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Discours du président de la République à l’occasion du troisième anniversaire de la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali : UN APPEL À LA MOBILISATION POUR SA MISE EN OEUVRE

Mes Chers 
Compatriotes,
Permettez-moi, tout d’abord, en cette fin du mois béni de Ramadan de rendre grâce à Allah (SWT) pour nous avoir permis de nous retrouver afin de célébrer, dans la concorde, le troisième anniversaire de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, signé à Bamako le 15 mai et parachevé le 20 juin 2015.
Je saisis cette occasion pour exprimer toute la reconnaissance de l’ensemble du Peuple malien à la Communauté internationale pour son appui et son accompagnement multiformes dans le processus de mise en oeuvre de cet Accord historique. Je voudrais particulièrement mentionner la République Algérienne Démocratique et Populaire qui assure la présidence du Comité de Suivi de l’Accord (CSA), les pays membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies et les pays contributeurs de troupes, pour les immenses sacrifices consentis pour la stabilisation et le retour de la paix au Mali. Qu’ils trouvent, ici, l’expression de notre parfaite gratitude. En dépit des souffrances physiques et morales que les terroristes et les narcotrafiquants font subir à nos populations au nord et au centre du pays, nous ne céderons pas sur notre choix stratégique d’imposer la paix par la mise en oeuvre de l’Accord.
A cet effet, j’ai instruit au Gouvernement d’amplifier et d’entretenir la nouvelle dynamique, vertueuse, entre les Parties maliennes qui consiste à parler d’une même voix lors des réunions du CSA, comme ce fût le cas depuis la 24ème session du CSA tenue le 23 avril 2018 et lors de la récente visite du Secrétaire Général des Nations Unies dans notre pays, les 29-30 mai 2018.
Par ailleurs, j’engage toutes les Parties à l’Accord (Parties maliennes et Communauté internationale) à mettre en oeuvre toutes les recommandations pertinentes contenues dans le premier rapport de l’Observateur Indépendant, publié le 28 mai 2018 en marge des travaux de la 25ème session du CSA.
Dans le même temps, nous saluons le professionnalisme de l’Observateur Indépendant et la qualité de son rapport, ce qui confirme le bon choix fait par les Parties maliennes de retenir le Centre CARTER pour jouer ce rôle, combien délicat et combien important pour le processus de paix au Mali.

Mes Chers 
Compatriotes,
Il ne s’agit point pour nous ici de faire un bilan exhaustif, mais après trois (3) ans de mise en oeuvre de l’Accord, nous pouvons faire le point sur le chemin parcouru, dégager les difficultés rencontrées et esquisser quelques perspectives pour le devenir même de notre chère patrie, en suivant les quatre volets essentiels de l’Accord.

A. En matière de réformes politiques et institutionnelles

L’opérationnalisation des nouvelles Régions de Taoudénit et Ménaka.
La mise en place et l’opérationnalisation des Autorités intérimaires auxquelles il a été demandé d’élaborer leurs Plans d’actions prioritaires en tenant compte des projets et programmes déjà en cours et des spécificités de chaque région.
La relecture des principaux textes sur la Décentralisation, l’Administration du territoire et les Elections. Ces textes ont été déjà adoptés par le Gouvernement et approuvés par l’Assemblée Nationale.
La révision de la Constitution du 25 février 1992, notamment pour prendre en charge les dispositions de l’Accord relatives à la mise en place de la 2ème chambre du Parlement (Sénat) : le processus de révision de la Constitution a été entamé, mais face aux menaces sur l’unité nationale que cela a suscitées, j’ai décidé en août 2017 de sursoir au processus, dans l’objectif de le reprendre dès que les conditions seront réunies.

B. En matière de défense et de sécurité

La création et l’opérationnalisation du Conseil National de la Réforme du Secteur de la Sécurité (CN-RSS) et ses Cellules spécialisées ; de la Commission Nationale de Désarmement – Démobilisation – Réinsertion (CN-DDR) et de la Commission d’Intégration (CI).
La constitution des premières unités du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC) et des patrouilles mixtes à Gao, Tombouctou et Kidal.
La poursuite du processus de construction des sites de cantonnement pour accueillir les ex-combattants : sur les 24 sites identifiés et validés par la MINUSMA, actuellement 8 sites de cantonnement pouvant accueillir chacun 750 ex-combattants, sont déjà utilisables. De plus, le Gouvernement a décidé de créer deux (2) sites de cantonnement au centre du pays (à Ténenkou et à Bankass), afin de prendre en compte les combattants opérant dans cette zone et qui accepteraient de déposer les armes et de rejoindre le processus de paix.
L’organisation de la Table Ronde pour la validation du Programme national DDR, élaboré par le Gouvernement et les mouvements signataires.

C. En matière de développement économique, social et culturel

La mise en place des Agences de Développement Régional (ADR) dans toutes les régions et la signature des Contrats Plans Etat – Régions (CPER) pour la réalisation des projets et programmes structurants dans les Collectivités territoriales.
La tenue de la Conférence Internationale de Paris du 22 octobre 2015 sur le Développement du Mali, qui a enregistré des annonces de contributions de 3,2 milliards d’Euros. L’organisation de la Table ronde sur les infrastructures prévues dans l’Accord.
L’élaboration et la validation de la Stratégie Spécifique de Développement des Régions du Nord du Mali et des projets de textes du Fonds de Développement Durable.
L’élaboration et la mise en oeuvre du Plan d’Urgence et de Relèvement pendant la période intérimaire 2016-2017 et l’organisation par le Gouvernement à travers le Ministère de la Solidarité et de l’Action Humanitaire (MSAH) d’un atelier sur les journées d’échanges sur les questions humanitaires et la situation des réfugiés maliens, avec la participation des mouvements signataires de l’Accord.

D. En matière de réconciliation, de justice et de questions humanitaires

L’élaboration et la mise en oeuvre du Plan d’actions de gestion des personnes déplacées internes, et des réfugiés, dont la signature de 3 accords tripartites (Gouvernement, HCR, pays d’accueil) pour le retour des réfugiés maliens vivant au Niger, au Burkina Faso et en Mauritanie.
La poursuite de l’opérationnalisation de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) dont les membres ont été portés de 15 à 25 Commissaires afin d’assurer plus d’inclusivité des acteurs concernés. L’organisation de la Conférence d’Entente Nationale dont les conclusions et les recommandations issues vont servir d’éléments constitutifs pour l’élaboration d’une “Charte pour la paix, l’unité et la réconciliation nationale”, et l’adoption du projet de Loi d’Entente Nationale.
En dépit de ces avancées, de nombreux défis se posent aux parties maliennes dans la mise en oeuvre de l’Accord. On peut retenir, entre autres :
– L’opérationnalisation des bataillons du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC) à Gao, Kidal et Tombouctou et le déploiement des patrouilles mixtes ;
– L’installation et le fonctionnement effectif des Autorités intérimaires et des Collèges transitoires, le retour de l’Administration dans toutes les régions du nord et le rétablissement des services sociaux de base ;
– La mobilisation des financements annoncés lors de la “Conférence internationale pour la relance économique et le développement du Mali” (Paris, le 22 octobre 2015), pour réaliser les engagements souscrits par le Gouvernement malien dans l’Accord ;
– La concrétisation du principe de l’inclusivité et son respect au sein des mouvements signataires de l’Accord (Coordination et Plateforme),
– Le renforcement des actions de communication.

Mes Chers 
Compatriotes,
En termes de perspectives dans la mise en oeuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, on peut retenir, les aspects suivants :
1) Créer un environnement propice à la mise en oeuvre de l’Accord notamment par l’opérationnalisation rapide de la Force Conjointe du G5 Sahel
2) Accélérer le processus de cantonnement et de DDR/Intégration, tout en prenant des réalités nouvelles créées par l’évolution de la situation
3) Rendre opérationnelles les Autorités intérimaires au niveau région dans toutes les régions du nord et les installer rapidement au niveau cercle,
4) Consolider la trêve entre les mouvements signataires de l’Accord (CMA et
Plateforme), signée le 23 août 2017 et reconduite d’accord parties le 6 septembre 2017. Cette dynamique de trêve a abouti à la signature le 20 septembre dernier du document intitulé “Engagements”, qui consacre la cessation immédiate, totale et définitive de toute forme d’hostilité entre les deux mouvements.
5) Faciliter la mission du Centre CARTER et ses sept (7) principales recommandations.

Mes Chers 
Compatriotes,
Je voudrais, encore une fois, réaffirmer solennellement ma détermination personnelle et celle du Gouvernement à mettre en oeuvre fermement les engagements de l’Etat malien contenus dans l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, dont nous célébrons depuis le troisième (3ème) anniversaire de la signature.
Enfin, pour terminer mes propos, je lance un appel à toutes les Maliennes et à tous les Maliens pour qu’ils se mobilisent autour du Gouvernement dans la mise en oeuvre de cet Accord consensuel, qui constitue aujourd’hui la seule alternative pour stabiliser notre pays et le mettre sur le chemin de la réconciliation nationale, du vivre ensemble sur le sentier de la prospérité économique et sociale.

Vive le Mali Un et 
Indivisible, en Paix 
et Réconcilié !
Vive la Solidarité 
Régionale, Africaine 
et Internationale !
Qu’Allah bénisse 
le Mali.
Je vous remercie !

 

Source: Essor

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