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Éducation : au Mali, on ne peut pas se passer du privé

Education : Alors que les écoles privées ont été accusées lors des examens de fin d’année de créer les conditions de la triche pour leurs candidats, Yacouba Dramé estime qu’on ne peut pourtant se passer d’elles.

« Si on décide de se priver des écoles privées, aujourd’hui, ça serait catastrophique pour les enfants. Déjà, “école publiques” rime avec pléthore. Quand vous faites un tour au Lycée Hamadoun Dicko de Sevaré, vous pourrez le constater vous-même». Oumarou Guindo est professeur de philosophie dans le secondaire. Pour lui, l’enseignement au Mali ne saurait se passer du privé, devenu un acteur majeur du système éducatif.

Selon les dernières statistiques du ministère de l’Éducation nationale, au mois d’avril dernier, au niveau de l’enseignement secondaire, les établissements scolaires étaient estimés à 1961, dont seulement une centaine du côté public. Les privés sont nombreux et très unis.

Depuis la libéralisation du secteur de l’éducation au Mali, les structures privées n’ont cessé de croître. Aujourd’hui, elles dépassent largement ceux du public.

Evolution démographique

Au départ, après l’indépendance, le pays avait pourtant opté pour une formation quasi publique pour l’ensemble de ses élèves. Cette situation a permis de former les futurs cadres du jeune État nouvellement indépendant durant plus de deux décennies. Mais, l’évolution démographique a sonné le glas de l’enseignement de masse et de qualité prôné par la réforme de 1962 sous la première République. L’histoire des écoles privées au Mali a débuté en 1994 avec l’adoption de la première loi ouvrant le secteur de l’éducation à l’enseignement privé pour combler le déficit que le public n’arrivait pas à combler.

Après plus de vingt ans d’exercice, les écoles privées maliennes se sont implantéespartout dans le pays et dans tous les ordres d’enseignement. Du préscolaire au fondamental en passant par le secondaire et le supérieur.

Trop de problèmes au public

Cette disparité s’explique par l’absence d’infrastructures adéquates permettant d’accueillir l’ensemble des élèves venus du fondamental. Donc, le gouvernement malien a mis en œuvre une politique d’orientation des élèves titulaires du DEF (Diplôme d’études fondamentales) vers les établissements privés en vue d’assurer la formation continue des enfants qui n’ont pas de places dans les établissements publics.

«L’année passée, seulement 20% de mes admis au DEF ont opté pour le public, le reste sont dans les établissements privés à cause des difficultés du lycée public », explique Souleymane Konaté, directeur d’école au second cycle.

Les grèves intempestives des enseignants ou des élèves selon les années, les violences en milieu scolaire, les infrastructures scolaires inadaptées ou encore les problèmes d’eau et d’électricité semblent être le bilan peu reluisant de nos écoles publiques.

Excellence

Dans un pays où les classements et statistiques font énormément défauts, il est très difficile d’avoir des chiffres officiels pour le succès des élèves aux différents examens permettant de faire une comparaison entre les écoles privées et les publiques. Malgré cela, en acceptant de confier plus de 80 % de la formation des élèves du secondaire aux écoles privées, l’État démontre l’importance de celles-ci.

Aly Touré, enseignant dans une école publique, qui donne aussi des cours dans des écoles privées affirme que « les conditions de l’enseignement dans les écoles privées permettent d’obtenir l’objectif pédagogique facilement, avec des classes de 30 à 40 élèves contrairement à celles du public ».

La qualité de l’enseignement semble pousser beaucoup de parents d’élèves à solliciter les écoles privées pour la formation de leurs enfants. Au début, l’enseignement privé était une opportunité uniquement réservée aux parents d’élèves de la capitale ou des grandes villes. Mais la donne a changé depuis l’ouverture des écoles privées dans partout dans le pays.

30 ans de chantier

Si l’on peut se fier aux statistiques que nous ont données les établissements privés, ils dépassent de très loin ceux du public en terme de réussite aux examens nationaux. Moussa Traore, parent d’élève, un cadre de l’administration, résume ainsi cette réussite avec une formule choc : « Comment peut-on comparer une formation reçue à coup de millions et une formation de 1000 FCFA ? J’ai toujours inscrit mes enfants dans les établissements privés ». Il fait allusion à la somme payée annuellement par les élèves du public à titre de coopérative scolaire pour chaque élève. Il faut noter que l’enseignement public est gratuit au Mali, du primaire au supérieur.

Si le Mali veut se passer des écoles privées, il nous faut au moins plus de 30 ans de chantier de construction d’écoles, de formation et de recrutement d’enseignants. Mais, au vue de la tendance internationale et pour relever le défi de la bataille de la bonne qualité des ressources humaines en Afrique et dans le monde, nous nous acheminerons bientôt vers la privatisation de l’enseignement au Mali.

Source: benbere
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