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Tuerie du 3 janvier 2021 à Bounty : Oh ! La main ensanglantée de la France

Pendant que ders habitants du village de Bounty jubilaient sur un espace public à l’occasion de la célébration du mariage d’un des leurs, ils subissaient la foudre de la puissance de feu de Barkhane. Un hypothèse que la France avait toujours démenti arguant avoir frappé des éléments terroristes de la Katiba Serma. Malheureusement, elle vient d’être confondue par le rapport de mission d’une équipe des Nations Unies.

En effet, une équipe de la mission des Nations Unies, composée de 15 chargés des droits de l’homme, vient de produire un rapport combien embarrassante pour la France suite à la frappe opérée par Barkhane sur des civils à Bounty, dans le cercle de Douentza. Ce document vient étayer une situation déjà vivement dénoncée par des Maliens et les organisations de défense des droits de l’homme.

Sous le prétexte de la présence d’hommes armés, 5 au total, membres du groupe terroriste de la Katiba Serma, la force Barkhane avait opéré des frappes aériennes sur des participants à un mariage. Aujourd’hui, avec le rapport onusien, la force française se trouve dans une position peu confortable. On pourrait être tenté de dire que ce document est une prime au sentiment anti-français, largement propagé dans tout le Sahel. A l’évidence, de plus en plus, la force française est perçue d’un mauvais œil dans les pays. Car, malgré l’existence de cette force, les terroristes ont toujours le vent en poupe dans les zones d’intervention de la force Barkhane, notamment la zone des trois frontières entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Avec ce rapport qui montre la main de la France tâchée de sang, du sang des 19 civiles tués à Bounty, Paris se trouve dans une mauvaise posture : celle de discréditer le travail de l’ONU. En effet, depuis la survenue de cette frappe, la position de la France. Elle clame mordicus que ses frappes ont été faites sur des éléments terroristes appartenant à la Katiba Serma. Elle se trouve confondue par le travail des experts onusiens.

Dans ses conclusions, l’équipe de la mission soutient avoir organisé des entretiens présentiels individuels avec au moins 115 personnes et avec au moins 200 personnes lors des réunions groupées et réalisé plus d’une centaine d’entretiens téléphoniques. Elle dit également avoir analysé au moins 150 publications, notamment des communiqués et déclarations officiels, des articles de presse, des déclarations et positions d’autres acteurs et des sources ouvertes ainsi que des photographies et vidéos concernant la frappe de Bounty. Aussi, elle dit s’être rendue à Bounty le 25 janvier 2021, avec l’appui et la couverture aérienne de la force de la Minusma, et a visité le lieu de la frappe aérienne, l’endroit présumé d’enfouissement des dépouilles des personnes tuées par la frappe ainsi que le village.

Et le résultat est sans appel : « Au terme de l’enquête, la Minusma est en mesure de confirmer la tenue d’une célébration de mariage qui a rassemblé sur le lieu de la frappe une centaine de civils, parmi lesquels se trouvaient cinq personnes armées, membres présumés de la Katiba Serma. Au moins 22 personnes, dont trois des membres présumés de la Katiba Serma présents sur le lieu du rassemblement, ont été tuées par la frappe de la Force Barkhane survenue le 3 janvier 2021 à Bounty. Sur les 22 personnes tuées, 19 l’ont été directement par la frappe dont 16 civils tandis que les trois autres civils ont succombé des suites de leurs blessures au cours de leur transfèrement pour des soins d’urgence. Au moins huit autres civils ont été blessés lors de la frappe. Les victimes sont toutes des hommes âgés de 23 à 71 ans, dont la majorité habitait le village de Bounty ».

Youssouf Diallo

Source : La lettre du Peuple

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