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Spoliée de son patrimoine à Kalaban-Coura : Fatoumata Bah, une veuve de 3 enfants, attend justice de la part du tribunal de la commune V de Bamako

Dû à la gestion d’un patrimoine (maison), le différend opposant Fatoumata Bah, âgée d’une soixantaine d’années à Mahamadou Traoré dit vieux Rasta, son beau-fils, peine depuis 2015 à nos jours à se résoudre au tribunal de grande instance de la commune V du district de Bamako. Victime d’agression policière, des Gardes, et des propos menaçants, la veuve domiciliée à Kalaban-Coura a voulu, via un point de presse, se confier la semaine dernière à la presse.

« Mon mari s’appelait Hassana Traoré dit « H » et est décédé le 27 février 2014.Il a eu six enfants avant son décès, dont mes enfants sont deux filles et un garçon. Les trois fils restants, dont Mahamadou Traoré dit Vieux Rasta sont les enfants qu’il avait eus avec sa première femme. Les six enfants de mon mari ont été tous élevés par moi, parce que j’ai été mariée avec Hassana quand ses premiers enfants étaient tous petits », raconte la veuve. Juste quatre (4) mois après le décès de Hassana, « j’ai reçu un appel disant que notre fils Mahamadou Traoré dit vieux Rasta avait vendu notre maison à ses débiteurs. Des gens à qui il devait une somme d’argent », explique la vieille. C’est ainsi que, dit-elle, j’ai saisi le procureur général Téssougué qui, à l’époque, m’a aidé à avoir les documents sur la base desquels Vieux Rasta avait vendu notre maison. « Après vérification, on a découvert que lesdits documents étaient composés de faux permis d’occuper et une fausse donation. Pour me rassurer, je suis allée vérifier lesdits documents à la direction des Domaines et des archives ». Là-bas, explique-t-elle, on m’a assuré que depuis l’achat de la parcelle en 1977 avec le gouvernorat de Bamako à l’époque jusqu’en 2015, aucune donation n’avait été faite à quiconque par mon mari. D’après celle-ci, le document remis à la famille par le directeur des domaines et des archives atteste aussi que ceux de Vieux Rasta étaient faux. Craignant le débordement de l’affaire, la veuve dit avoir alors porté plainte contre son beau-fils au tribunal de la commune V, en 2015. Une plainte qui, selon elle, reste sans suite jusqu’à présent. Le pire, Mme Bah dit avoir été surprise d’apprendre en 2018 que la maison appartenant aux six enfants de son défunt mari ait été mise à la vente aux enchères.

La maison de la dame vendue cadeau par son beau-fils !

Alors qu’un simple terrain peut présentement dépasser 22 millions CFA à Kalaban-Coura, cette dame déclare avoir été étonnée de voir le bâtiment bâti et peint vendu à une somme minable. « C’est un certain Paul Sidibé, inspecteur de police à l’époque qui dit l’avoir acheté à 17 millions F CFA avec Vieux Rasta », confie la vieille. Le juge d’instruction qui gérait l’affaire avait, d’après elle, même saisi le commissaire-priseur pour dire que la maison ne peut pas être vendue. Assise dans son fauteuil, la dame confie avoir présenté ses documents « authentiques » à certaines personnalités. « J’ai saisi l’ex-ministre Malick Coulibaly avec tous les documents justifiant que la maison, notre patrimoine, est à nous tous, y compris Vieux Rasta lui-même. Malick m’a envoyé chez le procureur général Idrissa Arizo Maiga. Ce dernier a saisi le juge d’instruction du tribunal. Suite à cela, il a été clairement dit à nos avocats que la maison n’appartient pas à Vieux Rasta ».

Malgré tout, ils insistent, à ce tribunal, sur la vente de cette maison, dit la dame qui précise : « Entre-temps mon beau-fils et Paul Sidibé ont porté plainte contre moi en 2019 à la cour d’appel de Bamako qui, après étude du dossier, a dit le droit en rejetant cette plainte ». Dans un document qu’elle nous a présenté, on voit que la cour d’appel a rejeté la plainte de Vieux Rasta, en précisant que le beau-fils « détient un bien d’autrui ». Selon Fatoumata Bah, la cour d’appel a donc renvoyé l’affaire devant le tribunal de la commune V de Bamako. « La base de ce problème est Toumani Sangaré, ex-secrétaire général de l’ex-ministre Thierno H Diallo. Ce dernier est un magistrat qui soutient Paul Sidibé et Vieux Rasta. Quand j’ai été chez lui, Toumani m’a clairement dit qu’ils ne me laissent pas en paix, tant que je ne quitte pas cette maison », a-t-elle dit.

Elle dit être mise dehors de sa propre maison. Un pick-up rempli est venu ici. Outre cela, le 10 novembre 2020, les gardes sont venus endommager mes portes, mes lits, l’écran de deux télévisions, indique-t-elle. « J’ai fait deux jours hors de la maison avec les enfants. Mon beau-fils et ses soutiens disent que je vis en location dans cette maison après le décès de mon mari avec qui j’ai fait trente ans », souligne la dame. « Au-delà de Paul Sidibé, c’est le magistrat Toumani Sangaré qui souhaite avoir cette maison. Cela fait sept ans que l’affaire traine au tribunal, les dates d’audiences ont été toujours repoussées, nous n’avons aucun autre bien si ce n’est pas cette maison », tels restent ses mots. Ce jeudi 4 février, la dame est également appelée à comparaitre devant le tribunal.

Mamadou Diarra

Source: Journal le Pays- Mali

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