Maliens pensent aujourd’hui que les autorités feront œuvre utile de remercier la Minusma si tout son mandat se limite à diligenter des enquêtes sur les circonstances précises des attaques quotidiennes contre les FAMa et les populations civiles ou à faire semblant de « soutenir les autorités maliennes compétentes dans leurs efforts visant à identifier et à traduire en justice les auteurs de ces actes odieux ».

En effet, quand une force chargée de protéger les populations a besoin d’être protégée, le Mali a alors un sacré problème de protection.

Pour remplir son mandat, la Minusma dit avoir besoin de l’appui aérien de la France et pour se déplacer d’une ville à une autre, les convois de la Minusma sont escortés par la force Barkhane… Ça, c’est quel foutage de gueule ça ?

Après l’abandon en plein vol de la France, le Mali souverain s’oppose à toute présence de l’armée française sur son territoire, sur terre ou dans les airs. Avec quoi donc la Minusma fanfaronne pour dire promettre d’apporter «tout appui dont les autorités maliennes auraient besoin, y compris le déploiement de moyens supplémentaires dans les zones affectées par la violence» ? À qui s’adresse-t-elle quand elle dit qu’il « est plus que jamais nécessaire d’intensifier les efforts pour assurer une meilleure protection des populations civiles et, à cet effet, de mobiliser toutes les ressources disponibles et d’assurer leur utilisation judicieuse » ? Pour sûr que le prochain mandat de la Minusma comportera, l’appui-conseil en stratégie de défense aux autorités maliennes. Du n’importe quoi !

S’il y a dans cette affaire de recrudescence des massacres, au-delà des terroristes assoiffés de sang, un responsable, ne serait-ce que moral, des exécutions sommaires, c’est devrait être la Minusma dont la mission est de protéger les populations ? Erreur, hélas ! Ce serait en effet injuste, « horonya la » injuste  de tenir la Minusma pour responsable.

Faux mandats, vrais enjeux

En effet, le conseil de sécurité des Nations unies dans sa résolution N°2584 du 29 juin 2021 a clairement réaffirmé que « c’est aux autorités maliennes qu’il incombe au premier chef de protéger les civils au Mali » et a demandé par-dessus le marché à celles-ci «de prendre rapidement des mesures pour protéger les civils dans tout le pays et pour prévenir et limiter au minimum les dommages que peuvent causer aux civils les opérations des Forces de défense et de sécurité maliennes et y remédier». Donc que le Mali protège les Maliens de l’armée malienne !

Que les Maliens lisent et relisent cette résolution qui renouvelle le mandat de la Minusma ils seront surpris de découvrir que la Minusma n’est plus déployée pour lutter contre les terroristes et à protéger les populations civiles en aidant le Mali à rétablir sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire, tel que le préconisait la résolution N° 2100 du 25 avril 2013 :

«  a) Stabilisation des principales agglomérations et contribution au rétablissement de l’autorité de l’État dans tout le pays

i)  En appui aux autorités de transition maliennes, stabiliser les principales agglomérations, en particulier dans le nord du pays, et, dans ce contexte, écarter les menaces et prendre activement des dispositions afin d’empêcher le retour d’éléments armés dans ces zones;

ii) Aider les autorités de transition maliennes à étendre et rétablir l’administration de l’État dans tout le pays (…) »

Depuis 2013, la quintessence du mandat s’est réduite comme peau de chagrin. Aujourd’hui (résolution N°2584 du 29 juin 2021) « la principale priorité stratégique de la MINUSMA demeure d’appuyer la mise en œuvre de l’Accord par les parties maliennes ainsi que par d’autres parties prenantes maliennes, ainsi que la transition politique, et (…) la seconde priorité stratégique de la MINUSMA est de faciliter l’application par les acteurs maliens d’une stratégie globale axée sur les aspects politiques et visant à protéger les civils, à réduire les violences intercommunautaires, à restaurer l’autorité et la présence de l’État et à rétablir les services sociaux de base dans le centre du Mali, en s’acquittant des tâches qui lui ont été confiées ».

Dès la résolution N°2100 du 25 avril 2013 instituant la Minusma, le Conseil de sécurité a été on ne peut plus clair « que c’est aux autorités de transition maliennes qu’il incombe au premier chef de régler les problèmes interdépendants auxquels le pays fait face et de protéger tous les citoyens, et qu’un règlement durable de la crise malienne, y compris une solution politique, ne peut être trouvé que sous la prééminence du Mali.» Autrement, nos problèmes sont les nôtres, à nous de les régler au premier chef et de protéger les populations.

Dans sa résolution N°2164 du 25 juin 2014, renouvelant le mandant de la Minusma pour la première fois, le rappel profitant aux croyants, le Conseil de sécurité a rappelé à nouveau «que c’est avant tout aux autorités maliennes qu’il incombe d’assurer la stabilité et la sécurité sur l’ensemble du territoire malien, également qu’il importe que les Forces de défense et de sécurité malienne soient placées sous la tutelle et le contrôle d’une autorité civile (…) qu’il est essentiel d’assurer la formation, la consolidation et le redéploiement des Forces de défense et de sécurité malienne pour garantir la sécurité et la stabilité à long terme du pays et protéger le Peuple malien, et (…) qu’il importe que les Forces de défense et de sécurité malienne soient entièrement responsables de la sécurité sur l’ensemble du territoire malien »

Mépris pour la souveraineté du Mali

En 2015, à l’occasion du premier anniversaire de l’Accord pour la paix pour la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger coïncidant avec le renouvellement du mandant de la Minisma, (résolution N°2227 du 29 juin 2015), le Conseil change totalement de paradigme en demandant « aux autorités maliennes de répondre aux besoins immédiats et à long terme dans les domaines de la sécurité, la réforme de la gouvernance, du développement et de l’action humanitaire, en vue de régler la crise au Mali et de veiller à ce que l’Accord procure des avantages concrets aux populations locales, notamment grâce à l’exécution des projets prioritaires qui y sont prévus ».

Comme si la clef de la crise multidimensionnelle à laquelle notre pays faisait face était détenue par les autorités maliennes. La question est : si c’est au Mali d’apporter la réponse à l’équation sécuritaire et humanitaire, pourquoi alors la communauté internationale est-elle dans notre pays à travers des missions internationales qui totalisent plus 15.000 hommes et femmes ?

Sortant carrément de son mandat, la Minusma décrète sur le territoire souverain du Mali, le week-end du 24-25 janvier 2015 « une zone temporaire de sécurité » à Tabankort.

Pour protester contre cet accord partisan de la Minusma qui empêche les combattants de la Plateforme de prendre Kidal qui était à bout de canon et les obligeait à désarmer, les jeunes de Gao avaient manifesté le lundi 26 janvier et le mardi 27 janvier 2015. Contre les manifestants pacifiques qui clamaient leur indignation et dénonçaient le parti pris, la force onusienne a perdu patience et a tiré sur les enfants. Bilan : 3 morts. Le président de l’époque dira que la Minusma n’est pas notre ennemi. Comme Galilée, le tort de ces martyrs de Gao est d’avoir eu raison trop tôt et d’avoir décelé avant tout le monde le double jeu de la Minusma.

Se faisant désormais le chantre, le protecteur et l’avocat défenseur des séparatistes, le Conseil de sécurité des Nations unies, depuis sa résolution 2295 du 29 juin 2016, fait désormais de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger ses choux gras :

S’agissant de la mise en œuvre de l’Accord, le conseil de sécurité des Nations unies note en 2016 déjà, un an après sa signature et dans le contexte qu’on sait, « que la lenteur des progrès accomplis dans la mise en œuvre de l’Accord, notamment pour ce qui est des dispositions portant sur la défense et la sécurité, ainsi que les retards pris dans la restructuration du secteur de la sécurité, entravent les efforts visant à rétablir la sécurité dans le nord du Mali, et (souligne) qu’il incombe au premier chef au Gouvernement malien, aux groupes armés des coalitions Plateforme et Coordination d’accélérer la mise en œuvre de l’Accord afin que les conditions de sécurité s’améliorent sur tout le territoire du Mali, et de déjouer les tentatives de groupes terroristes qui visent à faire échouer la mise en œuvre de l’Accord».

Et comme un pied de nez aux jeunes patriotes de Gao, tout en « se félicitant de l’effet stabilisateur de la présence internationale au Mali, notamment la MINUSMA » le Conseil de sécurité rappelle encore comme une rengaine que « c’est aux autorités maliennes qu’il incombe au premier chef de protéger la population ».

Passivité, partialité et connivence avec les séparatistes

En 2017, feignant d’oublier que le pays est toujours confronté au terrorisme et au narcotrafic qui se déroulent sous le nez et la barde de la Minusma, le Conseil de sécurité dans sa résolution N°2364 du 29 juin 2017 note que « la lenteur des progrès accomplis dans la mise en œuvre de l’Accord, notamment pour ce qui est des dispositions portant sur la défense et la sécurité, ainsi que les retards pris dans la restructuration du secteur de la sécurité, entravent les efforts visant à rétablir la sécurité dans le nord du Mali ». Avant de porter l’estocade : la lutte contre le terrorisme et la restauration de la sécurité n’est pas la Mission de la Minusma : «il incombe au premier chef au Gouvernement malien et aux groupes armés des coalitions Plateforme et Coordination d’accélérer la mise en œuvre de l’Accord afin que les conditions de sécurité s’améliorent sur tout le territoire du Mali, et de déjouer les tentatives de groupes terroristes qui visent à faire échouer la mise en œuvre de l’Accord ».

Pour la première fois, le Conseil de sécurité brandit la menace de «sanctions ciblées contre ceux qui s’emploient à empêcher ou à compromettre la mise en œuvre de l’Accord … ceux qui lancent des attaques contre la MINUSMA et d’autres présences internationales ou entreprennent de les menacer, ainsi que ceux qui apportent leur soutien à de telles attaques et entreprises ».

En d’autres termes, on est là. On ne vous aide pas à sécuriser votre pays. Et si vous nous critiquez (dénoncer ou attaquer) on vous sanctionnera. Mettant le baga-baga en œuvre il publie une Liste de personnes et d’entités sanctionnées (résolution 2374).

Dans l’effervescence et tourmente électorale de 2018, le Conseil de sécurité renouvelant le 28 juin (Résolution N°2423) le mandat de la Minusma «exprime sa profonde frustration de voir que les parties ont trop longtemps retardé la mise en œuvre de l’Accord, en dépit de l’appui et de l’assistance considérables reçus de la part de la communauté internationale, exprime sa vive impatience face aux retards persistants pris dans la mise en œuvre intégrale des principales dispositions de l’Accord, et souligne qu’il est absolument urgent que le Gouvernement malien et les groupes armés des coalitions Plateforme et Coordination prennent des mesures sans précédent pour s’acquitter pleinement et rapidement de leurs obligations restantes au titre de l’Accord »

L’arrogance d’une

mission molle

Le 28 juin 2019, le Conseil de sécurité continue son verbiage habituel à propos de la mise en œuvre de l’Accord devenu son désormais dada lors du renouvellement du mandat de la Minusma (résolution N°2480). Des menaces, le Conseil de sécurité passe aux oukases en ordonnant aux autorités souveraines et légitimes du Mali de mettre en œuvre un certain nombre de mesures prioritaires avant la fin du mandat actuel de la MINUSMA dont « l’achèvement de la réforme constitutionnelle, y compris les réformes institutionnelles envisagées dans l’Accord » ; «la conception de Forces de défense et de sécurité maliennes reconstituées et réformées » ; «la formation d’au moins 3 000 membres des groupes armés signataires, leur intégration dans les Forces de défense et de sécurité maliennes et leur redéploiement » ; «un plan global de redéploiement progressif dans le nord du Mali des Forces de défense et de sécurité maliennes reconstituées et réformées, dans le cadre plus large d’un projet national de réforme du secteur de la sécurité » ; « créer la Zone de développement des régions du nord en adoptant la législation nécessaire, en rendant opérationnels le fonds de développement durable et les mécanismes de gestion inclusifs connexes » ; «garantir (…) la participation pleine et entière des femmes dans les mécanismes établis en vertu de l’Accord… en instaurant un quota de 30 % de femmes dans toutes les fonctions et institutions politiques, comme énoncé dans la législation malienne »…

En pleine crise politique, le 29 juin 2020, le Conseil de sécurité renouvelle le mandat de la Minusma. Dans sa résolution N°2531, il a dit, sans qu’au Mali personne ne s’en soucie vraiment, qu’il est attaché à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale du Mali, mais «que c’est avant tout aux autorités maliennes qu’il incombe d’assurer la stabilité, la sécurité et la protection des civils sur l’ensemble du territoire malien ». Comme s’il se moquait d’elles, le Conseil de sécurité a invité « les autorités maliennes à poursuivre les efforts qu’elles consentent pour s’acquitter de leurs obligations à cet égard ».

Pour être plus clair et dégager toute sa responsabilité, le Conseil de sécurité, ainsi dans résolution N°2584 du 29 juin 2021, a réaffirmé ce qu’il a appelé « les principes fondamentaux du maintien de la paix (que sont  le consentement des parties, l’impartialité et le non-recours à la force, sauf en cas de légitime défense ou pour la défense du mandat ».

Face aux levées de boucliers sur la partialité et la passivité de la Minusma, le Conseil de sécurité dans sa résolution 2020 et celle 2021 a rappelé « que le mandat de chaque mission de maintien de la paix est déterminé en fonction des besoins et de la situation du pays concerné » : au Mali la Minusma n’est pas une force combattante, mais une force de parade, une mission de paix. Ce n’est pas une mission d’imposition de la paix, mais pardon d’interposition… qui ne s’est interposé. Autrement, un arbitre qui a souvent, disons toujours, tapé dans le ballon.

C’est donc en toute logique que cet arbitre partial cherche protection auprès de la France à laquelle il demande une protection aérienne de cette dernière qu’a refusé à notre pays.

Alors faute d’avoir Barkhane dans les airs pour protéger la Minusma, l’ONU enjoint à notre pays de garantir la sécurité de sa Mission.

Et c’est en toute dignité que notre ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Abdoulaye DIOP a balayé le prétexte du départ des forces françaises de notre pays : «le Gouvernement tient à rassurer qu’avec leur montée en puissance, les forces armées maliennes sont à mesure de prendre en compte les changements de la situation sécuritaire. Les dispositions sont prises afin qu’il ne se crée un vide sécuritaire à la suite du départ des forces françaises et de la Task- force Takuba. Le Gouvernement du Mali est conscient que la sécurité de la Mission est de la responsabilité du pays hôte, qui mettra tout en œuvre pour assumer cette responsabilité. Afin de faciliter cette phase transitoire, nous invitons la MINUSMA à achever son plan d’adaptation en collaboration avec le Mali. »

Le futur en

pointillé…

Il est fort à parier que dans sa prochaine résolution consacrée au renouvellement du mandat de la Minusma, le Conseil de sécurité des Nations unies nous rappelle comme une rébarbative moquerie que «c’est avant tout aux autorités maliennes qu’il incombe d’assurer la stabilité, la sécurité et la protection des civils sur l’ensemble du territoire malien (et les encourage…) à poursuivre les efforts qu’elles consentent pour s’acquitter de leurs obligations à cet égard » avant de nous dire qu’ils ne sont pas là pour combattre le terrorisme à notre place. Sont-ils là pour quoi alors ? Pour veiller à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, transition politique et élections, sic !

Concrètement la Minusma est là pour «faciliter la reprise et la pleine réalisation de la transition politique et le transfert du pouvoir aux autorités civiles élues ». Arcbouté sur le respect scrupuleux d’une transition de 18 mois telle que décidée lors de la réunion des Chefs d’État de la CEDEAO tenue le 15 septembre 2020 et telle que définie dans la Charte de transition du 12 septembre 2020, passé le Momentum du calendrier électoral annoncé qui prévoyait que le premier tour de l’élection présidentielle devrait avoir lieu le 27 février 2022, le Conseil de sécurité va devoir choisir son camp : celui du Mali qu’il prétend aider ou celui des adversaires du Mali qui lui imposent des sanctions et toutes sortes d’inimitié ?

Contrairement à sa résolution N°2100 du 25 avril 2013 instituant la Minusma dans laquelle il avait demandé aux «autorités de transition maliennes à tenir des élections présidentielles et législatives libres, régulières, transparentes et sans exclusive, dès que ce sera techniquement possible », il est fort à parier, faisant fi des conditions sécuritaires monstrueuses qui prévalent dans notre pays, en dépit de la montée en puissance des FAMa, que le Conseil de sécurité des Nations unies demande au gouvernement « d’organiser des élections présidentielles, législatives, régionales et locales libres et régulières, ainsi qu’un référendum constitutionnel, selon qu’il convient, dans le délai (que la CEDEAO voudra), de manière transparente et inclusive, avec la participation pleine, égale et véritable des femmes, des jeunes, des réfugiés et des déplacés ».

Contrairement à 2013, le Conseil de sécurité insistera dans sa résolution que le président de la Transition le colonel Assimi Goïta et le Premier ministre Choguel K Maiga puissent en aucun cas être candidats à la prochaine élection présidentielle.

Contrairement aux engagements et vœux pour le Mali-Kura, le Conseil de sécurité des Nations unies, dans sa prochaine plaidera en faveur « du dialogue et à la volonté de compromis afin de veiller à ce que la transition soit consensuelle et inclusive et qu’elle jette les bases d’un pays plus stable, démocratique et pacifique »… aux antipodes des souhaits des Maliens.

Alors, qu’on ne se méprenne pas sur le compte de la Minusma, au lieu des combattants, nous n’avons à faire qu’à des politiciens en costards cravates. Car, on n’a pas besoin d’une Kalash pour appuyer la mise en œuvre de l’Accord. Quid de seconde priorité ?

Le Mali a-t-il besoin de 12.000 hommes en armes sur son territoire pour la mise en œuvre de l’Accord dont la finalité est de désarmer les groupes armés pour sceller la réconciliation ? Le Mali a-t-il besoin d’une force protectrice qui a besoin de protecteurs ?

Qu’on arrête de prendre les enfants du  Bon Dieu comme des canards sauvages.

Par Abdoulaye OUATTARA

Source : Info-Matin

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Suivez-nous sur Facebook pour ne rien rater de l'actualité malienne
Ecoutez les radios du Mali sur vos mobiles et tablettes
ORTM en direct Toutes les chaînes africaines en direct