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Du mieux dans la libre circulation en Afrique

Selon le dernier « Indice d’ouverture des visas en Afrique », les gouvernements africains facilitent de plus en plus l’accès aux pays dont ils ont la charge.

Par Marlène Panara

Se déplacer en Afrique deviendrait-il une simple formalité ? D’après la quatrième édition du Rapport sur l’indice d’ouverture sur les visas en Afrique, c’est en tout cas de plus en plus facile. « Pour la première fois, les voyageurs africains ont un accès simplifié à plus de la moitié du continent », peut-on lire dans cette étude rédigée conjointement par la Commission de l’Union africaine et la Banque africaine de développement. Ainsi, pour les Africains, 25 % de l’accès au continent se fait désormais sans visas, 26 % en le réclamant à l’arrivée dans le pays.

À noter aussi, 21 pays du continent se sont dotés de eVisas, à remplir en ligne. Un système qui facilite, là aussi, les déplacements. L’Afrique est plus accessible également à l’échelle mondiale. En 2008, 88 % de la population devait obtenir un visa avant de se rendre sur le continent. Dix ans plus tard, le chiffre tombe à 45 %, selon l’Organisation mondiale du tourisme. Une aubaine pour le secteur. Aujourd’hui, l’Afrique s’impose d’ailleurs à la deuxième place des régions touristiques à la croissance la plus rapide, à 5,6 %, quand la moyenne mondiale table à 3,9 %.

Booster le tourisme

Selon le rapport, les pays bénéficiant d’un fort taux de croissance dans le tourisme tiennent donc, logiquement, le haut du pavé. Les Seychelles et le Bénin, deux pays accessibles sans visa, prennent la tête du classement. Le Sénégal fait cette année son entrée dans le top 10 et complète le podium, en exemptant du précieux document une vingtaine de nationalités du continent. Pour les auteurs du classement, cet assouplissement s’inscrit dans la dynamique nationale de promotion du tourisme par les autorités. Le Plan Sénégal émergent (PSE), le programme de développement du président Macky Sall, y consacre une large place. « Au total, le secteur du tourisme soutient 150 000 personnes au Sénégal et j’espère que ce chiffre pourra être multiplié par quatre. Cela représente 10 % du PIB. Nous devons viser à atteindre entre 12 et 15 % d’ici cinq ans », avait fait savoir le ministre du Tourisme et du transport Alioune Sarr, cité par l’étude.

Une volonté politique que l’on retrouve de l’autre côté du continent. L’Afrique de l’Est est en effet la région la plus représentée du Top 20 du classement, avec neuf pays. Un pays de la région y fait cette année une entrée remarquée : l’Éthiopie, avec un bond record de 22 places. Une progression qui s’explique par des décisions gouvernementales allant dans le sens d’une franche ouverture. Le pays a en effet ratifié la zone de libre-échange continentale (Zlec) en avril 2019, signé sa participation au marché unique du transport aérien africain et permis, dès juin 2018, à tous les visiteurs du monde entier de demander des visas en ligne grâce à un système eVisa modernisé. Conséquence ? Le secteur du tourisme en Éthiopie a enregistré la plus forte croissance au monde cette année, d’après le World Travel & Tourism Council.

Encore « des murs à abattre »

Cette politique d’ouverture implique d’autres retombées. Car si la facilitation d’accès aux visas attire les touristes, elle satisfait également les investisseurs, et les femmes et hommes d’affaires. Ainsi, pour Akinwumi Adesina, cité dans l’étude, « la libre circulation des personnes, et en particulier la mobilité de la main-d’œuvre, sont cruciales pour promouvoir les investissements ». Un appel dans la lignée de la stratégie prônée par la Zlec, entrée dans sa phase opérationnelle le 7 juillet dernier à l’occasion du Sommet extraordinaire de l’Union africaine à Niamey, et l’établissement du Marché unique africain du transport aérien, signé jusqu’ici par 28 pays. De toutes ces décisions découle en fait un objectif : l’intégration régionale, la clé, pour le président de la Commission de l’Union africaine Moussa Faki Mahamat du « développement du continent ».

Malgré les progrès réalisés, « beaucoup reste à faire, nuance le président de la Banque africaine de développement dans le rapport. Pour intégrer l’Afrique, il faut abattre les murs ! ». Et ils sont encore nombreux, notamment en Afrique du Nord. Seule la Mauritanie prend place dans le top 20 du classement. Le Maroc, l’Égypte ou encore la Libye sont en queue de peloton. Le rêve du père de l’indépendance ghanéenne Kwame Nkrumah, « Africa must unite » (« l’Afrique doit s’unir »), est encore loin d’être une réalité. Mais il est sur la bonne voie.

Source: lepoint

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