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Le 19e congrès du Parti communiste chinois et les relations sino-africaines

L’ambassadeur de la République populaire de Chine au Mali, S. E. Mme Lu Huiying, a animé hier mardi 21 novembre 2017 une conférence de presse dans l’enceinte de la représentation diplomatique à Bamako. Avec les hommes de médias, S. E. Mme Lu Huiying, entourée de ses plus proches collaborateurs notamment le premier conseiller, Wang Yi ; le conseiller économique, Zhang Shengbin ; le conseiller militaire le senior colonel, Fenghua Mao, a fait part des conclusions du 19e congrès du Parti communiste chinois tenu du 18 au 24 octobre dernier. Une occasion pour la diplomate chinoise de parler aussi des relations sino-africaines. Nous vous proposons ici sa communication en intégralité.

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« Le XIXCongrès national du PCC est un congrès extrêmement important qui a eu lieu au moment où la Chine entre dans la phase décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance, c’est aussi un moment clé où le socialisme à la chinoise est entré dans une nouvelle ère.

I. Le Congrès a affirmé davantage le statut du noyau dirigeant du secrétaire général XI Jinping et a élu la nouvelle équipe dirigeante centrale du Parti communiste chinois. Le Congrès a affirmé la pensée XI Jinping du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère comme la pensée directrice du PCC. Tous les membres du Parti dont le nombre est de 89 millions s’unissent comme un seul homme pour concentrer tous les efforts afin de faire triompher l’édification du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère.

Le Congrès a planifié et élaboré la feuille de route et la chronique pour la construction d’un grand pays socialiste beau, moderne, prospère, puissant, démocratique, harmonieux et hautement civilisé au milieu du siècle. Le Congrès, qui a fondé la stratégie fondamentale caractérisée par la persistance et le développement du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère, a précisé l’objectif et les demandes pour la diplomatie de grand pays à la chinoise de la nouvelle ère.

Le XIXe Congrès national du PCC a formulé une conclusion importante que le socialisme à la chinoise est entré dans une nouvelle ère où toute la population chinoise déploie les efforts ensemble pour réaliser le rêve chinois du grand renouveau de la nation et le développement de la Chine se lie étroitement à celui du monde. En se développant, la Chine voudrait faire une plus grande contribution à la paix et au développement du monde et travailler main dans la main avec les pays du monde pour que le rêve mondial de la paix et de la prospérité soit achevé.

Au bout d’environs 40 ans de développement, nous avons atteint essentiellement notre objectif de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance. Nous allons poursuivre nos efforts pour accomplir complètement notre tâche en 2020. Sur cette base, le XIXe Congrès a envisagé un avenir pour 30 ans. Nous divisons en deux phases cette période de 30 ans: La première phase va de 2020 à 2035, la modernisation socialiste sera réalisée pour l’essentiel. La deuxième phase va de 2035 au milieu du siècle, notre pays se transformera en un grand pays socialiste beau, moderne, prospère, puissant, démocratique, harmonieux et hautement civilisé.

II. Au cours des 5 dernières années depuis le XVIIIe Congrès national du PCC, la Chine a remporté de grands succès s’agissant de la politique de réforme et d’ouverture et de la modernisation socialiste. En appliquant les nouveaux concepts de développement, soit l’innovation, la coordination, le développement vert, l’ouverture et le partage, la Chine a transformé activement son mode de développement. Une croissance moyennement élevée de l’économie chinoise a été maintenue, de sorte que la Chine se trouve au premier rang des principaux pays du monde. Passant de 54 000 milliards de yuans à 80 000 milliards, le PIB de la Chine occupe la deuxième place du monde avec une contribution supérieure à 30% pour la croissance de l’économie mondiale, 70 millions de Chinois sont sortis de la pauvreté.

Dans le futur, en tant que moteur de la croissance économique du monde, la Chine jouera un rôle encore plus important, le développement de la Chine apportera une plus grande contribution au développement du monde. Dans les 5 prochaines années, la Chine importera des marchandises d’un coût de plus de 8000 milliards de dollars américains, les investissements directs à l’étranger dépasseront de 750 milliards de dollars américains, les touristes chinois effectueront 700 millions de visites à l’étranger. Tout cela offrira au monde un marché plus grand, des capitaux plus suffisants, des produits plus divers et des opportunités plus précieuses pour la coopération.

III. Le PCC s’attache non seulement au bien-être du peuple chinois, mais aussi à la paix et au développement de toute l’humanité. Le XIXe Congrès national du PCC a défini deux missions principales dans le domaine de la diplomatie chinoise, à savoir la mise en place d’un nouveau type de relations internationales et la construction d’une communauté de destin pour l’humanité. Le nouveau type de relations internationales consiste à rejeter la loi de la jungle selon laquelle les faibles servent de pâture aux forts, à explorer une nouvelle voie de coopération entre les Etats basée sur le respect mutuel, l’équité et la justice ainsi que la coopération gagnant-gagnant. La communauté de destin pour l’humanité vise à offrir le plan chinois pour faire face à de nombreux défis à l’échelle planétaire et pour construire un monde beau et propre caractérisé par l’ouverture et la tolérence, la paix durable, la sécurité globale et la prospérité commune.

Aujourd’hui, la Chine s’approche de plus en plus vers le monde et le monde aussi vers la Chine, le destin de la Chine est lié plus étroitement au fil du temps à celui du monde entier. Bâtir la communauté de destin pour l’humanité sous le contexte de la prise de l’ampleur du protectionnisme, de l’isolationnisme et la pensée de “mondialisation à l’envers” émet le signal positif à la communauté internationale que la Chine continue à oeuvrer à l’établissement d’une économie mondiale ouverte et à inclure une énergie positive dans la gestion mondiale.

Le rapport du XIXe Congrès national du PCC a souligné que la Chine suit résolument la voie de paix et de développement, porte haut levé l’étendard de la paix, du développement, de la coopération et du principe gagnant-gagnant, reste fidèle aux buts et principes de sa politique diplomatique, à savoir sauvegarder la paix mondiale et favoriser un développement commun. La Chine est résolue à développer sa coopération amicale avec tous les autres pays sur la base des Cinq principes de coexistence pacifique et œuvre à faire progresser l’établissement d’un nouveau type de relations internationales et de la communauté de destin pour l’humanité. La Chine poursuit indéfectiblement une politique extérieure d’indépendance et de paix, respecte le droit des peuples à choisir en toute indépendance leur voie de développement, défend l’équité et la justice internationales, et s’oppose à ce que l’on s’ingère dans les affaires intérieures d’autres Etats, que l’on impose sa volonté aux autres, et que l’on abuse de sa puissance. La Chine ne cherchera pas à se développer au détriment des intérêts d’autres, ne poursuivra jamais l’hégémonie ni l’expansion quel que soit le degré du développement qu’elle aura atteint. Elle ne renoncera à ses propres droits et intérêts légitimes. Personne ne doit s’attendre à ce que la Chine fait face aux toutes les conséquences à cause du détriment de ses propres intérêts.

La Chine établit activement un réseau mondial de partenariats et persévérera la juste conception de la justice et des intérêts et le principe dit “sincérité, pragmatisme, amitié et franchise” pour renforcer la solidarité et la coopération avec les autres pays en voie de développement. Quels que soient le niveau du développement et la conjoncture du monde, la Chine se tiendra fermement du côté des pays en voie de développement et restera toujours leur ami fidèle et sincère. C’est la base de la politique diplomatique chinoise qui n’a pas changé, ni change et ni changera jamais.

La Chine espère donner plus d’expériences et d’inspirations à travers son propre développement aux pays en voie de développement, encourage ces derniers de choisir avec plus de confiance leur propre voie de développement conforme aux conditions réelles, et fait progresser “une montée en groupe” de l’ensemble de la force des pays en voie de développement. Fidèle à la conception de gouvernance mondiale dite “concertation, synergie et partage”, la Chine préconise la démocratisation des relations internationales, soutient l’accroissement de la représentation et le droit à la parole des pays en développement dans les affaires internationales et fait avancer le système de gouvernance mondiale dans une orientation plus juste et raisonnable afin de mieux représenter les intérêts et les aspirations des pays en voie de développement.

IV. L’Afrique constitue le fondement de la diplomatie chinoise. La Chine et l’Afrique ont toujours vu leurs destins et intérêts étroitement liés. Les mêmes sorts historiques, les mêmes tâches de développement et les mêmes intérêts stratégiques permettent aux peuples chinois et africains de partager le même destin. En 2013, au cours de sa visite officielle en Afrique, le président XI Jinping a présenté la juste conception de la justice et des intérêts ainsi que le principe dit “sincérité, pragmatisme, amitié et franchise” en indiquant ainsi la correcte direction pour le développement des relations sino-africaines. L’organisation avec succès du Sommet de Johannesburg du Forum sur la Coopération sino-africaine en décembre 2015 a porté les relations sino-africaines à une nouvelle phase de la coopération caractérisée par la coopération gagnant-gagnant et le développement commun. Fidèle au principe dit “sincérité, pragmatisme, amitié et franchise” et à la juste conception de la justice et des intérêts, la Chine continuera à promouvoir activement le partenariat de coopération stratégique global avec l’Afrique en intensifiant les échanges de haut niveau, en approfondissant la confiance mutuelle sur le plan politique et en renforçant l’amitié traditionnelle. Les deux parties doivent renforcer davantage les échanges d’expérience sur la gouvernance, favoriser la compréhension et le soutien réciproques sur les questions concernant les intérêts vitaux et les grandes préoccupations de part et d’autre, intensifier la coopération gagnant-gagnant pour exploiter le potentiel de coopération en vue de progresser ensemble. Actuellement, l’économie mondiale, qui se caractérise par la faible reprise, l’effet négatif pour la croissance économique de l’Afrique dû à la baisse du prix des matières premières internationales prend encore l’ampleur et les difficultés du développement des pays africains se multiplient. Engagée à accompagner davantage l’Afrique dans un développement économique de meilleure qualité et plus rapide, la Chine non seulement “donne du poisson” aux pays africains, soit fournir de l’aide à l’Afrique en encourageant les entreprises et les institutions financières chinoises à élargir la coopération d’investissement et de financement avec l’Afrique, mais aussi “leur apprend à pêcher”, soit partager les expériences du développement avec les pays de l’Afrique en renforçant les échanges et l’inspiration mutuelle.

La partie chinoise soutient fermement les efforts déployés par les pays de l’Afrique afin de trouver des voies de développement adaptées à leurs conditions respectives. Nous avons plein de confiance en voie de développement par notre propre choix. Nous la considérons comme “l’expérience chinoise” au lieu de ” modèle chinois”. La Chine et l’Afrique ont les différentes conditions et culture historique, jamais nous n’imposerons à l’Afrique un modèle. Certainement, si ça les intéresse, nous voudrions bien partager avec les pays africains nos expériences de développement. Comme ce qu’a dit S.E.M. Xi Jinping, secrétaire général du PCC, “La Chine ouvre aux pays en développement une voie plus large pour leur modernisation, leur offre des choix totalement nouveaux”.

V. Actuellement, La Chine travaille main dans la main avec la partie africaine pour promouvoir la mise en oeuvre les résultats du Sommet de Johannesburg de FCSA, l’aide financière de 60 milliards de dollars promise par la Chine a été mise en exécution ou a été bien arrangée, la construction d’une grande quantité d’infrastructures telles que les chemins de fer, les autoroutes, les ports, les aéroports, les moyens de communication ainsi que les parcs industriels et les zones économiques spéciales, a été réalisée ou mise en cours. La mise en oeuvre des résultats imprime une impulsion vigoureuse à la coopération gagnant-gagnant sino-africaine et au développement commun, donne de la dynamique à la transformation et à la montée en gamme de la coopération sino-africaine.

La Chine et l’Afrique se livrent à la coopération gagnant-gagnant et au développement commun. La Chine ne cherche pas dans la coopération avec l’Afrique les intérêts unilatéraux ou gagne la moitié d’intérêts de façon rigide, mais travaille de son mieux pour lier étroitement son propre développement à celui de l’Afrique et valoriser leurs avantages comparatifs afin de réaliser le développement commun. La Chine, qui insiste sur le principe de ” faire passer les intérêts des autres avant ses propres intérêts ” à l’égard de la coopération avec l’Afrique, s’attache à sa crédibilité, reste fidèle à ses engagements et tient toujours ses promesses. Les faits ont justifié qu’avec le développement de la Chine, le développement africain connaîtra plus d’opportunités, qu’avec le développement de l’Afrique, le développement chinois possèdera plus de dynamique.

Lors de la mise en oeuvre des résultats du Sommet, nous veillons à l’avantage réciproque en encourageant les entreprises et les institutions financières chinoises à procéder à la coopération gagnant-gagnant avec l’Afrique. Au cours de la coopération, les pays dont les conditions d’investissements telles que les infrastructures, les lois et réglementations, les services gouvernementaux sont meilleures, attirent relativement plus d’investissements et de financements. C’est le résultat de l’autorégulation du marché, mais aussi le choix de l’avantage mutuel et gagnant-gagnant. Mais nous tenons en même temps à ce que la mise en oeuvre des résultats du Sommet profite à tous les pays africains amicaux, grands et petits, riches et pauvres, puissants et faibles, nous les traitons sur un pied d’égalité. Nous donnons les aide et soutien à chaque pays africain amical. Pour ceux qui ont temporairement la difficulté de procéder à une large coopération, nous nous efforçons de prendre des mesures préférentielles en matière de l’assistance surtout dans le domaine de la formation des ressources humaines, du développement de bien-être social et de la promotion de leur capacité de production intellectuelle. Bref, nous travaillons sincèrement à promouvoir la coopération mutuelle et gagnant-gagnant et le développement commun.

VI. Conformément à la procédure du mécanisme du Forum sur la coopération sino-africaine, une nouvelle conférence du Forum se tiendra en 2018 à Beijing. Le 24 novembre, la 12ème réunion des hauts fonctionnaires du Forum aura lieu à Beijing, les représentants maliens y participeront aussi. Les parties chinoise et africaine évalueront ensemble la situation de la mise en oeuvre des résultats du Forum de Johannesburg, s’échangeront pleinement sur la tenue de la prochaine conférence. Actuellement, pas mal de pays africains appellent à élever la conférence du Forum au niveau du Sommet, la partie chinoise le prend positivement en considération. Si le Sommet se tient, la partie chinoise accueillira chaleureusement les chefs d’Etats des pays africains à y participer. Sous la direction de l’esprit du XIXe Congrès national du PCC, en insistant sur le nouveau concept du développement, axée sur l’impulsion de la transformation et la montée en gamme de la coopération sino-africaine et le soutien au développement autonome et durable de l’Afrique, la partie chinoise renforcera le contact et la coordination avec la partie africaine afin d’assurer le plein succès pour le prochain Forum et de construire ensemble un monde beau et propre caractérisé par la paix durable, la sécurité générale, la prospérité commune, l’ouverture et la tolérance ».

 

Aperçu général de la coopération économique et commerciale entre la Chine et le Mali

L’ambassadeur de la République populaire de Chine au Mali, S. E. Mme Lu Huiying, a animé hier mardi 21 novembre 2017 une conférence de presse dans l’enceinte de la représentation diplomatique à Bamako. Avec les hommes de médias, S. E. Mme Lu Huiying,  entourée de ses plus proches collaborateurs notamment le premier conseiller, Wang Yi ; le conseiller économique, Zhang Shengbin ; le conseiller militaire le senior colonel, Fenghua Mao, a fait part des conclusions du 19e congrès du Parti communiste chinois tenu du 18 au 24 octobre dernier. L’occasion était bonne pour le conseiller économique, Zhang Shengbin, de passer au peigne fin la coopération économique et commerciale entre Chinois et Maliens. Nous vous proposons ici sa communication en intégralité. 

« La coopération économique et commerciale sino-malienne pourrait remonter à un temps très ancien, mais c’est surtout au lendemain de l’indépendance du Mali, notamment après la visite historique au Mali de l’ancien premier ministre chinois Monsieur ZHOU Enlai, qu’ell a connu un développement rapide. Dans les années 1960 et 70, en dépit d’énormes difficultés que rencontrait elle-même, la Chine a accordé au Mali une importante assistance désintéressée. En cette période, la Chine a réalisé un grand nombre de projets industriels sous forme de don au Mali, tels que l’Usine d’Allumettes, la Tannerie, l’UMPP, la COMATEX, le SUKALA et l’Usine de thé à Farako, et autres, le système industriel fondamental du Mali s’est ainsi formé. Aujourd’hui, à Ségou, à Sikasso ou à Bamako, ces projets subsistent encore malgré les vicissitudes de l’histoire. Après l’application de la politique de réforme et d’ouverture sur l’extérieur depuis fin 1978, la Chine a entrepris successivement la réalisation de grands projets d’aide au Mali dans le domaine d’infrastructure, comme le Centre International de Conférence de Bamako, le Stade du 26 Mars, l’Hôpital du Mali, le 3ème Pont de Bamako et la première phase de la Cité Universitaire de Kabala, qui ont contribué énergiquement au développement socio-économique du Mali. Selon les statistiques chinoises, la Chine a accompli jusqu’à présent 103 projets d’aide au Mali, dont 70 projets clés en main, 28 projets de coopération technique et 5 projets financés par des prêts concessionnels chinois.

Au milieu des années 1990, la Chine a réformé sa politique d’aide au développement, et les prêts concessionnels y sont introduits pour augmenter son envergure d’aide. Ont bénéficié des prêts de ce genre les projets tels que la COMATEX, le N-SUKALA, l’Autoroute de Bamako-Ségou (Phase I), la Centrale Hydroélectrique de Gouina et le Réseau National de Large Bande. Selon les statistiques chinoises, l’Eximbank de Chine a octroyé jusqu’à présent 4.3 milliards de Yuans RMB (soit 450 milliards de francs CFA) aux projets de coopération sino-maliens. Avec la création du Forum sur la Coopération Sino-africaine en 2000 à Beijing, la coopération entre nos deux pays s’est diversifiée, et les projets liés au bien-être de la population deviennent prioritaires. A cet effet, les écoles rurales sont construites et équipées à Mopti et à Sikasso, les villages de Kirina sont électrifiés par l’énergie solaire, les formations sur la broderie et la cousure sont organisées à Bamako. S’y ajoutent plusieurs lots de don en nature chaque année.

Par ailleurs, le gouvernement chinois s’attache également à la coopération sino-malienne dans le domaine des ressouces humaines. Chaque année, la Chine réserve au Mali environ 80 séminaires de formation et au moins 300 maliens venant de divers secteurs sont admis pour bénéficier des formations en chine. Les thèmes de ces formations portent sur la gouvernance publique, les organisations associatives, le commerce, l’agriculture et l’éducation, etc. Selon les statistiques chinoises jusqu’en septembre courant, 2536 maliennes et maliens ont participé aux différentes formations en Chine. Cette coopération a permis non seulement à la connaissance mutuelle et à l’approfondissement de l’amitié des deux peuples, mais aussi fourni beaucoup de talents au développement socio-économique du Mali.

Avec la mondialisation économique et sa politique de Réforme et d’Ouverture sur l’Extérieur, la Chine a approfondi sans cesse sa coopération avec le Mali en matière du commerce et d’investissement pour obtenir des résultats mutuellement profitables. Sur le plan des échanges commerciaux, l’envergure s’est agrandie de façon considérable. Selon les statistiques chinoises, le volume d’import-export entre la Chine et le Mali en 2016 est de 465 millions de dollars US, avec une croissance de 27.67% par rapport à l’année précédente, dont l’importation chinoise du sésame et du coton se chiffre respectivement à 90 000 tonnes et 5 000 tonnes et une grande quantité d’anacarde en provenance du Mali. La Chine entend accroître ses importations et encourager les entreprises chinoises à importer davantage des produits maliens. En mai dernier, le président chinois a initié « l’Exposition Internationale de l’Importation de Chine » qui se tiendra à Shanghai du 5 au 10 novembre 2018. Cette exposition se veut offrir une plateforme par laquelle les produits d’autres pays auront accès au marché chinois voire international. Nous avons remis récemment l’invitation officielle du gouvernement chinois au ministère du commerce malien. Nous espérons que les entreprises maliennes bien s’organisent et exposent les produits particuliers et compétitifs du Mali pour tirer meilleur profit de cette opportunité.

Le Mali est non moins l’une des destinations privilégiées des investisseurs chinois. Outre l’usine moderne de produits pharmaceutiques que l’entreprise chinoise Humanwell cotée au Bourse de Shanghai a créée à Sanancoroba, une dizaine d’autres sociétés chinoises qui investissent dans de différents projets. Selon les statistiques chinoises, l’investissement direct chinois non financier jusqu’en fin 2016 s’élève à 340 millions de dollars US, créant plus de 10 000 d’emplois, ce qui l’a valu le 7ème pays investisseur étranger. Les investissements réalisés par les entreprises chinoises au Mali visent à apporter des intérêts substantiels au peuple malien, avec un accent particulier mis sur la promotion des industries maliennes, l’utilisation des matières premières locales et la création d’emplois. Il est à souligner également que la coopération dans le domaine d’infrastrucure est très fructueuse. En effet, avec la participation active des entreprises chinoises, très compétitives et de bonne réputation, dans les appels d’offres internationaux des projets de travaux publics du gouvernement malien, le coût de réalisation s’est considérablement rabaissé, ce qui profite énormément au peuple malien.

Lors du Sommet de Johannesburg en Afrique du Sud du Forum sur la Coopération Sino-Africaine en décembre 2015, le Président de la République Populaire de Chine, son Excellence Monsieur XI Jinping, a annoncé « les Dix Programmes Majeurs de Coopération Sino-Africaine » avec une assistance financière de 60 milliards de dollars US pour accompagner sa mise en oeuvre. C’est dans ce cadre que la Chine a d’abord achevé la première phase de la Cité Universitaire de Kabala, et démarré ensuite la réhabilitation du Centre Internationale de Conférence de Bamako, la construction du Centre de la Formation Professionnelle et la reprise du Centre Pilote des Technologies Agricoles. Ces trois autres projets sont réalisés tous sous forme de don avec un investissement d’au moins 30 milliards de francs CFA, et seront tous achevés et remis à la partie malienne avant fin 2018. A part ces projets clés en main, le gouvernement chinois offre chaque année des dons en nature, comme je l’ai dit plus haut. Par exemple, au titre de l’année 2017, la Chine a fourni en janvier au gouvernement malien vingt (20) limousines luxueuses de marque chinoise ‘Drapeau Rouge’ pour soutenir l’organisation du 27ème Sommet Afrique-France à Bamako ; plusieurs lots sont remis en mai au Palais de Koulouba avec la présence du président malien, dont 500 motos tricycle pour les handicapés, 10 400 repiqueuses du riz et 6000 décortiqueuses du maïs pour les agriculteurs, et 645 kits solaires pour les foyers ; En septembre, 300 000 traitements de médicaments antipaludiques sont livrés au gouvernement malien pour sa lutte efficace contre le paludisme ; D’ailleurs, pour aider le gouvernement malien à s’assurer la sécurité alimentaire fragilisée par les changements climatiques, le gouvernement a décidé à accorder au Mali 5429 tonnes de riz d’une valeur de 50 millions de Yuans RMB, soit 4.5 milliards de francs CFA, dont le premier lot de 500 tonnes sont déjà arrivés à Bamako il y a deux semaines.

Avant de terminer, je voudrais vous rappeler la tenue récente de la 2ème Commission Mixte de Coopération Economique et Commerciale Sino-Malienne à Beijing du 06 au 10 novembre courant. Le ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale Monsieur Abdoulaye DIOP y a participé à la tête d’une forte délégation malienne composée de vingt-quatre personnes, dont le ministre de l’Economie et des Finances Docteur Boubou CISSE, le ministre de la Promotion des Investissements et du Secteur Privé Monsieur Konimba SIDIBE et le ministre de l’Economie Numérique et de la Communication Monsieur Arouna Modibo TOURE. Au cours des travaux, les deux parties ont défini les six secteurs prioritaires pour la future coopération, il s’agit de l’agriculture, l’énergie, la santé publique, les mines, l’industrie et l’infrastructure ; le gouvernement chinois a décidé de réaliser au Mali dans les années à venir, à titre gratuit, 1) la deuxième phase du Projet de la Cité Universitaire de Kabala ; 2) le projet de deux villages électrifiés par l’énergie solaire ; 3) le projet d’accès à la télévision par satellite dans 200 villages maliens. Un protocole d’accord est signé également pour formaliser l’exemption par la partie chinoise des dettes du Mali pour un montant de 100 millions de Yuans RMB, soit 8.5 milliards de francs CFA. En marge des travaux, la délégation a eu aussi des différentes séances de travail avec des banques et entreprises chinoises pour le financement et la réalisation de 7 grands projets, notamment le projet Mali Numérique, la Centrale Solaire de Kati et d’importants projets routiers, dont la deuxième phase de l’autoroute Bamako-Ségou, la route régionale Kayes-Frontière Mauritanie. Cette session de la commission mixte est la première que la Chine a tenue avec un pays d’Afrique de l’Ouest après le 19ème Congrès national du Parti Communiste Chinois, ce qui a traduit pleinement l’engagement du gouvernement chinois qui s’apprête à développer davantage les relations d’amitié et de coopération avec le Mali. Aussi, nous sommes convaincus qu’avec les efforts conjugués de nos deux parties, la coopération sino-malienne aura de très belles perspectives ».

 

La coopération militaire sino-malienne au beau fixe

L’ambassadeur de la République populaire de Chine au Mali, S. E. Mme Lu Huiying, a animé hier mardi 21 novembre 2017 une conférence de presse dans l’enceinte de la représentation diplomatique à Bamako. Avec les hommes de médias, S. E. Mme Lu Huiying,  entourée de ses plus proches collaborateurs notamment le premier conseiller, Wang Yi ; le conseiller économique, Zhang Shengbin ; le conseiller militaire le senior colonel Fenghua Mao, a fait part des conclusions du 19e congrès du Parti communiste chinois tenu du 18 au 24 octobre dernier. L’occasion était bonne pour le conseiller militaire, le senior colonel Fenghua Mao, de faire l’état de la coopération militaire entre Chinois et Maliens. Nous vous proposons ici sa communication en intégralité. 

« Le Mali est un ami de tous les temps de la Chine en Afrique. Depuis les années 60 où nos deux pays ont établi les relations diplomatiques, la coopération militaire sino-malienne a résisté à l’épreuve du temps. Dans les nouvelles conditions historiques, les relations militaires de nos deux pays se renforcent de jour en jour en aboutissant aux nouveaux progrès dans tous les domaines. En janvier 2016, la Chine a renvoyé l’attaché de défense au Mali après plus de 30 ans, ouvrant une nouvelle voie pour consolider la coopération militaire entre nos deux pays.

L’armée chinoise attache de tout temps une grande importance aux relations d’amitié avec l’armée malienne. Depuis l’indépendance du Mali, la Chine a commencé à offrir au Mali des armes et des équipements à titre gratuit, et l’a aidé à construire l’aéroport militaire, l’hôpital de campagne et l’école militaire. Pendant ces dernières années, l’échange et la coopération militaires ont obtenu des résultats remarquables. Les deux parties maintiennent des visites mutuelles de haut niveau, ce qui fait progresser les relations militaires de nos deux pays. L’aide militaire chinoise augmente sans cesse. De l’année 2012 jusqu’à présent, la Chine a successivement offert à l’armée malienne 60 millions de yuans au titre gratuit, y compris des équipements de communication, des matériaux logistiques et des véhicules. Dans le domaine de la formation militaire, la Chine offre chaque année aux cadres militaires maliens un quota d’une cinquantaine dans les meilleures écoles militaires en Chine. Jusqu’à présent, la Chine a déjà formé plus de 800 officiers militaires maliens. A la demande de la partie malienne, la Chine envoie chaque année au Mali un groupe d’experts militaires chinois de la communication pour aider l’armée malienne à construire les infrastructures de communication en offrant en même temps la formation sur l’entretien des équipements. De plus, juste avant la Fête nationale du Mali, cette année, nous avons livré 2 avions de transport de type Y12 à l’Armée de l’Air pour renforcer la capacité du Mali en matière de l’aéronef militaire.

La Chine soutient fermement tous les efforts du gouvernement malien visant à défendre la souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale du pays. La Chine s’oppose résolument aux terrorismes sous toutes ses formes, soutient toutes actions anti-terroristes menées par la partie malienne, et voudrait travailler ensemble avec la communauté internationale pour contribuer sans relâche à la paix et à la stabilité du Mali.

En juin 2013, la Chine a décidé d’envoyer dans le cadre de la MINUSMA un contingent qui est composé de 395 casques bleus dont 155 gardes, 170 génies et 70 médecins. Ce contingent chinois des casques bleus a fini son déploiement en janvier 2014 à Gao. C’est la première fois que l’armée chinoise envoie une unité sécuritaire pour participer aux missions de maintien de la paix de l’ONU. Jusqu’à présent, plus de 2000 casques bleus chinois, y compris des observateurs militaires et des officiers d’état-major ont travaillé successivement au Mali.

En dépit de la situation sécuritaire compliquée, les casques bleus chinois au Mali, en faisant preuve de sa bravoure et sa responsabilité, ont bien accompli toutes les missions onusiennes dans l’intérêt de contribuer activement à la paix et à la stabilité du Mali, ce qui est hautement apprécié par toutes les parties. Les casques bleus chinois sont les envoyés chargés de semer les graines de l’amitié. Ils ont effectué des visites médicales gratuites à la population de Gao, apporté de l’eau pour les résidents assoiffés, offert des kits scolaires et sportifs aux enfants locaux. Pour améliorer la vie de la population locale et leur divertissement, ils ont construit le stade d’amitié sino-malienne. Les comportements des soldats chinois ont obtenu l’appréciation générale de la population locale.

Ce qui mérite l’attention, c’est qu’au 31 mai 2016, le camp de la Minusma a connu une attaque terroriste. Shen Liangliang, notre jeune soldat de 29 ans du contingent de génie, a contribué sa vie à la préservation de la paix sur ce territoire malien. Ses actes héroïques confirment des casques bleus chinois dans la mission onusienne afin de mieux contribuer à la paix du Mali et à l’amitié sino-malienne ».

 

La politique de visa de la Chine pour le Mali expliqué par le premier conseiller de l’ambassade

L’ambassadeur de la République populaire de Chine au Mali, S. E. Mme Lu Huiying, a animé hier mardi 21 novembre 2017 une conférence de presse dans l’enceinte de la représentation diplomatique à Bamako. Avec les hommes de médias, S. E. Mme Lu Huiying,  entourée de ses plus proches collaborateurs notamment le premier conseiller, Wang Yi ; le conseiller économique, Zhang Shengbin ; le conseiller militaire le senior colonel Fenghua Mao, a fait part des conclusions du 19e congrès du Parti communiste chinois tenu du 18 au 24 octobre dernier. L’occasion était bonne pour le premier conseiller, Wang Yi, d’expliquer la politique du visa de la République populaire de Chine pour le Mali. Nous vous proposons ici sa communication en intégralité. 

« Tout d’abord, il me faut vous signaler que, la porte de la Chine envers le monde reste toujours ouverte, le règlement et l’ajustement de politique d’octroi de visas correspondent au courant des actes internationales et concernent à la situation sécuritaire du Mali, et qu’il existe de graves faux papiers et fausses invitations parmi les documents déposés par les demandeurs maliens pour obtenir le visa de commerce de “Type M”.

Dans ces contextes, dès le mois de février 2016, la Chine a pris des mesures nécessaires pour mieux garantir les intérêts légales des commerçants maliens qualifiés et bien notés, pour mieux mettre en ordre le dépôt des demandes de visa, et enfin  pour mieux servir la facilitation de la circulation humaine entre les deux peuples.

La mesure principale est: Une lettre d’invitation autorisée et compétente est demandée d’être présentée à la demande de visa du commerce (type M). Demander une telle lettre d’invitation comme un dossier essentiel pour le visa est une pratique courante internationale.  Il existe de nos jours plus de 800 établissements et entreprises autorisés en Chine qui ont la capacité d’émettre une lettre d’invitation autorisée et compétente. Si vous n’avez pas le moyen d’obtenir la lettre auprès de ces établissements et entreprises, et si vous êtes petit ou moyen entrepreneur, vous pouvez aussi faire une demande aupres du Bureau des Affaires Etrangères de chaque ville locale pour obtenir une confirmation de lettre d’invitationavec une efficacité équivalente à une lettre d’invitation autorisée et compétente. Ce système permet aux établissements consulaires de Chine d’accélérer le processus de la distinction et de la vérification de l’authenticité des demandeurs de visa. Son objectif ultime est de régulariser et de faciliter la circulation humaine entre les pays.

En considération de difficultés réelles pour les commerçants maliens, au mois d’aout de l’année dernière, l’Ambassade de Chine et le Ministère du Commerce du Mali sont arrivées à décider à faire un arrangement particulier pour les commerçants maliens, à savoir créer une Commission de la gestion de visa chinois de type M. Tous les 7 jours, une liste de commerçants qualifiés, examinée par cette commission, garantie par le Ministère du Commerce est transmit au Consulat de l’Ambassade de Chine. Ce mécanisme est un fruit précieux de la coopération sino-malienne. Il se déroule avec fluidité et a remarquablement augmenté le nombre de visas accordés aux commerçants maliens. Par le biais de cette commission, l’Ambassade de Chine prend en communication avec la communauté des commerçants. Des rencontres périodiques sont fréquemment organisées entre les responsables de ladite commission et le consul de l’Ambassade.

En plus, au juillet 2017, les deux Ministères des Affaires étrangères chinoise et malienne ont organisé la première concertation consulaire à Beijing. Après les négociations dans une ambiance amicale, des mesures de facilitation de visa chinois sont deja applique des le 1er Octobre. Les demandeurs maliens pour le visa du commerce de Type M  seront exemptes de la remise de la Lettre d’invitation autorisée et compétente ainsi que de la lettre de confirmation d’invitation dans  trois  cas:

I. Les fonctionnaires ayants l’Attestation de travail et de l’Ordre de Mission des institutions suivantes pour des achats publics en Chine: la Présidence, la Primature, les 35 Ministères, l’Assemblée Nationale, la Cour Suprême, la Cour Constitutionnelle, la Haute Cour de justice, le Haut Conseil des Collectivités territoriales et le Conseil Economique, Social et Culturel.

II. Les hommes d’affaires qui fréquentent pendant toute l’année la Chine.

III. Les titulaires de la lettre de Garantie émise par les sociétés chinoises accréditées au Mali, avec leurs identités ayants été vérifiées par l’Ambassade de Chine. Les dix premières sociétés chinoises autorisées sont :

China Road Bridge Corporation (CRBC), Sinohydro Corporation Limited (SINOHYDRO), Huawei Technologies SARL (HUAWEI), ZTE Corporation (ZTE), China Overseas Engineering Group Co.(COVEC), China Geo-engineering Corporation (CGC), China Gezhouba Group corporation (CGGC), China Railway Construction Corporation (CRCC), La Société nationale des travaux de construction du Henan de Chine (CHECEC), Le Groupe de Construction de QINGDAO (QDCG).

Les demandeurs susmentionnés sont aussi dans l’obligation de soumettre la Lettre d’Invitation normaleémise par la partie d’accueil de Chine, jointe par les pièces requises et conformes aux critères exiges par l’Ambassade de Chine, comme le formulaire de demande de visa, la photo, et le billet d’avion d’aller et retour. Pour les hommes d’affaires qui fréquent la Chine,  il faut encore l’Attestation de dépôt de fonds.

Pour terminer, la bonne circulation du personnel est une partie très importante de la coopération amicale sino-malienne. Franchement, l’obtention de visa chinois est beaucoup plus facile et rapide par rapport à la plupart des pays mondiaux. L’année dernière, l’Ambassade de Chine au Mali a accordé au total 1862 visas d’entrée à des citoyens maliens, dont 1287 sont des opérateurs économiques. Les six premiers mois de l’année 2017, 1282 visas du commerce de “Type M’’ sont déjà accordés par l’Ambassade, ce qui représente presque la quantité entière de l’année dernière. La porte est toujours ouverte aux commerçants maliens qualifiés et la partie chinoise n’épargne aucun effort pour la facilitation de la bonne circulation humaine ».

La rédaction

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