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Le rôle des religieux n’est pas d’imposer des choix de société

L’Imam Mahamoud Dicko précise son opposition a toutes réformes et lois interdisant les violences coporelles subissent par les femmes au Mali.

sega diarrah president collectif association biton

Même si les autres religieux sont globalement sur la même ligne, c’est l’Imam Dicko qui est en pointe.

 

Ce qui me frappe dans les différentes prises de position  des « guides réligieux », c’est justement l’absence de toute référence religieuse…

 

A quel moment un dignitaire Musulman Malien a-t-il fait référence au coran pour justifier (sérieusement) son opposition à cette réforme  ?

 

J’attends toujours.

 

Les arguments développés sont essentiellement anthropologiques et pas nécessairement irrecevables sur le fond (même si je ne suis pas d’accord avec eux).

 

Mais est-ce le rôle des religieux que de prendre position au nom de l’anthropologie et de la tradition quand celle-ci n’est pas fondée clairement sur une base religieuse indiscutable (à savoir le Coran). En prenant de telles positions, les représentants de l’Islam sortent de leur rôle, qui n’est pas de dire comment la société doit être organisée, et encore moins de dire le droit.

 

Les religions sont là, à mon avis, pour délivrer un message, écrit dans un livre extraordinairement complexe, et auquel le simplisme des positions des dignitaires religieux, Mahamoud Dicko en tête (mais les autres ne valent pas mieux sur ce coup) ne rend pas justice.

 

Je crois profondément que les religieux Maliens font une erreur fondamentale en adoptant une position sur un sujet tel que le droit de la femme.

 

Le coeur du message Coranique, c’est de prêcher l’amour du prochain.

C’est un message qu’il faut sans cesse reformuler, pour l’adapter aux situations, à la vie courante, dans un langage compréhensible par les destinataires.

Le religieux, c’est une manière de lire le réel, celui de la vie de tous les jours, et de discerner les choix à faire dans sa manière de vivre et surtout, de se comporter avec les autres.

Le rôle des religieux, si tant est qu’on en ait besoin, est d’éclairer et de conseiller.

 

Il n’est certainement pas d’imposer des choix de société.

 

Au contraire, les religieux doivent accompagner les évolutions de la société, pour adapter le message dont ils sont porteurs aux nouvelles réalités sociales.

 

La société Malienne décidera, par la voix de ses élus.

 

On peut le regretter, à titre individuel. Mais les religions se doivent d’en prendre acte et de voir comment adapter leur message à ces nouvelles lois, plutôt que de s’arcbouter sur les anciennes formes, avec le succès que l’on constate d’ailleurs…

 

Le risque, pour les religieux, et pour Mahamoud Dicko en particulier  est de se couper encore un peu plus de la société, et donc, de ne plus être audible.

 

En fait, avec sa « croisade » contre la réforme sur les violences corporelles que subissent les femmes, L’Imam Dicko ne fait que répéter l’erreur qu’il commet depuis des années de vouloir régenter la société, et que depuis quelques années, les fidèles n’admettent plus.

 

Séga DIARRAH

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