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Assises de Bamako : Elles retrouvent l’air libre

Ce sont de jeunes dames qui se sont succédé à la barre lors d’une audience de la Cour d’assises à la Cour d’appel de Bamako. Les accusées relativement plus ou moins âgées sont suspectées de coups mortels et d’infanticide. Et le droit semble avoir été dit

à la suite d’une altercation, MS, une trentenaire et orpailleuse de profession, comme cela ressort du dossier d’accusation, aurait involontairement donné la mort à KT, une autre jeune dame exerçant le même travail qu’elle. Cela s’est passé courant 2019 sur un placer dans la localité de Banancoro, Commune rurale de Nouga.

Du dossier d’accusation, il est ressorti que les deux dames avaient ramassé quelques jours avant, une calebasse quelque part dans la zone d’extraction du métal jaune. Le dossier ne donne pas assez de détails sur ce qui a pu se passer lorsqu’elles ont ramassé ledit récipient. En revanche, il est clair que les deux jeunes dames se sont querellées à cause de cette calebasse.

Au cours de cette altercation qui les a opposées, MS a malencontreusement poussé sa future victime pour la faire tomber. Il se trouve que cette dernière était enceinte de quelques mois. Elle est brutalement retombée de tout son poids par terre. La suite est tragique.

Dans le feu de l’action, KT a été transportée au centre de santé le plus proche de leur localité. Les médecins ont effectué les premiers soins dans l’immédiat. Mais, plus le temps passe, plus l’état de santé de la malheureuse se compliquait, Les soignants ont été obligés d’évacuer KT vers l’hôpital du Point G, dans l’espoir qu’elle y recevra les soins appropriés. Mais, par malheur pour la pauvre dame, les Blouses blanches n’ont rien pu faire pour la sauver, Elle a rendu l’âme peu de temps après son admission.

Le diagnostic des médecins sont clairs ; la jeune dame a été victime d’une hémorragie intra-utérine.
De la tournure dramatique à celle judiciaire- Voilà comment cette histoire qui a débuté par une simple querelle, a pris une tournure dramatique alors que l’auteur des faits ne se doutait de quasiment rien. De la tournure dramatique à celle judiciaire, il n’y avait qu’un petit pas que l’affaire semble avoir franchi.

Celle-ci a commencé par l’ouverture d’une information judiciaire aux termes de laquelle, cette dame a été inculpée d’homicide involontaire. Il s’est avéré que la mort de la jeune dame est consécutive au mal précédemment cité. Et ce mal semble avoir été causé surtout par les blessures dont elle a été victime après sa chute. Donc, aux yeux de la loi, les faits sont assimilables à un acte délibéré de l’inculpée. Ainsi, les spécialistes du droit les ont qualifiés de « coups mortels », un acte prévu et puni par l’article 203 du code pénal, pouvant donner lieu à l’application d’une peine criminelle. Au cours de la procédure, l’inculpée a nié les faits en bloc. Et elle est restée fidèle à cette dénégation des faits jusqu’à la barre, face aux jurés.

L’accusée a juste reconnu qu’elles (l’inculpée et sa victime) travaillaient toutes les deux pour la même personne sur site d’orpaillage. Elle a fait de même pour la dispute qui les a opposées quelque part dans la zone aurifère. Mais par contre, elle a soutenu mordicus qu’elle n’a rien à voir avec la mort de sa collègue. « Nous nous sommes disputées pour une calebasse le matin. Et vers, le soir j’ai été informée qu’elle était souffrante. », a-t-elle brièvement expliqué.

Fort de sa qualité d’assurer la défense des citoyens, le ministère public a estimé que la défunte a été victime d’un coup fatal dont l’auteur n’est autre que l’inculpée présente à la barre. De l’avis du défenseur des citoyens, même si l’inculpée est en train de nier les faits en bloc, l’hémorragie interne dont la jeune dame a été victime est la cause de sa mort.

Le magistrat pense qu’en niant, l’accusée semble avoir l’intention de semer le doute dans l’esprit de la cour. C’est pourquoi, il a requis de la retenir dans les liens de l’accusation.

La défense de son côté, a sérieusement douté de la véracité du certificat médical qui se trouvait dans le dossier comme pièce à conviction. C’est pourquoi, l’avocat n’a pas hésité une seconde de déclarer que « dans ce dossier, il n’y a aucune preuve pour confirmer les faits. En aucun moment, elle n’a donné aucun coup… ». De l’avis du conseil de l’inculpée, c’est la victime qui a agressé sa cliente.

Il a finalement plaidé la non culpabilité de celle-ci, faute de preuves. à la lumière des débats, sa plaidoirie semble avoir porté ses fruits. L’accusée a été reconnue non coupable des faits. C’est ainsi que la cour a ordonné son « acquittement pur et simple ». Et la jeune femme d’origine guinéenne qui avait passé une année en détention provisoire, a finalement recouvré la
liberté.

Tamba CAMARA

 

…MÈRE INDIGNE

Après ce verdict, ce fut au tour de de la dame NK de se présenter devant les jurés pour avoir donné la mort à son nouveau-né issu d’une relation extra-conjugale. Cette sordide histoire d’infanticide s’est passée en novembre 2017, à Yirimadjo Zerny, en Commune VI du District de Bamako. Alors que son époux K.K immigrait en Espagne cette jeune dame a contracté une grossesse indésirée avec un autre homme.

Vu qu’elle s’est subitement retrouvée dans une situation délicate, elle a immédiatement projeté de se débarrasser de sa progéniture. En dépit des réprimandes dissuasives des médecins qu’elle est allée voir pour son projet funeste, KK n’a pas hésité à le mettre à exécution, juste après avoir accouché dans un centre de santé de la place.

C’est ainsi que cette autre jeune dame s’est rendue coupable de crime d’homicide commis sur son nouveau-né. Et du coup, elle est tombée dans la prévention des faits par l’article 199 al.5 du code pénal pouvant donner lieu à d’une peine criminelle. Entre temps, des proches avaient fait la découverte macabre du corps du pauvre bébé que sa mère avait tenté de cacher en le dissimulant dans un sac en plastique avant de s’en débarrasser dans une fosse septique.

C’est comme cela qu’elle a été jugée en Cours d’assises. Et, curieusement, face aux jurés, elle n’a pas cherché à se disculper. Elle est au contraire restée constante dans cette attitude aussi bien devant les juges d’instruction qu’à la barre. Pour justifier son acte, elle a évoqué un cas de viol dont elle a été victime par l’auteur de sa grossesse.

Mais les juges ont estimé que si tel était le cas, elle aurait pu dénoncer le violeur en question pour qu’il paie. Se prononçant sur les raisons de son acte, l’inculpée les a justifiées par la peur. « C’est par peur que je l’ai fait. La peur de nuire à mon mariage », s’est-elle justifiée. Le ministère public a qualifié son cas de « crapuleux », avant d’énumérer les éléments constitutifs du crime dont elle s’est rendue coupable. D’où le maintien de la jeune dame dans les liens de l’accusation comme l’a souhaité le magistrat dans son réquisitoire.

La défense a également tenté de justifier le comportement de sa cliente. Une cliente qui, de l’avis de l’avocat, souffrait de solitude en l’absence de son époux légal. Chose qui l’a poussée à tomber dans les bras d’un autre homme. Partant de là, il a plaidé pour que des circonstances atténuantes soient accordées à la jeune dame. Apparemment, son cri du cœur semble avoir été entendu par la cour qui a condamné l’accusée à 3 ans de prison déjà purgés en détention préventive. Ella a également recouvré la liberté.

T.C

Source: L’Essor-Mali

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