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Grève des enseignants : Quand le gouvernement Boubou Cissé fait de la diversion

Le Premier ministre Dr Boubou Cissé et le ministre de la Fonction publique, M. Oumar Hamadoun Dicko ne parle pas le même langage en ce qui concerne l’incidence financière de l’augmentation de 20% réclamée par les syndicats d’enseignants signataires du 15 octobre 2016. Le premier,  Dr Boubou Cissé,  parle  de 52 milliards de F CFA et le second, le  ministre du Dialogue social, du Travail et de la Fonction publique, M. Oumar Hamadoun Dickon, avance le chiffre  de 58 milliards de F CFA.

 

Pour moi, la vérité n’a pas  été dite au peuple malien. En fait, depuis les négociations sur l’adoption d’un statut particulier pour l’enseignement secondaire sous le gouvernement Abdoulaye Idrissa Maïga, D. Boubou Cissé, ministre des Finances d’alors, n’était pas d’accord avec le Premier ministre M. Maïga et son ministre de l’Education nationale, M. Housseini Amion Guindo à l’époque des faits. Il faut voir les conditions dans lesquelles le dossier a été transmis à l’Assemblée nationale du Mali pour l’approbation des députés. Le Premier ministre Maïga et son ministre de l’Education nationale avaient chacun en ce qui le concerne un agenda politique pour l’élection présidentielle de juillet 2018. Un membre de la commission de conciliation en savait beaucoup. Je ne crois pas aussi que cette incidence financière puisse atteindre les milliards dont parlent le Premier ministre et son ministre du Dialogue social, du Travail et de la Fonction publique. Il y a  des enseignants de 3eme, 2ème, 1ere classes et la classe E. L’incidence est surtout ressentie chez les agents de fin de classe exceptionnelle.

Le gouvernement Dr Boubou Cissé n’a pas tenu l’engagement de l’esprit du gouvernement Soumeylou Boubèye Maïga qui avait entrepris en son temps de convoquer toute la société civile et les différents syndicats nationaux pour faire une augmentation générale à tous les agents de l’Etat du Mali avec un chronogramme bien suivi. L’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM)n’était pas d’accord sur ce principe et elle a dit clairement qu’elle ne participera pas à ce panel dont la date a été annoncée. Elle a dit que le salaire des travailleurs de l’Etat n’est pas quelque chose à discuter sur la place publique. Elle a déclenché une grève générale dont la suite a été l’accord entre elle et le gouvernement dirigé par Soumeylou B. Maïga pour une augmentation de 20% qui va des périodes 2020 et 2021. M. le Premier ministre Soumeylou B. Maïga a été muet sur la requête des syndicats qui disposent des statuts particuliers jusqu’à son départ de la tête du gouvernement du Mali le 19 avril 2019.

Pour le gouvernement, ces syndicats ne sont pas concernés. Et pourquoi maintenant il vient de reconnaître «la légalité et la légitimité des revendications des syndicats des enseignants… » ?

Les Maliens doivent comprendre que Dr Boubou Cissé est toujours dans ces bottes de l’année où il s’était opposé à ce statut de l’enseignement secondaire. Il fait de la subversion avec son ministre Oumar Hamadoun Dicko et le ministre de la Communication, chargé des Relations avec les institutions,  porte- parole du gouvernement,  M. Yaya Sangaré. Dr Boubou dit qu’il est enseignant et fils d’enseignant. Son père a été un vrai  enseignant de son vivant. Mais lui, il est enseignant dans quelle école supérieure ? Nous avons besoin de son  emploi du temps. Ce monsieur ne dit pas la vérité au peuple malien.

Ceux qui demandent une trêve pour une question de sécurité nationale ne savent pas que le Mali est en insécurité depuis juin 1990 date à laquelle les groupes unifiés de l’Azawad ont déclenché la deuxième rébellion au Mali par l’attaque de la ville de Ménaka ? Ils ont oublié que le Mali était en guerre pendant tous les mandats des présidents Alpha Oumar Konaré et d’ATT ? Les différentes attaques du groupe d’Ibrahim Ag Bahanga sous le président Alpha Oumar Konaré et ATT, la chute du Nord en 2012 sous ATT par la coalition MNLA-MUJAO-Ansardine-AQMI-Bokoharam, etc. Le Mali est en guerre totale depuis Konna 2013. Les Maliens ont su que leur armée était en état de décrépitude depuis plusieurs années. Les Maliens ont oublié que sous la transition du Pr Dioncounda Traoré que l’Assemblée nationale a voté un budget pour payer des équipements militaires à notre armée dont un radar pour l’armée de l’air. Pourquoi ceux qui demandent la trêve aujourd’hui ne l’avaient pas demandé à l’UNTM en 2019? Ces Maliens-là sont vraiment amnésiques. Comment  l’ancien Premier ministre Soumeylou BoubeyeMaïga avait pris l’initiative de faire une augmentation générale pour tous les travailleurs et les autres travailleurs sont écartés ? A l’époque, le gouvernement Boubeye a dit aux magistrats en grève d’attendre car une augmentation générale est prévue et leur situation sera  prise en compte.

Combien d’institutions budgétivores ont été créées par le président IBK dont le cas du professeur Dioncounda Traoré, nommé comme Haut Représentant du chef de l’Etat pour le Centre. Le président IBK avait donné ordre au Dr Boubou de régler tous les problèmes des enseignants. C’était lors de la journée de l’enseignant organisée à Koulouba le 5 octobre 2019. Dr Boubou Cissé a autres choses dans sa tête. Moi, je n’ai pas même confiance à la réalisation de la construction de la route Sévaré-Gao dont il vient de poser la première pierre la semaine passée à Gao. Il ne faut pas que les gens de Gao soient trop crédules ; cet homme ne m’inspire pas confiance. Observons avec vigilance le  président François Mitterrand lorsqu’il disait « Lorsqu’une zone d’ombre échappe au regard du peuple, il n’y a pas de République».

En conclusion, c’est un complot général contre les enseignants, complot qui a ses racines depuis le 19 novembre 1968, date à laquelle le CMLN (« Comité militaire de liquidation nationale » d’après feu Amadou Seydou Traoré) a pris le pouvoir. Ce message de dénigrement des enseignants a été véhiculé dans l’administration générale du Mali. Un médecin malien en fonction à Dioïla en 2000 est parti jusqu’à dire que « mêmes les enseignants ont un statut particulier ». Il a oublié que sans l’enseignant, il ne sera jamais médecin. Mais les agents de l’Etat du Mali doivent réclamer leurs droits mais ils doivent aussi travailler très honnêtement. C’est ce qui manque à la majorité des agents de l’Etat et à tous les niveaux. Ils réclament quotidiennement de l’argent mais ils ne travaillent pas. Avant les enseignants ne volaient pas mais maintenant qu’ils ont intégré le système mafieux, tout le monde crie.

Le gouvernement du Mali doit appliquer à la lettre l’article 39 du statut général de l’enseignement secondaire.

Maliens,  arrêtons les mauvaises pratiques pour que notre pays avance  dans l’intérêt de tout le monde !

Brin COULIBALY

Inter De Bamako

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