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Leçon de vie

Notre société nous enseigne certaines valeurs qui marquent la vie d’un individu. Le tout caractérisé par la préservation de l’honneur et la dignité. Elles nous condamnent à vie face à des attitudes assimilables à l’hypocrisie qui est la pire des trahisons en Afrique Noire. L’homme doit avoir une parole, un seul agissement lorsqu’il fait un choix, car cela est comparable à un serment prêté sur la base de nos différentes croyances. Par exemple, dans la société moderne, où tout est politique, les hommes sont partagés entre la majorité et l’opposition même en période de transition. Alors, le bon sens voudrait qu’on soutienne ou qu’on se taise face aux décisions de l’un des deux camps si l’on n’est pas d’accord avec les positions prises par les décideurs. Ou à défaut, se libérer en abandonnant le camp. En ce moment, on a le droit d’exprimer sa pensée tout en tenant aussi compte des limites de la liberté d’opinion, d’expression définie par les lois de la Nation.

Dans le cas de Kaou Djim, les deux ont lamentablement manqué.

Première observation. L’homme fougueux et spécialiste des écarts de langage envers n’importe quel interlocuteur joue à la théâtralisation dans ses actes. Il se dit défenseur de la transition comme le nom de son mouvement transformé en parti politique l’indique. Il chante le nom du Président de la transition dans chacune de ses virulentes sorties. Mais chose bizarre et inconcevable en politique, il s’attaque au Premier Ministre, cas Moctar Ouane et Choguel Kokalla Maiga. En clair, on ne peut pas être défenseur de la transition et se mettre dans la posture de déstabilisateur du Chef Suprême du pouvoir exécutif car ce dernier applique la vision, à la lettre du Président.

Dans le même registre, il faut aussi souligner la grave crise multidimensionnelle que le pays traverse et les différents fronts diplomatiques, CEDEAO, France, Nations Unies, sur lesquels il se trouve pour la simple raison que les autorités refusent de se résigner face aux injonctions dictées d’ailleurs et qui ne soignent pas la plaie du Mali, au contraire, elles contribuent à la cancériser. Pas besoin d’être spécialiste pour conclure que la présence des forces internationales au Mali n’a rien apporté de bien à notre pays. En 8 ans, le bilan est patent. Le Nord est impraticable, le centre ressemble à l’enfer et les terroristes commencent à poser leurs jalons au Sud comme en témoignent les attaques répétitives dans les régions de Koulikoro, Kayes, Sikasso…

Devrons-nous continuer avec la même stratégie présentée au départ comme une panacée et qui s’avère après un poison qui consume à petit feu le Mali ? Non et Non !!!

Voilà tout le problème des autorités actuelles. Ce qui nécessite une union sacrée des Maliens face au complot international.

Malheureusement, Kaou Djim qui devrait même être au-devant de ce combat, au regard de ses prises de position énergiques au moment du combat du M5 contre IBK et la CEDEAO, l’agitateur s’est rangé du côté des adversaires de la transition. Cela s’appelle tout simplement de la haute trahison.

Je condamne ce genre de comportement avec fermeté et apporte mon soutien à la sanction à la hauteur de la faute commise. L’hypocrite n’a sa place que dans l’enfer.

Deuxièmement, l’interpellation de Kaou, sa garde à vue et son emprisonnement ont été interprétés par d’autres comme une violation de la liberté d’expression.

Oui, tout bon patriote doit soutenir cette liberté chèrement acquise grâce à la révolution de 1991. Mais n’oublions pas une chose. Cette liberté est définie par les lois maliennes. Et si l’État, à travers la Justice, estime qu’un citoyen a outrepassé ses droits, il est de son devoir en tant que garant de la stabilité de la République d’interpeller l’individu fautif. Quoi de plus normal !!! Maintenant, il est question de voir si la procédure a été respectée ou pas, sinon nul n’est au-dessus de la loi. C’est un principe universel qui s’applique à tous.

Ce qui est bon de savoir et de défendre en tant que patriote, le Mali traverse une période très sensible de son histoire et qui nécessite une union sacrée de tous ses fils. Ce n’est pas en ce moment-là, qu’il faut se mettre dans la dynamique des comportements déstabilisateurs du peu de poutres qui nous restent comme assises.

Au-delà des textes, ce n’est pas du tout humain. Et en deçà du jugement de l’habitant de Bamako où tout semble bon, le citoyen qui subit les affres des forces du mal à l’intérieur du pays verra en cela une haute trahison car pour lui, il faudrait soutenir les militaires, victimes de la politique française, pour sortir le Mali du piège international qui l’asphyxie.

Pour terminer, Kaou Djim a commis des fautes qui paient cash dans une révolution. Après la victoire sur IBK et lorsqu’il s’est senti en force, il a abandonné tous ses compagnons de lutte même celui auprès de qui il a fait ses premiers pas et qui était aussi jugé comme son bouclier que j’ai nommé Imam Mahmoud Dicko. Pis, Kaou Djim s’est lancé dans un combat infernal contre ceux-ci à travers son mouvement politique, ACRT qu’il a fini aussi de perdre avec des départs massifs enregistrés à cause de sa politique solidaire et son manque de respect envers ses camarades militants.

La leçon de vie que Kaou Djim tirera certainement de cette situation à laquelle il ne s’y attendait pas du tout, c’est de ne pas se croire trop suffisant en politique, rester constant, fidèle quelle qu’en soit la situation face à ses compagnons.

Et en fin, savoir que c’est lorsqu’ on est fort que l’on peut se permettre certaine chose dans un État sans craindre la foudre. Qu’il prenne conseil auprès des premières victimes de leur propre folie de grandeur et qui se sont après ramollies.

Boubacar Yalkoué

Source: LE PAYS

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