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MME FATOUMATA SAKO SIDIBE, FEMME LEADER: «Les deux tendances PDES décidées à faire la paix afin de pouvoir donner une chance à nos candidats aux législatives»

Femme leader, vice-présidente du PDES et présidente de la Plateforme «Défendons le Mali», Mme Sidibé Fatoumata Sako dite Djina était attendue  dans  le starting-block des prochaines législatives en Commune I du district de Bamako. Mais, elle a renoncé à se présenter à la dernière minute. Pourquoi ? Djina nous le dit dans cet entretien. Interview !

Le Matin : Pourquoi avez-vous renoncé à vous portez candidate aux prochaines législatives ?

Djina : Tout d’abord je vous remercie pour l’intérêt que vous portez à ma candidature et à mes ambitions politiques. J’ai effectivement renoncé à me présenter comme candidate à l’élection législative, dont le premier tour est fixé au 29 mars 2020, pour des raisons fondées sur l’honneur et la dignité. Et cela malgré que j’ai été plébiscitée et investie par 903 femmes de notre Plateforme «Défendons le Mali» en Commune 1 du District de Bamako.

La première raison est un problème d’alliance fiable et solide car je m’y suis prise en retard. La seconde est fondée sur les principes qui sont les miens et avec lesquels je ne transigerais jamais et qui m’ont amené à refuser des alliances contre nature et indignes.

Qu’est-ce qui motivait cette candidature ?

Ma candidature était motivée par ma volonté de répondre favorablement à la demande de milliers de femmes de notre Plate-forme avec qui nous avons accompli un travail formidable lors de la sensibilisation sur la nécessité du Dialogue National Inclusif (DNI).

Pour rappel «Défendons le Mali» a passé 3 mois au contact des populations de Bamako et sa périphérie pour échanger avec elles sur la nécessité de la tenue du Dialogue. Nous avons sillonné tous les quartiers de Bamako, rencontré des centaines de chefs de quartiers d’imams et des dizaines de milliers de Maliens qui ont bien voulu nous écouter et nous entendre.

C’est donc tout naturellement que les membres de ma Plateforme ont estimé que j’avais quelque chose à apporter au Mali et que je méritais d’être leur porte-étendard à l’Hémicycle. Mais, j’avais besoin d’un temps de réflexion qu’ils  ont bien voulu m’accorder et c’est après mon accord que la cérémonie d’investiture a été organisée et intégralement prise en charge par celles que j’appelle affectueusement mes «Gladiatrices». Je profite de cette interview pour leur exprimer toute ma reconnaissance et ma profonde gratitude pour la confiance en moi placée et leur engagement constant et inconditionnel à mes côtés.

Si vous vous étiez présentée, quels auraient été vos atouts pour remporter cette élection ?

Des atouts nous en avons à revendre ! Je vais vous faire une confidence Monsieur Bolly : je n’ai toujours pas osé annoncer à mes soutiens que je n’ai pas déposé ma candidature et nombre d’entre eux seront déboussolés de l’apprendre à travers cette interview !

Ce n’est point un manque de respect à leur égard, mais j’ai quitté le Mali au lendemain du dépôt des candidatures pour une mission qui était prévue de longue date (elle séjournait à Ouagadougou, au Burkina, dans le cadre de la 16e Assemblée générale du Rassemblement Libéral Africain-RLA, NDLR). Donc je n’ai pas eu le temps matériel de le faire. Mais, dès mon retour (nous avons fait l’interview via WattsApp) j’organiserai une assemblée générale pour les informer et leur présenter mes excuses.

Pour revenir aux atouts, des centaines d’associations et des groupes anonymes s’étaient organisés pour me soutenir de façon spontanée au vu de mon profond amour pour le Mali et de ma personnalité. Nous avions de vraies chances car notre Plateforme est structurée de Kayes à Kidal et elle est composée de femmes et d’hommes de conviction. A ce jour, nous avions des cellules partout dans le Mali profond et notre capacité de mobilisation est immense. Mieux, nous continuons d’enregistrer des adhésions de centaines d’hommes et de femmes chaque semaine.

Je vous promets une chose, même si je ne suis pas candidate, nous pèserons sur ces élections, Insh Allah, un peu partout dans le pays. Nos coordinations sont organisées et sont à pied d’œuvre. Elles attendent juste le mot d’ordre. Et nous soutiendrons les candidats qui sont vraiment proches du président de la République, Son Excellence El Hadj Ibrahim Boubacar Kéita. J’insiste sur le poids des mots : Seuls ceux qui accompagnent le PR (président de la République) et le gouvernement bénéficieront de nos voix sans conditions.

Quelles sont les attentes du PDES par rapport à ces législatives ?

Le PDES ! Parlons-en ! C’est mon parti et j’ai d’ailleurs renoncé à une alliance qui était synonyme de reniement. Un Président de parti m’a supplié de démissionner du PDES dont je suis la première vice-présidente et présidente par intérim pour adhérer à son parti et aller aux élections sous ses couleurs. Cela est non négociable et, comme je vous l’ai dit au départ, mon honneur et ma dignité sont au dessus de toutes les raisons matérielle et politique. Je quitterais le PDES le jour où il disparaîtra de l’échiquier politique.

Cela dit, juste après la convocation du Collège électoral, les 2 tendances (Clans Dibassi et Tall) ont décidé de faire la paix des braves afin de pouvoir donner la chance à nos camarades qui souhaitaient se porter candidats aux législatives. Du coup, il y a quelques listes PDES et je leur souhaite bonne chance. Ceux de mon clan bénéficieront tout naturellement de notre accompagnement. Pour ma part, je n’aurais pas été candidate PDES car en plus de la difficulté liée aux alliances porteuses, le risque d’invalidation de nos listes est possible.

Qu’est-ce qu’une présence féminine importante peut changer au niveau de l’Hémicycle ?

Avant de répondre à cette question, je tiens à renouveler mes remerciements au PR qui a permis d’augmenter le quota des femmes sur les listes pour les élections dans notre Pays.

Pour revenir à la question, je vous reprends les propos d’une amie parlementaire Marocaine et ancien Ministre qui dit ceci: «Mettez un homme ministre de l’Equipement, il va construire des ponts et des routes ; remplacez-le par une femme, elle va construire des hôpitaux, des écoles, des foyers pour jeunes et femmes» !

Je sais bien que le rôle d’un député c’est de voter les lois et contrôler l’action gouvernementale. Ainsi, les femmes parlementaires doivent constituer le dernier rempart pour les femmes dans la promotion et la défense des droits de la Femme et la prise en compte de l’égalité-genre dans tous les domaines de la vie nationale et régionale.

Au vu de la recrudescence de la violence faite aux femmes dans notre pays depuis quelques années (plusieurs jeunes femmes ont été sauvagement massacrées par leurs époux), il est temps que l’Assemblée nationale prenne par exemple ce problème à bras le corps et légifère là-dessus. Dites-moi, qui mieux qu’une femme parlementaire peut porter un tel projet ou proposition de loi et dire : STOP ÇA SUFFIT ?

Aussi, l’intégration dans la législation nationale des principes énoncés dans les instruments juridiques internationaux ou régionaux est une nécessité pour une application efficace de ces principes fondamentaux garantis par les Conventions et Déclarations des Nations unies, en particulier la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations unies et la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard de la Femme (CEDEF).

Ainsi, le rôle des femmes parlementaires se révèle être important dans le processus d’harmonisation des textes.

-Quel appel lancez-vous aux électeurs pour choisir les femmes candidates ?

Djina : Je leur dis tout simplement que la Femme porte la famille, le quartier, la commune et elle est la mère de la Nation. A ce titre, elle s’implique à fond dans tout ce qu’elle entreprend et il est temps que nous leur donnions la chance de prouver qu’elles ont l’expérience et l’expertise nécessaires pour siéger au parlement national au lieu de faire grimper l’applaudimètre au sein des partis ou de jouer aux mobilisatrices bas de gamme.

Maintenant que vous n’êtes plus candidate aux législatives, quelles sont vos ambitions politiques ? 

Vous savez, la politique elle-même est une question d’ambition à condition qu’elle soit légitime. Et il y’avait de la crédibilité dans ma candidature. Mais, le plus important c’est d’être attaché à des principes et des valeurs telles que la morale et la vertu.

J’ai des projets plein la tête et comme le PDES est empêtré dans des histoires de procès, j’avance avec ma Plateforme qui mobilise aujourd’hui plus que n’importe quel parti politique. Pour le moment, c’est le seul objectif que je me fixe. Mais, je vous rappelle encore une fois que nous participerons activement aux législatives à venir. Nous avons d’ailleurs 2 listes  propres «Défendons le Mali» en Communes 3 et 5 du District de Bamako et nous allons lancer toutes  nos forces dans ce scrutin  afin de faire gagner nos camarades.

Notre slogan de campagne sera articulé autour de la solidarité agissante et ensemble nous surprendrons. Mais, pour le moment, j’aspire à un repos bien mérité en attendant l’ouverture officielle de la campagne.

Propos recueillis par

Moussa Bolly

Source: lecombat
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