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Mahmoud Dicko, une menace sérieuse pour IBK

L’arrivée sur la scène politique malienne, en proie à d’incessantes convulsions, de la Coordination des mouvements et associations de soutien (CMAS) aux actions de Mahmoud Dicko représente, à coup sûr, une menace supplémentaire- et plutôt sérieuse- pour le régime IBK aux abois.

 

Certes, le discours prononcé par l’ancien président du Haut Conseil islamique du Mali, lors de la cérémonie officielle de son lancement, le 7 septembre dernier, dans une salle Bazoumana Sissoko archicomble du palais de la Culture Amadou Hampaté Ba, était empreint de la pugnacité habituelle vis-à vis de ceux qui ont tenu les rênes du pays, de la révolution de mars 1991 à ce jour.

Ils sont accusés de l’avoir  » confisquée et dévoyée de ses nobles idéaux. «

Mais, cette fois-ci, la rhétorique qui électrise les foules et leur fait pousser des vivats enflammés s’est accompagnée d’un désir manifeste de rassurer sur les desseins politiques qui lui sont prêtés. Plus d’un, dans le vaste auditorium, était ainsi médusé de l’entendre proclamer :  » je ne suis candidat à une quelconque élection« . Avant d’ajouter que  » le seul combat quim’anime est d’être un faiseur de la paix « .

On l’entendra aussi seriner qu’il  » n’est l’ennemi ni de la France ni des Etats Unis d’Amérique  » et que, histoire de montrer son tempérament non violent et surtout son patriotisme  » le Mali doit être préservé à tout prix et placé au-dessus des partis«

Cette mutation sémantique ne doit rien au hasard. L’imam Dicko et ses proches étaient bien partis pour créer un parti islamique dans le but affiché d’abolir la démocratie, l’Etat de droit en gestation et la laïcité et les remplacer par un système rétablissant « nos valeurs coutumières et musulmanes« . A maintes reprises il a prôné  » le départ des forces étrangères » (donc Barkhane et la MINUSMA)  affirmant qu’ « entre Maliens, nous pouvons, par le dialogue, résoudre nos contentieux  » (En prenant langue avec les terroristes maliens).

Quant à l’intention de chasser les autorités en place par des méthodes à la limite de l’insurrection, elle était constamment perceptible dans ses paroles et visible dans ses actes. En témoignent les marches et meetings au mépris de l’état d’urgence en vigueur et les propos incendiaires qui y étaient proférés.

Un communiqué de la Cour constitutionnelle, diffusé la veille de la mise en orbite de la CMAS, rappelant qu  » un parti politique ne peut se constituer sur une base(notamment)  religieuse » n’est sûrement pas étranger à l’évolution apparue chez l’imam Dicko mais il n’est pas l’unique facteur.

Ce dernier  parait enfin avoir réalisé que la France est « un partenaire stratégique  » du Mali et que sa présence militaire lui est utile tout le temps qu’un dispositif de substitution efficace ne lui est pas trouvé.

Enfin, le fougueux prédicateur semble avoir pris en compte un élément déterminant : sans la caution du Cherif de Nioro dont il proclame à tous vents qu’il est son Guide, il n’a aucune chance de faire aboutir son projet d’un Etat malien aux couleurs de l’islam. Or cette caution ne lui parait guère acquise à en juger par le rapprochement qui s’opère depuis un certain temps entre le chef des hamallistes et le président IBK. Sans compter que le premier n’a jamais mis en cause l’actuelle Constitution, concentrant ses attaques sur les dérives dans la gestion des affaires publiques.

Mahmoud Dicko n’en restera pas moins dangereux pour le pouvoir en place eu égard au degré de pourrissement  de la situation politique, sociale et sécuritaire du pays.

Saouti HAÏDARA

Source: l’Indépendant

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