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Combats autour de Kidal: les groupes armés font régner le chaos

Tous les espoirs nés de la Journée d’évaluation de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus de paix d’Alger, le 23 juin dernier, autour du Premier ministre sont en train de se fondre comme un château de cartes. Depuis le 6 juillet dernier, les jours se suivent, mais ne se ressemblent pas autour de Kidal, à cause des affrontements meurtriers entre la CMA et le Gatia. Dans un communiqué en date du 26 juillet, la Plateforme appelle à barrer la route à ceux qui veulent semer la confusion et le chaos dans la Région et bien au-delà.

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La confusion qui s’installe autour de Kidal, depuis quelques semaines, interpelle les parties à l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, en premier lieu la Médiation internationale, la Mission onusienne, la France… En effet, depuis le dernier chronogramme avorté de l’installation du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC) à Kidal, le 20 juillet dernier, les populations des bourgades environnantes n’ont plus de répit. Deux parties signataires de l’Accord pour la paix, à savoir la Coordination des mouvements armés (CMA) et le Gatia appartenant à la Plateforme des mouvements du 14 juillet, s’affrontent régulièrement avec un bilan humain effroyable. Après ceux des 6, 19 et 20 juillet dernier, les deux camps s’étaient de nouveau opposés, avant-hier mercredi, dans des localités avoisinantes de Kidal.
Selon des sources concordantes, les combats du 26 juillet étaient surtout concentrés dans les localités de Takalout, située à 40 km au sud-est de Kidal et Amassin, à 90 km au sud de la ville. Le bilan, rapportent les sources, est très lourd. Pas moins de vingt personnes ont perdu la vie dans ces violences, indique-t-on.
Par ailleurs, ces affrontements ont également fait plusieurs blessés, dont certains grièvement, en plus des dégâts matériels importants, selon les sources.
Il faut noter que depuis un certain temps, la tension était très vive dans cette partie du territoire qui tarde à rentrer dans le giron de l’État, malgré la signature de l’Accord pour la paix. En effet, plusieurs responsables du GATIA, preuves à l’appui, ont accusé la CMA de se livrer à une chasse aux sorcières en menant des exactions contre les personnes n’adhérant pas à leur cause dans la localité de Takalot.
Sur place, plusieurs structures telles que le camp des déplacés, le CSCOM, etc. ont été pillés. Certains de ces déplacés sont même arrivés à Gao, selon des témoins.
Cette situation intervient après l’échec de la signature d’un cessez-le-feu, le mercredi 19 juillet dernier, sous l’égide du Premier ministre. Ce qui a d’ailleurs été l’une des causes du report du démarrage des activités du Mécanisme Opérationnel de Coordination qui était prévu à Kidal, le jeudi 20 juillet dernier.
Au même moment, l’armée a accusé les ex-rebelles de la CMA d’avoir violé le cessez-le-feu, lorsque dans l’après-midi du samedi 22 juillet dernier, une mission de ravitaillement qui assurait une relève a failli tomber dans une embuscade, sur l’axe Léré-Nampala.
Dans un communiqué en date du 26 juillet dernier, la Plateforme des mouvements du 14 juin d’Alger, a informé le chef de file de la Médiation internationale ; l’Algérie ; le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies à Bamako, Chef de la Minusma ; les Autorités du Mali, la Communauté internationale ; l’opinion nationale et internationale ; toutes les parties prenantes à l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du Processus d’Alger signé le 15 mai et parachevé le 20 juin 2015 à Bamako, de cette dernière attaque de la CMA de ses positions de façon quasi simultanée.
Le responsable de la communication de la Plateforme, Sidi Mohamed Ould Mohamed, indique que les localités attaquées sont entre autres : Takaloute, Koniba, Tiwraghene dans la région de Kidal.
Selon lui, ces malheureux événements sont orchestrés, dans le seul dessein de compromettre les initiatives issues de la rencontre CMA-Gouvernement-Plateforme du 23 juin dernier, laquelle rencontre a initié un chronogramme pour l’installation du MOC ainsi que le retour du gouverneur, des autorités intérimaires et des services sociaux de base dans la région de Kidal.
La plateforme appelle toutes les parties prenantes au Processus de paix ‘’à dénoncer les ennemis de la paix et à barrer la route à ceux qui veulent semer la confusion et le chaos dans la Région et bien au-delà’’.
Si l’espoir, du côté du Gouvernement, quant à la possibilité pour les mouvements armés de revenir à de meilleurs sentiments, dans un bref délai, cette attitude de certains signataires de l’Accord pour la paix (CMA et Plateforme) de violer le cessez-le-feu, à chaque échéance du retour de l’administration à Kidal, n’est pas de nature à rassure les populations du Mali, qui l’interprètent différemment.

Par Sidi DAO

 

Source: info-matin

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