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Mobilisation contre la présence de la France au Mali: Le CNT se désolidarise de la demande de départ des forces françaises formulée par certains de ses membres

Des organisations, au sein desquelles militent certains membres de l’organe législatif, projettent un rassemblement, mercredi, pour réclamer le retrait des forces françaises du Mali. Le Conseil National de Transition (CNT), à travers son président, se désolidarise des « déclarations tendant à décrier la présence militaire française au Mali ».

 

Depuis le Sommet de clarification entre les Chefs d’État des pays du Sahel et le président français, Emmanuel Macron, tenu en 2019, à Pau, en France, il y a eu très peu de manifestations contre la présence militaire française sur le continent africain. Les présidents des 5 pays du Sahel avaient demandé « la poursuite, voire le renforcement des opérations militaires françaises ». Ce qui avait conduit à une accalmie, mais, après le renversement du régime IBK, le mouvement  » Yéréwolo, debout sur les Remparts  » appelle à une mobilisation pour le 20 janvier, jour anniversaire de la création de l’Armée malienne. Au sein de cette plateforme milite l’actuel membre du CNT, Adama Ben Diarra alias  »Ben le Cerveau ». Ce dernier est appuyé par d’autres membres du CNT et des ex-députés, dont Moussa Diarra.

Le CNT s’est, par la voix de Malick Diaw, son président, désolidarisé de cette demande de départ des forces françaises. « Les déclarations [au sujet du départ des troupes françaises] n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs », a affirmé le n°2 du CNSP, qui a renversé IBK, en août 2020. Cette demande intervient, selon lui, « au moment où notre pays aspire à la paix et à la stabilité ». Il réaffirme le soutien et la disponibilité du CNT à l’endroit de tous les partenaires œuvrant aux côtés du Mali dans la lutte antiterroriste.

Malick Diaw exhorte les membres du CNT à se focaliser exclusivement sur la mission qui leur est dévolue et d’éviter d’user de leur titre pour d’autres motifs que l’exercice de leur mandat.

«Un communiqué attentatoire à la liberté d’expression»

Aboubacar Sidick Fomba, un autre membre du CNT, a aussitôt réagi à ce communiqué de Malick Diaw, que son parti qualifie d’ « attentatoire à la liberté d’expression ». L’ADEPM, que préside Fomba rappelle que « les membres du CNT ont même le droit de demander et de voter des lois pour résilier des traités, a fortiori les dénoncer, conformément à la Constitution et la Charte de Transition ». Ce parti estime que le communiqué de Malick Diaw viole le règlement intérieur du CNT, le décret de nomination et la Constitution de février 1992. De plus, poursuit le parti, « les clauses de la présence des forces françaises au Mali autorisent les dénonciations et les protestations du peuple malien, qui paye ses impôts pour la prise en charge de ces forces ». L’ADEPM souligne que le président du CNT pouvait laisser le soin au gouvernement d’interdire la manifestation pour des motifs multiformes. Elle juge, à cet effet, que Malick Diaw est mal conseillé avec cette intention manifeste de compromettre la liberté d’expression et la prise en otage du titre de représentants du peuple qui est conféré aux membres du CNT. Elle admet, néanmoins, que « le titre de membre de CNT ne peut aucunement engager le CNT ».

Pour la manifestation prévue ce mercredi, le panafricaniste franco-béninois, Kemi Séba, est arrivé dans la capitale malienne. Certains éléments, présentés comme membres du groupe français « gilet jaune », sont également présents à Bamako pour cette énième mobilisation contre la présence militaire de la France au Mali.

Moussa Sayon CAMARA

Source : l’Indépendant

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