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Commerce de la mangue : UN FRUIT QUI FAIT DU BIEN À TOUT LE MONDE

filiere mangue fruit exploitations Elle possède des propriétés insoupçonnées de la majorité des consommateurs. Et dépanne une armée de vendeuses saisonnières

Sa saison bat son plein et elle se trouve au menu de tous les desserts, même ceux des consommateurs les plus modeste. Elle, c’est le plus populaire de nos fruits, la mangue. Fruit délicieux et riche en éléments nutritifs, singulièrement en antioxydants, elle est souvent consommée sans que celui qui la déguste ne connaisse vraiment toutes ses vertus. L’amateur moyen s’arrête le plus souvent à la saveur goûteuse du fruit et ignore les propriétés nutritionnelles de ce dernier. Les mangues sont riches en phénols et contiennent des  enzymes en grande quantité. Or les premiers comme les seconds sont connus pour réduire le risque de cancer. Outre, les mangues sont riches en pectine, une fibre soluble dont les études ont démontré qu’une grande consommation diminue le risque de formation des cellules cancéreuses dans le système gastro-intestinal.

La mangue prodigue d’autres bienfaits, comme aider la digestion, améliorer la libido, optimiser la mémoire, atténuer le risque de coups de chaleur, prévenir l’anémie et combattre les giardia (des parasites intestinaux unicellulaires). Lorsqu’on en recense toutes les vertus, on ne peut que réjouir du fait qu’un fruit aussi utile soit d’accès facile. Présent sur les étals d’une multitude de vendeuses sur une grande partie du territoire national, il fait l’objet d’un commerce très actif sur les axes d’entrée à Bamako que sont les routes de Niamana, Kolokani, Kangaba et Ségou.

Dans le négoce des mangues, les propriétaires de vergers sont apparemment les grands gagnants, eux  qui négocient directement avec les grossistes. Lesquels à leur tour alimentent les filières des demi-grossistes et de détaillants.

Fatoumata vient du village de Djoliba. Elle expose sa marchandise ses produits au bord de la route menant à Kangaba et attend patiemment les clients qui sont pour la plupart des automobilistes et des voyageurs de passage. Dès qu’une voiture ralentit, on la voit aussitôt sprinter avec une étonnante vélocité pour accrocher l’éventuel chaland. Ici, le panier de mangues est cédé entre 500 et 1000 Fcfa. Notre interlocutrice nous explique qu’à chaque saison de mangues, elle s’adonne à ce commerce. « Nous avons la chance de posséder des manguiers. Très tôt le matin, mes garçons cueillent les fruits. Ensuite je les trie. Les plus grosses des mangues vont dans les paniers que je vends à 1000 Fcfa pendant que les plus petites remplissent les paniers de 500 Fcfa ».

UNE RELATIVE CHERTÉ. Le schéma de Fatoumata est répliqué par les nombreuses vendeuses installées sur le bord de la route de Kolokani et proposant, elles aussi, les mangues aux voyageurs. Ici, elles sont présentes de jour comme de nuit, pourchassant paniers ou calebasses remplis en main chaque voiture qui ralentit à leur hauteur. Il est 21 heures la nuit où nous les observons. Une voiture en provenance de Kolokani vient de se garer. Trois femmes se ruent vers le même client, chacune s’efforçant de le convaincre. « C’est ce soir que je les ai cueillies », jure l’une des vendeuses en présentant quelques mangues de son panier qu’elle propose à 1000 Fcfa. Mauvaise pioche pour la vendeuse, le client ne se laisse pas emballer facilement. Il s’énerve même. « Vous croyez que nous sommes stupides ou que nous ramassons l’argent par terre. Vous proposez une toute petite quantité de mangues pour 1000 Fcfa. Je vous apprends qu’à Bamako, il y a de la mangue à gogo et les prix sont moins élevés que les vôtres. Pourtant, vous avez des manguiers qui poussent un peu partout ici », s’emporte cet agent de l’Etat de retour d’une mission. Le voyageur a aussitôt démarré rageusement  et continué son chemin.

Un peu déconfites, les vendeuses nous assurent qu’elles cueillent elles-mêmes les fruits pour ensuite les vendre. Elles expliquent la relative cherté de leur marchandise par le fait que la cueillette n’est pas une opération facile à mener et qu’ajoutée à la vente, elle leur prend beaucoup de leur temps et les oblige à renoncer à d’autres travaux.

Dans la région de Koulikoro, à Niamana, le négoce, nourrit, semble-t-il, celles qui s’y adonnent. « Avant je vendais des oranges, mais maintenant je me suis entièrement tournée vers les mangues », explique Awa qui reconnait que cette activité est rentable à cette période précise de l’année. Le fruit est si sollicité qu’elle peut en écouler quatre grands paniers par jour. La jeune fille, âgée d’une vingtaine d’années, s’approvisionne dans la localité de Siby. Là-bas, elle indique acheter pour 17.500 ou 20.000 Fcfa de fruits. Awa procède pour la présentation de sa marchandise à ses clients exactement de la même manière que Fatoumata. Les spécimens les plus gros dans les paniers à 1000 francs, le reste dans ceux à 500 francs CFA.

UNE FORTE DEMANDE. A Sélingué et alentours, les vendeuses foisonnent également. A Dogorona, sur la route de Sélingué, les dames installées au bord de la voie ont préféré disposer leurs paniers remplis de mangues sur des grandes tables afin de mieux accrocher le regard des voyageurs. Ici, ce sont de vieilles femmes qui vont vers les clients. Kadidia Traoré et Mama Coulibaly font partie de ces vendeuses qui ont une technique très particulière pour accrocher les acheteurs. Mais elles ont aussi leurs petites astuces. Ainsi dans certains paniers, elles placent des fruits de taille assez modeste et recouvrent ceux-ci de mangues aux arrondis plus qu’attrayants. Les clients appâtés ne se donnent pas le temps de vérifier dans la plupart des cas. Ces dames jurent pourtant le cœur sur la main que leurs gains restent limités, même si le contraire saute à l’oeil. Elles sillonnent différents villages environnants (Dafara, Ntetou, Korona, Baka) pour s’approvisionner en mangues. Les propriétaires de vergers leur cèdent trois fruits à 100 Fcfa. A leur tour, elles vendent le panier à 500 et 1000 Fcfa.

Nous avons rencontré Maïmouna alors qu’elle est revenait de Sénou où elle s’approvisionne habituellement. Il faut dire que ce secteur abrite de nombreux vergers à l’instar de Niamakoro situé dans la Commune VI. Vergers dont les propriétaires se frottent les mains en ce moment tant est forte la demande sur leur production. Maïmouna nous explique qu’elle possède un fournisseur particulier qui lui réserve des mangues tous les jour et dans la quantité qu’elle souhaite. Cela donne à notre dame un réel avantage par rapport à d’autres femmes qui, elles, doivent se lever tôt par crainte de ne pas trouver de quoi alimenter leurs ventes du jour.

Chez la plupart des vendeuses, le fruit est aussi cédé au détail, l’unité revenant entre 25 Fcfa et 150 Fcfa. Aminata qui habite à Kalabancoura s’approvisionne à Niamakoro chez des propriétaires de vergers. Elle peut acheter pour 15.000 ou 20.000 Fcfa pour ensuite trier les mangues avant de les revendre. Cette dame confie que grâce à ce commerce, elle arrive à couvrir ses petites dépenses.

Sur un plan macro, la mangue est un produit très important dans notre économie. Selon la Banque mondiale, elle a rapporté au pays 60 milliards de Fcfa entre 2007 et 2014. La mangue est le deuxième produit agricole d’exportation avec 28.000 tonnes exportées en 2015. Le potentiel exportable est estimé à 100.000 tonnes par an tandis que la production annuelle est estimée à 500.000 tonnes. Comme on le constate, notre pays dispose encore en matière de commercialisation d’une marge confortable. Surtout que la réputation du fruit malien n’est à faire. Conviction de spécialistes.

  1. D. SISSOKO

Source :Essor

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