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Affaires Sanogo et codétenus: le cri de cœur des femmes des militaires détenus

Elles étaient devant la presse, hier lundi, à la Maison de la presse pour lancer un appel au président IBK afin qu’il prenne à bras le corps ce dossier, qui, selon elles, dure depuis quatre années. Décidées à voir une issue à cette affaire judiciaire qui a fait couler beaucoup d’encre et de salives, les femmes des militaires des 14 militaires et paramilitaires pour le meurtre de 21 bérets rouges réclament un jugement ou une libération de leur mari.

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Ladite conférence de presse était animée par Mme DEMBELE Madina Sissoko, président du Collectif des épouses des militaires et paramilitaires poursuivies dans cette affaire ; en présence de Mme DEMBELE Fatoumata DAOU, porte-parole du collectif, du Dr Oumar MARIKO, Président du parti SADI et une foule de parents des victimes du contre coup d’État du 30 avril 2012.
C’est dans un climat très tendu que la Mme DEMBELE a campé le décor de cette conférence de presse, à travers laquelle, ces femmes dénoncent la lenteur de l’État dans le processus judiciaire. Selon la conférencière, les autorités compétentes ont baissé le bras pour leur propre intérêt pendant que des personnes détenues souffrent en prison.
« Nos époux sont en détention au camp 1 de la gendarmerie de Bamako, à Markala, Manantali et à Sélingué depuis 4 ans dans l’affaire de l’agression physique appelée maladroitement contre coup d’État du 30 avril 2012, agression perpétrée par le colonel Abidine GOUNDO et ses compagnons soutenus par certains hommes politiques », a-t-elle dit, avant de rappeler que le code de procédure pénale malien en la matière.
« Cette procédure stipule qu’en matière criminelle, le délai de détention provisoire ne peut excéder 3 ans. Alors nous réclamons, sans délai, le jugement de nos époux, à défaut leur mise en liberté provisoire du moment que les agresseurs ont bénéficié d’une liberté provisoire », a-t-elle rappelé.
Comme pour enfoncer le clou, Mme Fatoumata DAOU, la porte-parole du collectif a rappelé que le colonel GUINDO et ses compagnons ont tué 19 civils et militaires et ont fait 36 blessés. Selon elle, ceux-ci doivent aussi être dans les mailles de la justice.
« Nous sommes tous des Maliens et un Malien ne doit pas être au-dessus de la loi plus qu’un autre », avant d’appeler le président IBK de se saisir personnellement de ce dossier qui ne fait que trop durer.
« Nous sommes éprises de paix et de justice et restons légalistes. C’est pourquoi nous invitons les autorités précisément le président IBK, chef suprême de l’armée de la magistrature, à prendre l’affaire à bras le corps pour que les innocents soient disculpés et que les coupables soient punis », a-t-elle dit.
Une menace inconsistante
Dans son discours, la président du Collectif des épouses des militaires et paramilitaires poursuivis dans l’affaire des bérets rouges a affirmé que si le jugement de Amadou Haya SANOGO et compagnons se tenait que certains hommes politiques verront leur carrière disloquée. Selon elle, la plupart des hommes politiques courtisaient le général putschiste et ses compagnons avant leur arrestation.
« Nous avons des vidéos et des enregistrements phoniques de tous les hommes politiques qui montaient à Kati. Et vous serez surpris de découvrir le vrai visage de certains qui ont la haine contre nos maris aujourd’hui ; c’est pour toute cette raison que nous demandons la libération de nos maris, car le jugement ne leur serait pas facile. À la question des journalistes de dévoiler le nom de quelques hommes politiques qu’elles dénoncent, aucune d’entre elles n’a daigné citer un nom.
Selon les conférencières, ces derniers ‘’seront mal en point à l’issue d’un probable jugement de leurs époux’’.
« Pour le moment, nous ne voulons pas dévoiler les visages. Mais vous êtes tous invités au procès pour la découverte des révélations accablantes et le vrai visage de certains hommes politiques du Mali », a-t-elle martelé, avant d’accuser les chefs de l’État de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso d’avoir aidé ou incité les militaires bérets rouges à procéder au contre coup d’État contre leur mari.
« Nous avons toutes les preuves et indices qui prouvent que ces deux pays ont joué un rôle prépondérant dans ce coup d’État. Donc, ce jugement va mettre à nu certains hommes politiques au Mali et en Afrique », a-t-elle prédit.

Par CHRISTELLE KONE

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