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HYDROCARBURES :Trafic du carburant, un fléau qui perdure !

Malgré les dénonciations de la presse et des organisations de la société civile, le trafic d’essence n’a jamais aussi prospéré si ce n’est ces derniers temps. Les réseaux montés depuis les frontières, sévissent à travers la capitale et dans les autres villes …

Le trafic du carburant est l’une des activités principales des jeunes…Cette vieille activité fait le bonheur des contrebandiers, des automobilistes et des automobilistes et engins à deux roues et tricycles. Il fait aujourd’hui vivre des milliers de familles de contrebandiers. Ce trafic bien que juteux, cause aussi beaucoup de dégâts et de préjudices à l’Etat et aux acteurs d’hydrocarbures.

Les tankers transporteurs du carburant, sont bien organisés. Car ils travaillent en groupe.  Ils louent nuitamment les mini bus qu’ils remplissent de bidons et de fûts vides. Ils ont leur point de rencontre avec les camionneurs qui transportent le carburant. Dans des endroits où personne ne peut suspecter leurs mouvements.Après le vol au niveau des citernes, la piste la plus utilisée reste les pistes rurales.

La technique de vol la plus sophistiquée se pratique au moment du ravitaillement des citernes au dépôt. Selon les témoignages, les agents chargés de mettre du carburant dans les citernes, en complicité avec les chauffeurs, dépassent le plein. Dès que les camions citernes franchissent le portail du dépôt, il traverse la route pour se diriger au lieu du stationnement, de l’autre côté de la route où attendent une foule de jeunes gens munis de bidons de vingt litres. C’est là que les voyous de chauffeurs s’arrangent à faire le premier dépotage. Le surplus du carburant enlevé, les camions citernes partent pour les stations d’essence. Curieux quand on sait cette zone est gardée vingt-quatre heures sur vingt-quatre par les forces de sécurité et de vigiles !

Qui sont les clients du carburant volé ?

Les petits détaillants, revendeurs au bord des routes et certaines stations d’essence privées sont les premiers clients des produits pétroliers trafiqués. Ce carburant bon prix fait les affaires de ces derniers.

« C’est notre business. Cette activité ne date pas d’aujourd’hui. Nous achetons l’essence ou le gazoil avec des réseaux à bas prix et on le revend aux automobilistes, surtout les taximen ; Sotrama et les conducteurs motos-taxis qui roulent avec un ou deux litres », se réjouit notre interlocuteur sous l’anonymat.

Selon nos enquêtes, ce phénomène prend de plus en plus d’ampleur parce qu’il n’est pas assez combattu par les gouvernants. Le problème est resté invisible pendant de nombreuses années, les gens ne reconnaissant pas le trafic d’hydrocarbures en aval comme un problème. C’est une affaire de plusieurs milliards qui touche de nombreuses personnes dans le pays. C’est un trafic à grande échelle entretenu par les gros bonnets. L’essence de contrebande représente plus de 30% de la consommation nationale.

Un trafic dangereux !

Ce trafic juteux auquel s’adonnent plusieurs jeunes, cause parfois beaucoup de dégâts et d’accidents mortels.  Ainsi plusieurs personnes ont trouvé la mort sur le chemin de ce trafic. A la question de savoir ce que l’Etat perd sous le règne des trafiquants, aucune réponse ne nous a été donnée. Toutes nos tentatives auprès des services financiers furent vaines. Personne n’a daigné décrocher le téléphone. Pour nos interlocuteurs, le pétrole est une denrée importante dans le fonctionnement d’un Etat. Donc classé dossier sensible. Pas question de tout dévoiler à la presse.

Un ancien haut responsable du ministère de l’Energie et des mines soutiendra « qu’on ne peut pas régler ce problème uniquement par les contrôles policiers et douaniers. Si cela était suffisant, la contrebande d’essence aurait été déjà éradiquée. L’Etat doit agir sérieusement et non se limiter simplement à des sorties sporadiques des forces de l’ordre et à des campagnes publicitaires. Le gouvernement doit combattre la contrebande comme le terrorisme. Couper les racines de ces voyous en commençant par supprimer les points de vente, les stations-services sauvages le long des routes.

Source: Le Point

 

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