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Avant de fondre sur Alep, l’armée syrienne détruit l’hôpital

Malgré la trêve, l’aviation syrienne a frappé l’établissement de santé de la ville, tuant au moins 30 personnes. Objectif : signifier aux rebelles qu’ils ne pourront plus être soignés. Une tactique classique avant un assaut d’envergure sur la ville.

Combattant rebel arme syrien

Les photos montrent une façade éboulée et des secouristes qui fouillent parmi les gravats. Un jeune au regard hébété porte une fillette inconsciente recouverte de poussière blanche. Des cadavres sont alignés devant ce qu’il reste de l’hôpital Al-Qods, dans le sud d’Alep. Le bâtiment et un immeuble mitoyen ont été bombardés par des avions du régime syrien dans la nuit de mercredi à jeudi. Les secouristes de l’organisation des Casques blancs ont d’abord retrouvé les corps de 20 civils, dont celui de Wassim Maaz, un des derniers pédiatres des quartiers d’Alep tenus par la rébellion. Jeudi matin, ils ont sorti 10 autres cadavres des décombres.

Sous-sols.L’hôpital Al-Qods était soutenu par Médecins sans frontières (MSF) et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). C’était l’un des derniers à être en activité dans cette partie de la ville. La plupart des dispensaires ont été déplacés depuis 2015 dans des sous-sols et des caves. Même s’il accueillait des patients de tous âges, Al-Qods était spécialisé dans les soins pédiatriques.«Tout est détruit», dit un porte-parole de MSF.

Officiellement, la trêve mise en place le 27 février par les Etats-Unis et la Russie est toujours en vigueur. Mais depuis vendredi, raids aériens et combats se propagent. Quelques heures après le bombardement de l’hôpital Al-Qods, une autre frappe a visé jeudi les bureaux de l’ONG syrienne Shafak à Alep. Aucun humanitaire n’a été tué mais deux ambulances ont été détruites. D’après l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), au moins 38 civils ont été tués jeudi dans des raids sur trois quartiers rebelles. Dans la zone tenue par le gouvernement, quatre personnes ont péri dans des tirs d’artillerie rebelles. Mercredi, l’émissaire des Nations unies, Staffan de Mistura, a averti que la trêve était «en grand danger». «Durant ces dernières quarante-huit heures, un Syrien est mort toutes les vingt-cinq minutes», a-t-il ajouté.

Le cessez-le-feu est en réalité abandonné. Le régime syrien a relancé le plan qu’il avait dû abandonner lors de la reprise des négociations à Genève fin février : encercler les quartiers rebelles d’Alep et reprendre la ville. «Il est temps de lancer la bataille pour la libération complète d’Alep. […] Ce n’est pas un secret que l’armée syrienne et ses alliés ont préparé cette bataille décisive pour purifier Alep des terroristes. Elle commencera dans peu de temps et se terminera rapidement», affirme l’éditorial d’Al-Watan, quotidien très proche du régime.

L’armée syrienne et ses alliés – milices chiites irakiennes et afghanes, Hezbollah libanais, conseillers iraniens et russes – vont tenter de couper les routes d’approvisionnement des rebelles qui rejoignent la province d’Idlib, à l’ouest d’Alep. Appuyés par des bombardements aériens, ils progresseront depuis le sud de la ville, où de l’artillerie russe a été récemment déployée.

«Désastre».La frappe dans la nuit de mardi à mercredi contre l’hôpital Al-Qods est l’une des conséquences du plan du régime. Avant chaque offensive, l’armée syrienne vise les structures de santé pour signifier aux combattants rebelles qu’ils ne pourront plus être soignés (lire Libération du 30 janvier). Les hôpitaux sont par ailleurs régulièrement ciblés dans les régions qui échappent à son contrôle. En 2015, 94 frappes aériennes et tirs de roquettes ont touché 63 centres de santé soutenus par MSF.

A Alep, les ONG se préparent au pire. La ville est «aux portes d’un désastre humanitaire», a affirmé jeudi le CICR. «Où que vous soyez, vous entendez des tirs de mortiers, des bombardements et des avions tourner au-dessus de vos têtes. Aucun quartier de la ville n’est épargné. La population est à bout. Tout le monde ici craint pour sa vie, dans l’incertitude du lendemain», a déclaré Valter Gros, le représentant du CICR dans la ville.

Des humanitaires syriens ont mis au point des plans d’urgence en prévision du siège de l’armée. Des stocks de farine, de riz et de médicaments ont été constitués. Des lieux de distribution et des entrepôts ont été choisis. «L’idée est d’éviter que les civils ne viennent tous au même endroit pour s’approvisionner et ne deviennent des cibles faciles pour les avions», expliquait récemment un directeur d’une ONG syrienne.

Luc Mathieu

Source: Liberation.fr

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