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République, démocratie et laïcité: chut ! le Mali s’islamise…

30 mars 2025. Tandis que 60 000 jeunes catholiques ivoiriens se rassemblent au stade Olympique Alassane Ouattara d’Ebimpé au nord d’Abidjan en vue de renforcer leur relation avec Dieu et approfondir leur foi au Christ, tout en priant pour la paix et le bon déroulement des élections à venir dans leur pays ; à Bamako, le Palais de la République, sis à Koulouba, ouvrait grandes ses portes pour accueillir les dignitaires de la transition qui y viennent, depuis 2021, pour la prière de l’Aïd El-Fitr et de l’Aïd el Kébir.

Avant de présenter ses vœux de l’Aid el fitr à la fin de la prière à tous les Maliens de l’intérieur et de la Diaspora, l’hôte des lieux, le président de la transition, a tenu, en bon musulman, à rendre grâce à Dieu et au vénérable Prophète Mohamed (PSL) pour lui avoir permis d’être du nombre de fidèles de ce jour.
Selon le président Assimi GOÏTA, au cours du mois de ramadan qui est un mois de dévotion, de compassion et de solidarité, le gouvernement de la République, et d’autres citoyens et organisations, ont pris des initiatives pour aider les populations à passer le cap de ce mois dans le contexte difficile que notre pays connait.

Solidarité circonstancielle
En effet, l’équipe du Général Abdoulaye Maïga, dans toutes ses composantes, et les gouvernorats de régions, étaient à pied d’œuvre pour distribuer des kits alimentaires dans le cadre de Sounkalo Solidarité.
A cette grande opération humanitaire, s’ajoute, les 250.000 kits alimentaires généreusement distribués par le Mouvement An Bi ko de Mme Batouly Niane, les 1500 km de pérégrinations politiques à travers l’ensemble du pays de Moussa MARA qui, de concert avec l’IMMA et le HCIM, n’a pas voulu laisser ce juteux filon électoral au seul gouvernement. Aussi, par endroit, comme à Ménaka, c’était un marquage à la culote entre le plus islamiste des politiciens et les autorités de la transition qui, à travers ministères, services publics, gouvernorat, même des préfectures, ont tenu aussi à organiser durant tout le mois de mars les Iftar, pardon des cérémonies républicaines de rupture de jeûne en marge de Sounkalo solidarité.
Cette année 2025, musulmans et chrétiens sont entrés presque ensemble dans ce mois sacré de Ramadan pour les musulmans, et Carême pour les chrétiens. Mais, à part les traditionnels messages de courtoisie pour accueillir le carême chrétiens, à notre connaissance, il n’y eu aucune action de générosité envers les chrétiens qui ne sont pourtant pas des citoyens de seconde zone, mais des Maliens à part entière.
L’article 1e de la Constitution du 22 juillet 2023 ne proclame-t-il pas que «tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs. Toute discrimination fondée sur l’origine sociale, la région, la couleur, la langue, la race, l’ethnie, le sexe, la religion ou l’opinion politique est prohibée» ?

Laïcité à géométrie variable
A travers son implacable logique, jugée provocatrice par certains, le Bulontigi, face au syncrétisme républicain, avec la transformation, ce samedi 30 mars 2025, du Palais de la République laïque en Mosquée à l’occasion de la fête musulmane, a tenu à rappeler aux plus hautes autorités que, eux, aussi tiennent sincèrement à la laïcité telle que proclamée et surtout à la proclamation de cette année 2025, année de la culture, tout en espérant «qu’il s’agisse de la Culture de chez nous-mêmes». Kôrêdjo-Missa Doumbia n’a pas raté l’occasion pour inviter les «3 Présidents de l’AES et des membres de leurs gouvernements respectifs dans nos Sanctuaires Animistes, le 1er juin prochain, pour célébrer ensemble les rituels du DJIBON international».
A défaut « une simple noix de Cola n’est pas peu et 7 taureaux ne sont pas trop pour invoquer nos Ancêtres afin d’obtenir la paix, la prospérité et la bonne pluviométrie dans notre espace Sahelien fondé par nos Ancêtres Animistes !»
A l’opposé du Bulontigui, El Hadj Moussa Mara, surnommé désormais Imam Balla, pense que nous devrions continuer à faire de bonnes actions en faveur de nos prochains pour bénéficier de la mansuétude d’Allah.
En attendant, le verdict d’Allah, on ne peut ne pas retenir la dangereuse glissade de la République en faveur de la Mosquée au détriment des autres cultes.
En effet, si Pâques est bien une fête légale en République du Mali, il ne pourrait pas être du commun entendement encore que le DJIBON du culte des ancêtres soit célébré comme une journée nationale sur l’ensemble du territoire nationale. Que deviendrait la religiosité, l’islamité et la chrétienté de notre pays qui révendique plus de 1000 de fois en un Dieu unique ?
Pour autant, pour autant. Le Peuple du Mali consulté, a toujours réaffirmé son attachement à la forme républicaine et à la laïcité. Cette laïcité presque confessionnelle «ne s’oppose pas à la religion et aux croyances. Elle a pour objectif de promouvoir et de conforter le vivre-ensemble fondé sur la tolérance, le dialogue et la compréhension mutuelle». Le même article 32 de la Constitution du 22 juillet 2023 fait garantir par l’Etat «le respect de toutes les religions, des croyances, la liberté de conscience et le libre exercice des cultes dans le respect de la loi».
N’étant pas un vocable issu de nos langues nationales, que devrions-nous entendre par laïcité contre laquelle les musulmans du Mali étaient vent-débout ?

Laïcité républicaine
La laïcité est un des principes constitutionnels définissant notre 4e République qui est « indépendante,souveraine, unitaire, indivisible, démocratique, laïque et sociale « (article 30 de la Constitution du 22 juillet 2023).
Constitutionnelle, la laïcité figure parmi les droits et libertés fondamentaux garantis au même titre que l’égalité ou la liberté.
Selon la littérature constitutionnelle, résultent du principe de laïcité : le respect de toutes les croyances et l’égalité de tous les citoyens devant la loi sans distinction de religion ; la garantie du libre exercice des cultes ; la neutralité de l’État ; l’absence de culte officiel et de salariat du clergé.
S’il serait compréhensible et sans grand scandale, qu’on ne puisse permettre au Bulontigui de faire son Djibon à Tombouctou, Djené ou Nioro du Sahel (pour d’évidentes raisons que chacun devine aisément), on peut tout de même accepter le reproche aux autorités de la République, singulièrement à celles de la Transition, d’instaurer une partialité publique là où la Constitution édicte clairement la neutralité de l’État entre les religions. Depuis 5 ans les Maliens, non sans indulgence généreuse, constatent le hiatus pour ne pas parler de syncrétisme républicain au sommet de l’Etat, notamment à l’occasion des fêtes musulmanes où la salle des banquets du Palais de la République devient carrément une mosquée.
Si ses prédécesseurs ont pris l’habitude de rendre honneur à la grande mosquée de Bamako en ces occasions, le Général de Assimi GOÏTA a rompu cette tradition depuis le 20 juillet 2021, jour de l’Aïd El fitr, où il a échappé à une tentative d’assassinat.
Une raison plus que suffisante ? On se souviendra que pour des impératifs de sécurité sanitaire liés au Covid 19, le président IBK avait été contraint lui aussi (lui le premier) à transformer la salle des banquets en Mosquée. Aussi, on trouverait moins de poux sur la tête du Général Assimi pour des raisons de sécurité physique que de faire du Palais de Koulouba une mosquée retranchée pour lui et les membres du gouvernement et des institutions. Mais la question est : ces raisons de sécurité sont-elles suffisantes et décisives pour mettre la République laïque au service d’un culte, d’une religion ?

Partialité républicaine
La laïcité implique la neutralité de l’Etat et impose l’égalité de tous devant la loi sans distinction de religion ou conviction.
La laïcité garantit aux croyants et aux non-croyants le même droit à la liberté d’expression de leurs croyances ou convictions. Elle assure aussi bien le droit d’avoir ou de ne pas avoir de religion, d’en changer ou de ne plus en avoir. Elle garantit le libre exercice des cultes et la liberté de religion, mais aussi la liberté vis-à-vis de la religion : personne ne peut être contraint au respect de dogmes ou prescriptions religieuses.
La laïcité implique la séparation de l’Etat et des organisations religieuses. L’ordre politique est fondé sur la seule souveraineté du peuple des citoyens, et l’Etat —qui ne reconnaît et ne salarie aucun culte— ne régit pas le fonctionnement interne des organisations religieuses. De cette séparation se déduit la neutralité de l’Etat, des collectivités territoriales et des services publics, non de ses usagers.
La coexistence entre pluralisme religieux et neutralité de l’État ne va pas de soi. La neutralité désigne ici l’attitude de l’État qui s’abstient de prendre position dans les domaines de la religion.
Cette non-immixtion dans les affaires religieuses peut être vue sous trois angles : institutionnel (État et religions sont organiquement distincts) ; législatif et réglementaire (l’État n’impose, ne privilégie et n’interdit aucune religion) et financier (les pouvoirs publics ne subventionnent directement aucun culte.
Or dans notre pays, les soutiens et les appuis à l’occasion des évènements religieux sont une tradition. Atteinte à la laïcité ? Que nenni. La République laïque autorise les aides indirectes telles que les avantages patrimoniaux et fiscaux consentis aux religions et aux associations cultuelles, ou les baux emphytéotiques pour la construction d’un édifice cultuel. Là trouve sa justification un ministère des affaires religieuses et du culte.
Mais dans tous les cas, le principe de neutralité devrait se traduire par celle du service public, qui implique que : les usagers du service public soient traités sans discrimination ; les agents ne disposent pas, «dans le cadre du service public, du droit de manifester leurs croyances religieuses» (Conseil d’État français, 3 mai 2000, Mlle Marteaux).Or, les chef d’Etat, de Moussa Traoré à Assimi GOÏTA, en affichant ostentatoirement leurs convictions religieuses et en mettant la République laïque au service de celles-ci, torpillent la Constitution.

Laïcité, une affaire d’hypocrisie
La neutralité républicaine implique-t-elle que l’État se doit de repousser toutes les religions ou arbitrer entre elles ?
Entre l’État qui relègue les religions dans la sphère privée et celui qui apporte son soutien à toutes les religions, sans discrimination, le choix est vite fait dans un contexte mondial où la religion musulmane s’impose désormais comme la première et la plus dominante.
De quelque façons qu’on la conçoive, la neutralité laïque n’est pas une politique publique fondée sur une vérité universelle, mais un choix politique fondé sur l’idée selon laquelle le respect de la pluralité des idées et des croyances est préférable à l’imposition d’une vérité unique. Cette neutralité n’implique pas l’inaction.
L’État laïque n’est ni indifférent ni passif. En effet, il peut intervenir pour faire respecter les libertés religieuses (protection des minorités) et même pour les rendre effectives (via des financements par exemple) ; à l’inverse, il agit pour protéger l’ordre public et les libertés fondamentales des comportements religieux lorsque ceux-ci les menacent.
In fine, comme on le voit, la neutralité ne saurait être absolue. La simple idée que la religion est une affaire privée constitue un postulat, un acte de foi en la raison qui a dû être imposé historiquement aux religions et que l’école reproduit quotidiennement en formant l’esprit critique.
En français malien, la laïcité née de la révolution française est une grosse hypocrisie. Sinon le président Sarkory n’aurait pas dit devant la Pape que «Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes… (Aussi) la laïcité ne saurait être la négation du passé.
La laïcité n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n’aurait pas dû. Comme Benoît XVI, je considère qu’une nation qui ignore l’héritage éthique, spirituel, religieux de son histoire commet un crime contre sa culture, contre ce mélange d’histoire, de patrimoine, d’art et de traditions populaires, qui imprègne si profondément notre manière de vivre et de penser.
Arracher la racine, c’est perdre la signification, c’est affaiblir le ciment de l’identité nationale, c’est dessécher davantage encore les rapports sociaux qui ont tant besoin de symboles de mémoire.
C’est pourquoi nous devons tenir ensemble les deux bouts de la chaîne : assumer les racines chrétiennes de la France, et même les valoriser, tout en défendant la laïcité, enfin parvenue à maturité».

Mali, Terre d’Islam
Selon nos tarikhs et plusieurs historiens reconnus, l’Islam est apparu dans les cours des empereurs du Wagadu l’an 730 (un siècle après la mort du prophète), ainsi que dans celles des empereurs du Manding au XVème siècle, du Songhay au XIème siècle et des royaumes d’El Hadj Omar Tall (vers 1854 – 1893) et de Samory Touré (vers 1878 – 1898).
Nul besoin de rappeler le célèbre sultan Kankou Moussa, qui régna entre 1307 et 1332, et qui a effectué un pèlerinage symbolique à la Mecque en 1324 ; le règne d’Askia Mohamed Touré à la tête de l’empire Songhay en 1493, l’édification de l’Etat théocratique de la « Diina » du Macina, par Cheickou Amadou puis celle de l’empire théocratique toucouleur d’El Hadj Oumar, au XIXème siècle…
Que l’Islam domine la vie sociale et institutionnelle n’est donc pas étonnant ni surprenant. Que les Chef d’Etat soit des musulmans et s’affichent comme tel y compris dans le Palais de la République n’est donc que racines maliennes qui ne s’aurait être antinomiques avec la laïcité.
Le Mali et ses souverains sont musulmans depuis au moins 1200 ans. L’Islam est ancré dans nos mœurs déjà, ici au Mali, ailleurs dans le Sahel et beaucoup en Afrique.

Par La Rédaction

Source : Info Matin
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