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Après Dialloubé, Boni : les forces militaires reprennent l’initiative dans le centre

Au lendemain de la double attaque des bases MINUSMA de Ber et de Konna, le JNIM se glorifiait dans sa propagande de son nombre de combattants, du succès de ses « opérations spéciales » et d’un arsenal de guerre conséquent. Quinze jours plus tard, il vient de subir en représailles non loin de là, à Boni, une défaite cuisante et des pertes particulièrement lourdes. La katiba opérant dans le Gourma, maintenant privée de son chef et de ses deux plus fidèles lieutenants, n’a plus le même intérêt pour Abou Yahya El Hammam qui rêvait d’expansion djihadiste sans limite.

 

A quelques jours près, les réseaux sociaux nous ont révélé la mise en scène théâtrale d’un Amadou Koufa sûr de lui, s’imposant au numéro deux du JNIM visiblement contrarié, puis la très médiatisée chute d’une de ses branches, peu connue mais pourtant stratégique. Stratégique, elle l’était tant pour le « rassemblement pour la victoire » que pour l’adjoint d’Ag Ghali.

Les populations du Hayré la connaissent bien, la subissent quotidiennement plus exactement. La katiba du Gourma a commencé à semer la terreur et à faire de tout déplacement sur l’axe Mopti – Gao un jeu de roulette russe le jour où El Hammam a vu en elle un moyen de sous-traiter ses entreprises terroristes à des hommes autres que touareg ou arabes. Il en avait fait en quelque sorte l’annexe de son « émirat » de Tombouctou, et un moyen de répandre le terrorisme et l’obscurantisme toujours plus au sud et vers les frontières du Niger et du Burkina Faso.

Seulement voilà, les liens personnels anciens et forts entre Ag Ghali et Koufa semblent avoir eu raison d’autres considérations au JNIM et c’est ce dernier qui a actuellement le vent en poupe parmi les djihadistes. En face, le couple El Hammam – Al Mansour Ag Al Kassam aura tenu un temps et aura tristement additionné les morts parmi les populations locales, les FAMa et les forces de sécurité internationales. Sans ce coup double raté de fin octobre, peut-être qu’Ag Al Kassam serait encore en vie, tout comme son parent Mossa Ag Warbandia qui faisait le lien avec « la centrale ».

Barkhane parle de 7 terroristes abattus. Traduire 7 dont ils sont sûrs, vraisemblablement plutôt une dizaine. Quoi qu’il en soit, privée maintenant de son fondateur, de son émissaire auprès d’El Hammam et peut-être (cela reste à confirmer) d’un autre homme de confiance, le logisticien de la katiba, cette branche du groupe terroriste devrait avoir du mal à remonter la pente. Surtout avec à côté un Koufa qui a une stratégie personnelle bien distincte pour le Front de Libération du Macina.

Si on revient sur l’enchainement d’autres événements en début d’année, on se rappellera que dans la foulée de l’opération des forces spéciales maliennes à Dialloubé, où des dizaines de terroristes avaient été tués ou arrêtés, plusieurs sites internet avaient déjà révélé l’arrestation d’un important soutien logistique du FLM à Macina. On peut parier de nouveau que la Toile s’apprête à nous livrer quelques confidences.

Les terroristes croient généralement avoir l’initiative. L’histoire semble pourtant se répéter : à force de coups d’éclats, ils s’exposent à plus forts qu’eux. Dialloubé, Boni… un match décisif est peut-être en train de se jouer.

Ousman K

La rédaction

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