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Mali Edito : Qu’en penses-tu Seïdina Oumar Dicko ?

Au Mali, à cause de la crise multidimensionnelle et de la faiblesse de l’Etat, il y a des choses qui ne changeront peut être plus jamais ou le seront difficilement. Comme la propension de certains décideurs à oublier leur serment, celui de rester au service exclusif du peuple. On peut citer à profusion la liste de ces forces malsaines qui ont pris d’assaut notre pays depuis quelques années. L’attitude la plus scélérate n’est-elle pas la course à l’argent facile, qui gagne tous les secteurs sans exception et son omniprésence dans notre société ?

 

A première vue, il nous vient à l’esprit ce cas dit de  » l’affaire des Immeubles bradés de l’Etat « , des chiffres à donner le tournis qui seraient, en plus, vraisemblablement minorés. Ou encore  » l’affaire Bakary Togola : le juge d’instruction inquiété par l’inspection de la justice. » Si l’on en croit un confrère, ce juge serait dans le collimateur des inspecteurs.

Vrai ou faux ? Les indices fournis sembleraient indiquer, après lecture au fond, une affaire de corruption pour libérer par anticipation quelqu’un soupçonné d’être un aigrefin. Au-delà de la présomption d’innocence, le juge en question se serait exposé dans une voiture de luxe, selon l’auteur de l’article. Un fait de lèse-majesté, aux yeux des enquêteurs et du Malien moyen, à un moment où notre pays semble entrer en croisade contre les fortunes malsaines.

Est- ce à dire que rares sont, de nos jours, les Maliens qui ont à l’esprit le dicton épicurien  » Gardez- vous de regarder la fortune comme une déesse  » ?

Cette mise en garde à la Cassandre, les Maliens n’en ont cure apparemment. L’argent est devenu roi et donne lieu à tous les excès au Mali, ses attributs sont visibles partout et n’épargnent presque plus personne. Des stars des réseaux sociaux couvertes de paillettes d’or comme les momies de l’Égypte pharaonique reçues en grande pompe à l’aéroport International PMK de Sénou, des fonctionnaires poursuivis pour des milliards de nos francs, d’autres disposant de plusieurs immeubles de plus d’un milliard de nos francs à Dakar, Abidjan et Dubaï. Les banques suisses et les pays occidentaux pourchassant les biens mal acquis en provenance d’Afrique, on comprend ces types de contournement vers de nouveaux paradis domaniaux.

Aussi, on apprend que même les fous de Dieu sont devenus fous de butins au point de « migrer  » (comme certains députés) d’un groupe terroriste à un autre, pour mieux s’enrichir. S’y ajoutent les jeunes désœuvrés, citadins comme ruraux, vivant le jour dans les cocons familiaux se transformant en coupeurs de route de la pire espèce la nuit tombée, ou, pis, regroupés au sein des gangs criminels (de braquages, de traquenards, d’assassins etc) prêts à tous les délits abjects pour satisfaire leur  » manque  » de drogue et leurs lubies, empêchant les paisibles citoyens de goûter au repos.

On peut évoquer également, en plus de ces bandits presque ordinaires, les cols blancs pour qui l’argent roi, surtout quand il est public, n’a pas d’odeur. Eux aussi doivent méditer cet autre constat : « Il y avait en Athènes des gens qui faisaient leur fortune à détrousser les morts. On les appelait des tymboriches « , d’un nom qui rime richement à celui de nos nouveaux riches. C’est dire qu’être nouveau riche n’est pas forcément synonyme de fierté et que c’était mal vu déjà dans la cité millénaire. Ici, qui plus est, l’argent a désormais une odeur : il est trop souvent imbibé du sang des innocents.

Source : l’Indépendant

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